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<!--Generated by Squarespace V5 Site Server v5.13.166 (http://www.squarespace.com) on Thu, 20 Jun 2013 07:15:47 GMT--><rss xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" version="2.0"><channel><title>Kreyòl-Français</title><link>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/</link><description></description><lastBuildDate>Tue, 18 Jun 2013 15:30:53 +0000</lastBuildDate><copyright></copyright><language>en-US</language><generator>Squarespace V5 Site Server v5.13.166 (http://www.squarespace.com)</generator><item><title>L’immense bidonville de la reconstruction coûtera « des centaines de millions »</title><dc:creator>Haiti Grassroots Watch - Ayiti Kale Je</dc:creator><pubDate>Mon, 17 Jun 2013 12:46:31 +0000</pubDate><link>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2013/6/17/limmense-bidonville-de-la-reconstruction-coutera-des-centain.html</link><guid isPermaLink="false">684286:8086091:33913044</guid><description><![CDATA[<p><strong>Port-au-Prince, Ha&iuml;ti, 17 juin 2013 </strong>&ndash; Trois ans apr&egrave;s son lancement <a href="http://www.flickr.com/photos/britishredcross/4606815754/" target="_blank">en grande pompe par le pr&eacute;sident Ren&eacute; Pr&eacute;val, accompagn&eacute; de l&rsquo;acteur Sean Penn</a> et d&rsquo;autres dignitaires ha&iuml;tiens et &eacute;trangers, <a href="http://www.cleveland.com/world/index.ssf/2010/04/haitians_begin_relocation_from.html" target="_blank">le campement &laquo;&nbsp;mod&egrave;le&nbsp;&raquo;, &eacute;rig&eacute; pour les victimes du s&eacute;isme ha&iuml;tien de 2010</a>, a concouru &agrave; donner naissance &agrave; ce qui pourrait devenir le bidonville le plus vaste et le plus cher du pays.</p>
<p>Les autorit&eacute;s affirment &agrave; Ayiti Kale Je (AKJ) que le nouveau bidonville, aussi appel&eacute; &laquo;&nbsp;Canaan&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;J&eacute;rusalem&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;ONA-Ville&nbsp;&raquo; et qui s&rsquo;&eacute;tend sur 11&nbsp;kilom&egrave;tres carr&eacute;s (2718&nbsp;acres), reste et demeure. Les contribuables et les donateurs &eacute;trangers d&eacute;penseront probablement &laquo;&nbsp;plusieurs centaines de millions&nbsp;&raquo; pour urbaniser la r&eacute;gion, et jusqu&rsquo;&agrave; 64&nbsp;millions $US de plus pour d&eacute;dommager les propri&eacute;taires qui menacent de poursuivre le gouvernement et les agences humanitaires.</p>
<p>Trois ans apr&egrave;s le lancement de ce campement, appel&eacute; Corail-Cesselesse, en souvenir des plantations de canne et de sisal qu&rsquo;il abritait autrefois, &agrave; environ 18&nbsp;km au nord-est de la capitale, le paysage contraste fortement avec le camp bien ordonn&eacute; qui a &eacute;t&eacute; visit&eacute; par les dignitaires. Entour&eacute; des dizaines de milliers de masures et de nouvelles maisons des &laquo;&nbsp;squatters&nbsp;&raquo;, il fait honte des intervenants locaux et &eacute;trangers.</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D31_CarteURD.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1371474702523" alt="" width="556" height="379" /></span></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Une carte tir&eacute;e d&rsquo;un r&eacute;cent rapport d'URD :</strong> &laquo; <strong><a href="http://www.urd.org/Reconstruction-et-Environnement" target="_blank">Reconstruction et environnement dans la r&eacute;gion m&eacute;tropolitaine de Port-au-Prince : Cas de Canaan ou la naissance d&rsquo;un quartier ex-nihilo</a>.</strong> &raquo;</p>
<p>Avant le s&eacute;isme, cette terre aride et rocailleuse, qui s&rsquo;&eacute;tend des abords de Port-au-Prince jusqu&rsquo;&agrave; Cabaret, &eacute;tait en grande partie d&eacute;serte. La plus grande part appartient &agrave; la firme ha&iuml;tienne NABATEC S.A. qui, depuis 1999, y d&eacute;veloppait une zone &eacute;conomique int&eacute;gr&eacute;e (ZEI) appel&eacute;e &laquo;&nbsp;Habitat Ha&iuml;ti 2020&nbsp;&raquo;. Elle allait abriter des parcs industriels, des maisons unifamiliales et &agrave; logements multiples pour divers budgets, des &eacute;coles, des espaces verts et un centre commercial. Une compagnie cor&eacute;enne et un organisme humanitaire am&eacute;ricain y avaient d&eacute;j&agrave; achet&eacute; des lots, et NABATEC &eacute;tait en discussion avec plusieurs firmes &eacute;trang&egrave;res.</p>
<p><a href="https://www.wbginvestmentclimate.org/advisory-services/investment-generation/special-economic-zones/integrated-economic-zones-in-haiti.cfm" target="_blank"><span class="full-image-float-left ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D31_Nabatec.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1371474907820" alt="" width="308" height="360" /></span></a></p>
<p>Selon <span style="color: black;">G&eacute;rald &Eacute;mile &laquo;&nbsp;Aby&nbsp;&raquo; Brun, architecte, pr&eacute;sident de NABATEC et vice-pr&eacute;sident du concepteur et constructeur TECINA S.A., </span>&laquo;&nbsp;C&rsquo;&eacute;tait un projet de 2&nbsp;milliards $US r&eacute;parti sur 15&nbsp;ans, que tous avaient d&eacute;j&agrave; approuv&eacute;, notamment le gouvernement ha&iuml;tien et la Banque Mondiale&nbsp;&raquo;. &nbsp;<a href="https://www.wbginvestmentclimate.org/advisory-services/investment-generation/special-economic-zones/integrated-economic-zones-in-haiti.cfm" target="_blank">Une &eacute;tude de la Banque Mondiale men&eacute;e en 2011</a> sur les sites potentiels de ZEI, le classait au premier rang des 21 sites &eacute;valu&eacute;s au pays&nbsp;: un site potentiel &agrave; &laquo;&nbsp;haute performance&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;la meilleure application du concept ZEI parmi tous les projets propos&eacute;s en Ha&iuml;ti&nbsp;&raquo;.[Voir le plan &agrave; gauche.]</p>
<p>Or, aujourd&rsquo;hui ce terrain trois fois grand comme le Central Park abrite entre 65&nbsp;000 et 100&nbsp;000&nbsp;habitants, soit 10&nbsp;000&nbsp;dans les camps planifi&eacute;s et les autres dans des baraques. Et ils ne s&rsquo;en vont nulle part.</p>
<p>&laquo;&nbsp;On ne peut pas les d&eacute;loger&nbsp;&raquo;, explique Odnell David, un fonctionnaire ha&iuml;tien, dans une entrevue exclusive avec AKJ. &laquo;&nbsp;L&rsquo;id&eacute;e est de r&eacute;organiser l&rsquo;espace pour permettre aux gens d&rsquo;y vivre.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;L&rsquo;urbanisation d&rsquo;environ la moiti&eacute; des terres en friche co&ucirc;tera aux contribuables ha&iuml;tiens et &eacute;trangers &laquo;&nbsp;plusieurs centaines de millions de dollars, affirme M.&nbsp;David, un architecte &agrave; la t&ecirc;te de la section Logements de l&rsquo;Unit&eacute; de Construction de Logements et de B&acirc;timents Publics (UCLBP).</p>
<p><span class="tw4winMark">&nbsp;</span>Le cout de l&rsquo;infrastructure initiale s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve d&eacute;j&agrave; &agrave; 50&nbsp;millions&nbsp;$US.</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">Le camp mod&egrave;le, un d&eacute;sastre n&eacute; du d&eacute;sastre</strong></p>
<p>Ouverts en avril 2010, les camps des secteurs 3 et 4 de Corail constituaient le mod&egrave;le pour relocaliser les d&eacute;plac&eacute;s. Ils s&rsquo;&eacute;tendent sur deux lots d&eacute;nivel&eacute;s des 5000&nbsp;hectares de propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e d&eacute;clar&eacute;s &laquo;&nbsp;d&rsquo;utilit&eacute; publique&nbsp;&raquo; par le gouvernement central en mars 2010. D&egrave;s le d&eacute;part, le choix d&rsquo;installer les gens dans ces plaines d&eacute;sertiques a sem&eacute; la controverse, pour deux raisons. Premi&egrave;rement, certains critiques ont accus&eacute; M.&nbsp;Brun et NABATEC de chercher &agrave; tirer profit de la catastrophe. De plus, plusieurs sont d&rsquo;avis que cet espace, comme la plupart de la r&eacute;gion, n&rsquo;est pas propice &agrave; l'habitation, temporaire ou permanente, pour des raisons environnementales et &eacute;conomiques. [Voir <strong><a href="http://www.ayitikaleje.org/31disasterfr" target="_blank">Tirer profit de la catastrophe?</a> </strong>et<strong> <a href="http://www.ayitikaleje.org/31controversefr">Controverse autour du camp Corail</a></strong>]</p>
<p>Malgr&eacute; ces controverses, des agences humanitaires, comme l&rsquo;Organisation Internationale pour les migrations (OIM), World Vision et l&rsquo;American Refugee Committee (ARC), ont d&eacute;pens&eacute; plus de 10&nbsp;millions&nbsp;$US pour construire les deux &laquo;&nbsp;secteurs&nbsp;&raquo;, pourvus d&rsquo;&eacute;coles, de terrains de jeux, de latrines et d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, mais qui manquent toujours d&rsquo;eau. Ils ont planifi&eacute; de construire plusieurs autres camps, notamment les secteurs 1 et 2, &agrave; proximit&eacute;. Or, d&egrave;s que les premiers bulldozeurs de l&rsquo;arm&eacute;e am&eacute;ricaine se sont mis &agrave; niveler le terrain, les gens, qui n&rsquo;&eacute;taient pas tous victimes du s&eacute;isme, se sont mis &agrave; affluer par dizaines de milliers, envahissant la r&eacute;gion et les terres avoisinantes pour &laquo;&nbsp;acheter&nbsp;&raquo; de divers escrocs des parcelles qu&rsquo;ils marquaient avant d&rsquo;y monter leurs tentes improvis&eacute;es.</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D31_Jan12_2010.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1371475099757" alt="" width="529" height="397" /></span></p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D31_Oct30_2010.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1371475131223" alt="" width="529" height="397" /></span></p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D31_Dec12_2012.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1371475171110" alt="" width="530" height="328" /></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Ces trois photos &ndash; du 12 janvier 2010, 30 octobre 2010 et le 12 d&eacute;cembre 2012 &ndash; montrent comment les squatters ont rempli le territoire autour des campements de secteur 3 et 4, indiqu&eacute;s par les fl&egrave;ches dans la photo de 30 octobre 2010.</strong> Source: Google Earth</p>
<p>Au gouvernement central, personne n&rsquo;a r&eacute;agi pour pr&eacute;venir l&rsquo;invasion, qui se poursuit toujours aujourd&rsquo;hui. Selon plusieurs, la terre a &eacute;t&eacute; offerte aux partisans du parti politique &laquo;&nbsp;INITE&nbsp;&raquo;, de M.&nbsp;Pr&eacute;val, &agrave; raison de 10&nbsp;$US le m&egrave;tre carr&eacute;. Selon M.&nbsp;Brun et d&rsquo;autres sources qui demandent &agrave; garder l&rsquo;anonymat, les nouveaux &laquo;&nbsp;propri&eacute;taires&nbsp;&raquo; ont obtenu de faux &laquo;&nbsp;titres&nbsp;&raquo; contre de l&rsquo;argent et des votes aux pr&eacute;sidentielles suivantes.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&rsquo;&eacute;tait une affaire d&rsquo;&eacute;lections&nbsp;&raquo; affirme M.&nbsp;Brun.</p>
<p>Planifi&eacute;es ou non, stratag&egrave;me politique ou non, ces tentes sont aujourd&rsquo;hui des maisons et maisonettes en b&eacute;ton, construites n&rsquo;importe comment, selon ce que M.&nbsp;David qualifie d&rsquo;&laquo;&nbsp;urbanisation sauvage&hellip; sans infrastructures ni eau ni &eacute;lectricit&eacute; ni installations sanitaires&nbsp;: les gens se sont simplement appropri&eacute; la terre et tentent de r&eacute;aliser leur r&ecirc;ve en devenant propri&eacute;taires.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;L&rsquo;&Eacute;tat a l&rsquo;obligation morale d&rsquo;intervenir&nbsp;&raquo;, poursuit-il. &laquo;&nbsp;On ne peut les laisser ainsi&hellip; ces gens vivent dans des conditions difficiles.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La police et les autorit&eacute;s locales ont d&eacute;j&agrave; install&eacute; leurs bureaux dans des conteneurs.</p>
<p><span style="font-size: 110%;"><strong>La vie dans les camps</strong><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p>Malgr&eacute; le soleil accablant et la chaleur suffocante, Joel Monfiston travaille. Il cloue un morceau de contreplaqu&eacute; us&eacute; &agrave; un vieux deux-par-quatre, arrose les fleurs et arrache les mauvaises herbes parmi les cailloux et les galets.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D31_Joelcombo.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1371475616334" alt="" /></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>Joel Monfiston arrose les fleurs plac&eacute;es devant la maison abritant sa famille (&agrave; gauche) <br />et se dresse sur son porche, &agrave; cot&eacute; d&rsquo;un hangar lequel se transformera, &agrave; l&rsquo;avenir, <br />en un magasin (&agrave; droite). </strong>Photo&nbsp;: AKJ/Milo Milfort</p>
<p>P&egrave;re d'un enfant, M.&nbsp;Monfiston s&rsquo;accroupit devant sa maison d&rsquo;une unique pi&egrave;ce dans le Secteur 3. Au d&eacute;but, il vivait avec sa famille dans une tente. Ils ont maintenant un &laquo;&nbsp;abri provisoire&nbsp;&raquo; de 24 m&egrave;tres carr&eacute;s, construit principalement de contreplaqu&eacute; et de t&ocirc;le, par World Vision pour 4500&nbsp;$US, selon l&rsquo;agence. Comme la plupart des Ha&iuml;tiens, il survit comme journalier et avec l&rsquo;aide de ses proches. Et il s&rsquo;aventure dans le commerce.</p>
<p>&laquo;&nbsp;&Ccedil;a n&rsquo;est pas facile. Imaginez, on vous installe ici mais il n&rsquo;y a pas de travail&nbsp;&raquo;, d&eacute;plore-t-il.</p>
<p>M.&nbsp;Monfiston caresse quelques r&ecirc;ves. Il esp&egrave;re ouvrir une boutique dans la petite remise qu&rsquo;il construit. Il voudrait produire davantage dans son jardin. Mais ce ne sont que des r&ecirc;ves. Pour l&rsquo;instant, tout ce qu&rsquo;il poss&egrave;de c&rsquo;est quelques fleurs et quelques murs pour sa &laquo;&nbsp;boutique&nbsp;&raquo;... pas de tablette, pas de porte, pas de r&eacute;frig&eacute;rateur, pas de produits.</p>
<p>Et, &agrave; l&rsquo;instar des autres r&eacute;sidants de Corail, il a acc&egrave;s &agrave; des latrines, &agrave; l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; (lampadaires &agrave; l&rsquo;&eacute;nergie solaire), &agrave; des terrains de jeux, &agrave; une clinique et &agrave; des &eacute;coles, mais l&rsquo;eau est difficile &agrave; trouver.</p>
<p>En 2011, l&rsquo;ONU et Oxfam avaient promis que, gr&acirc;ce &agrave; un nouveau syst&egrave;me de citernes et de distribution, les r&eacute;sidants allaient bient&ocirc;t avoir acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;eau. Deux ans plus tard, les robinets sont toujours &agrave; sec. Les r&eacute;sidants ach&egrave;tent l&rsquo;eau &agrave; 5&nbsp;gourdes (environ 12 cents US) le seau, des vendeurs priv&eacute;s ou des comit&eacute;s qui g&egrave;rent les quelques vannes d&rsquo;eau fonctionnant encore depuis les d&eacute;buts du camp, &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; l&rsquo;eau et la nourriture &eacute;taient gratuites et o&ugrave; les agences leur fournissaient &laquo;&nbsp;travail contre nourriture&nbsp;&raquo; et des fonds de d&eacute;marrage d&rsquo;entreprise.</p>
<p><span class="full-image-float-left ssNonEditable"><span><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D31_KioskMM.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1371489646171" alt="" width="237" height="305" /></span></span></p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, toutes les grandes agences ont abandonn&eacute; le camp Corail et ses 10&nbsp;000&nbsp;r&eacute;sidants. L&rsquo;OIM, l&rsquo;ARC et World Vision (qui soutient toujours l&rsquo;&eacute;cole de Corail) sont toutes parties en clamant leur succ&egrave;s haut et fort et en pr&eacute;tendant avoir assur&eacute; le &laquo;&nbsp;transfert&nbsp;&raquo; aux autorit&eacute;s locales.</p>
<p><a href="http://minustah.org/?p=30422" target="_blank">Un article optimiste, publi&eacute; le 27&nbsp;mai 2011 </a>dans le bulletin de la mission de l&rsquo;ONU, annon&ccedil;ait que le Maire de Croix-des-Bouquets &eacute;tait le nouvel administrateur du camp. Or, dans deux visites distinctes, AKJ n&rsquo;a pas trouv&eacute; la moindre trace d&rsquo;autorit&eacute; ou d&rsquo;assistance locales. L&rsquo;&laquo;&nbsp;Annexe de l&rsquo;h&ocirc;tel de ville&nbsp;&raquo; du camp Corail a &eacute;t&eacute; ferm&eacute;e. Les r&eacute;sidants ont dit aux journalistes ne pas se souvenir de la derni&egrave;re fois qu&rsquo;ils ont vu un fonctionnaire. [Voir <strong> <a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/31controversefr">Controverse autour du camp Corail</a></strong> pour la photo]</p>
<p>&laquo;&nbsp;Personne du bureau du maire n&rsquo;a mis les pieds ici depuis plusieurs mois&nbsp;&raquo;, ajoute Racide d&rsquo;Or, membre du comit&eacute; des r&eacute;sidants de Corail.</p>
<p>&laquo;&nbsp;On les voyait par ici seulement quand ils savaient qu&rsquo;ils pouvaient &lsquo;vendre&rsquo; des lots, poursuit cette m&egrave;re de deux enfants qui a perdu sa maison de Delmas lors du s&eacute;isme. Pour nous qui vivons ici, il n&rsquo;y a ni &lsquo;gouvernement&rsquo; ni &lsquo;&Eacute;tat&rsquo;. Il faut tout faire soi-m&ecirc;me.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&Agrave; une autre annexe de l&rsquo;h&ocirc;tel de ville de Croix-des-Bouquets, dans un des quartiers de Canaan, deux hommes sont dans un bureau suffocant, constitu&eacute; d&rsquo;un conteneur vide annex&eacute; &agrave; une &laquo;&nbsp;salle de conf&eacute;rence&nbsp;&raquo;&nbsp;: en contreplaqu&eacute; coiff&eacute;e d&rsquo;une b&acirc;che de plastique bleu. C&rsquo;est midi. Les hommes affirment travailler pour l&rsquo;h&ocirc;tel de ville mais refusent de donner leur nom ou de se faire enregistrer.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D31_MeriCanaanMM.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1371489880102" alt="" width="502" height="320" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>L&rsquo;annexe de la marie de Croix-des-Bouquets &agrave; Canaan.</strong> Photo: AKJ/Milo Milfort</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ils nous ont simplement laiss&eacute;s ici, confie celui de 30&nbsp;ans. On n&rsquo;a aucun moyen de travailler. Notre superviseur ne vient jamais voir comment &ccedil;a va,&nbsp;&raquo; dit l&rsquo;un d&rsquo;entre eux.</p>
<p>&laquo;&nbsp;J&rsquo;aimerais bien savoir ce qu&rsquo;ils pensaient en installant ce bureau ici&nbsp;&raquo;, ajoute l&rsquo;autre, plus &acirc;g&eacute; et affal&eacute; dans une chaise de plastique. &laquo;&nbsp;On ne fait rien.&nbsp;&raquo;</p>
<p>L&rsquo;absence d&rsquo;agences humanitaires pr&eacute;sente un avantage. Quand les agences donnaient de la nourriture, des emplois et de l&rsquo;argent, les gangs et les &laquo;&nbsp;mafias&nbsp;&raquo; contr&ocirc;laient diverses parties des camps. Un programme d&rsquo;Oxfam qui offrait jusqu&rsquo;&agrave; 1000&nbsp;$US, &agrave; certains petits entrepreneurs seulement, a suscit&eacute; des querelles, des rumeurs, puis des arrestations.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Les ONG nous ont divis&eacute;s. Les gens se querellaient entre eux&nbsp;&raquo;, affirme Auguste Gregory &agrave; AKJ, assis avec ses amis devant son commerce de recharge de t&eacute;l&eacute;phones&nbsp;: une table couverte de prises &eacute;lectriques et de chargeurs.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Certains sont all&eacute;s en prison. D&rsquo;autres se sont cach&eacute;s. On &eacute;tait tous ici pour la m&ecirc;me raison, mais ils nous ont divis&eacute;s&nbsp;&raquo;, se souvient-il.</p>
<p>Pendant presque toute l&rsquo;ann&eacute;e 2010, un gang qui s&rsquo;appelait &laquo;&nbsp;Le Comit&eacute; des Neuf&nbsp;&raquo; mena&ccedil;ait les r&eacute;sidants comme les agences d&rsquo;aide, &agrave; tel point que Richard Poole, l'administrateur du camp de l&rsquo;ARC, a d&eacute;missionn&eacute; et quitt&eacute; le pays.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Mes trois mois &agrave; Corail furent parmi les plus difficiles en 30&nbsp;ann&eacute;es de carri&egrave;re humanitaire&nbsp;&raquo;, reconnaitra plus tard M.&nbsp;Poole dans une entrevue accord&eacute;e par courriel &agrave; AKJ. L&rsquo;ARC a re&ccedil;u environ 400&nbsp;000&nbsp;$US pour administrer le camp pendant huit mois en 2010.</p>
<p>Or, selon certaines instances humanitaires, le camp de Corail n&rsquo;est pas un &eacute;chec total.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il est important de comparer o&ugrave; les familles en &eacute;taient au d&eacute;but du s&eacute;isme et o&ugrave; elles en sont aujourd&rsquo;hui&nbsp;&raquo;, &eacute;crivait World Vision dans un courriel &agrave; AKJ. L&rsquo;agence affirme avoir d&eacute;pens&eacute; environ 7&nbsp;millions&nbsp;$US en abris, en &eacute;cole, en terrains de jeux et en divers programmes.&nbsp;</p>
<p>Les gens &laquo;&nbsp;venaient de r&eacute;gions sujettes aux crues soudaines, aux glissements de terrain et &agrave; l&rsquo;&eacute;closion de maladies, mais aujourd&rsquo;hui ils vivent dans une communaut&eacute; plus saine et s&eacute;curitaire&nbsp;&raquo;, fait-elle remarquer. &laquo;&nbsp;Les familles ont un toit et sont prot&eacute;g&eacute;es&hellip; Nous sommes satisfaits de ce r&eacute;sultat.&nbsp;&raquo; [Voir <strong> <a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/31controversefr">Controverse autour du camp Corail</a> </strong>aussi]<strong><br /></strong></p>
<p><strong style="font-size: 110%;">Tous ne sont pas satisfaits</strong><strong>&nbsp;</strong></p>
<p>&laquo;&nbsp;Aby&nbsp;&raquo; Brun, le pr&eacute;sident de NABATEC, n&rsquo;est pas satisfait.</p>
<p>Au d&eacute;but, M.&nbsp;Brun a affirm&eacute; que lui et NABATEC esp&eacute;rait que le gouvernement et les principales instances de reconstruction interviennent pour &eacute;vincer les squatters et les r&eacute;sidants du camp, ou au moins qu&rsquo;ils rendent permanents les abris temporaires afin qu&rsquo;Habitat Ha&iuml;ti 2020 puisse voir le jour [voir <a href="http://www.ayitikaleje.org/31disasterfr" target="_blank"><strong>Tirer profit de la catastrophe?</strong></a>]</p>
<p>Pendant ce temps toutefois, M.&nbsp;Brun d&eacute;plore le fait que le gouvernement Martelly ait d&eacute;cid&eacute; de suivre la m&ecirc;me logique abusive et de saisir deux autres lots des terrains de NABATEC&nbsp;pour construire, &agrave; la jonction des autoroutes&nbsp;9 et 1, une usine de traitement de d&eacute;chets sur ce qui devait &ecirc;tre un parc industriel, puis en face, construire les bureaux du Comit&eacute; olympique ha&iuml;tien. Selon M.&nbsp;Brun, ces deux lots sont &eacute;valu&eacute;s par la Direction G&eacute;n&eacute;rale des Imp&ocirc;ts (DGI) &agrave; 10&nbsp;millions&nbsp;$US.</p>
<p>Au fil des mois, les partenaires de NABATEC, dont certains font partie des familles ha&iuml;tiennes les plus riches, ont compris que leur projet ne serait plus r&eacute;alisable.&nbsp;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Le pays a perdu une grande occasion, affirme M.&nbsp;Brun. J&rsquo;ai pass&eacute; 16&nbsp;ans &agrave; travailler &agrave; ce projet.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, NABATEC veut &ecirc;tre indemnis&eacute;e, en vertu du droit et de la Constitution. La compagnie a soumis ses dossiers &agrave; la DGI et aux trois ministres des Finances qui ont &eacute;t&eacute; en poste depuis que les terres ont &eacute;t&eacute; d&eacute;clar&eacute;es &laquo;&nbsp;utilit&eacute; publique&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&laquo;&nbsp;La derni&egrave;re rencontre de &lsquo;rappel&rsquo; s&rsquo;est d&eacute;roul&eacute;e sous Marie-Carmelle Jean-Marie, il y a environ trois mois&nbsp;&raquo;, poursuit-il.</p>
<p>Mme. Jean-Marie a d&eacute;missionn&eacute; en avril, apparemment pour des divergences d&rsquo;opinion &agrave; propos d&rsquo;une s&eacute;rie de contrats sans appel d&rsquo;offres et d&rsquo;autres d&eacute;penses.</p>
<p>Au total, si le gouvernement remboursait NABATEC pour ces terres et celles pr&eacute;sentement occup&eacute;es par les camps et les squatters, NABATEC obtiendrait 64&nbsp;millions&nbsp;$US.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D31_Brun.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1371490120251" alt="" width="578" height="325" /></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>G&eacute;rald Emile &laquo; Aby &raquo; Brun, architecte et pr&eacute;sident de NABATEC S.A., d&eacute;tient une facture <br />soumise &agrave; la <em>Direction G&eacute;n&eacute;rale des Imp&ocirc;ts </em>(DGI) pour plus de 19 millions $US. <br />NABATEC est le propri&eacute;taire de la plupart des terres sur lesquelles sont &eacute;rig&eacute;es <br />le camp Corail-Cesselesse et les zones telles que Canaan, J&eacute;rusalem et ONAville.</strong> Photo: AKJ</p>
<p>&laquo;&nbsp;Nous avons soumis tous les documents et les titres, expliquait M.&nbsp;Brun en mai. Dans les conversations, ils ont dit &lsquo;Oui, nous reconnaissons que ce sont vos terres&rsquo; et ils ont dit qu&rsquo;ils allaient nous payer, mais&hellip; il n&rsquo;y a rien d&rsquo;&eacute;crit.&rdquo;</p>
<p>Pour pouvoir confirmer ce qu&rsquo;affirme M.&nbsp;Brun, AKJ a transmis une douzaine de demandes d&rsquo;entrevue aux dirigeants de la DGI, par &eacute;crit et en personne, sur une p&eacute;riode de trois mois. Finalement, en f&eacute;vrier 2013, Raymond Michel, qui dirige le bureau du domaine de la DGI, a promis &agrave; AKJ une entrevue, en faisant remarquer&nbsp;: &laquo;&nbsp;Ce dossier est de nature tr&egrave;s, tr&egrave;s d&eacute;licate.&nbsp;&raquo; Il a fait faux bonds.&nbsp;</p>
<p>Entretemps, M.&nbsp;Brun s&rsquo;impatiente. NABATEC est ouverte &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de n&eacute;gocier, mais la compagnie pense &eacute;galement poursuivre, pour &laquo;&nbsp;atteinte au droit de propri&eacute;t&eacute;&nbsp;&raquo;, le gouvernement et les agences humanitaires qui continuent de lancer des projets &agrave; Corail ou qui aident les squatters dans les r&eacute;gions autour des camps.&nbsp;</p>
<p>&laquo;&nbsp;&Ccedil;a fait d&eacute;j&agrave; trois ans, fait-il observer. Je comprends les difficult&eacute;s que traversent ces gens sans maison ni travail ni &eacute;coles&hellip; mais &ccedil;a ne donne pas &agrave; la mafia ni aux escrocs le droit de profiter de leur d&eacute;tresse pour s&rsquo;enrichir, pendant qu&rsquo;on n&rsquo;a rien.&nbsp;&raquo;&nbsp;</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">A la recherche de l&rsquo;argent de, et pour, la terre promise</strong></p>
<p>Tandis que NABATEC plaide aupr&egrave;s du minist&egrave;re des Finances et de la DGI pour obtenir compensation, une autre aile du gouvernement ha&iuml;tien est &agrave; la recherche de fonds, mais non pour d&eacute;dommager les propri&eacute;taires.</p>
<p>L&rsquo;UCLBP esp&egrave;re plut&ocirc;t prendre la place de NABATEC et b&acirc;tir son propre projet&nbsp;: l&rsquo;urbanisation d&rsquo;environ 500&nbsp;hectares pour loger une population de 100&nbsp;000&nbsp;&acirc;mes.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D31_CanaanMM.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1371490242870" alt="" width="593" height="409" /></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>Le &nbsp;flanc typique de la colline de Canaan o&ugrave; de nombreuses maisons sont en chantier. </strong><br />Photo: AKJ/Milo Milfort</p>
<p>Selon M.&nbsp;David, l&rsquo;avant-projet est d&eacute;j&agrave; pr&ecirc;t, gr&acirc;ce &agrave; la firme canadienne IBI/DAA et &agrave; l&rsquo;ha&iuml;tienne SODADE. Quand on lui demande le prix du projet, l&rsquo;architecte refuse de donner un prix et ajoute qu&rsquo;il n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; soumis &agrave; un appel d&rsquo;offres. Il a plut&ocirc;t &eacute;t&eacute; annex&eacute; &agrave; un autre projet d&eacute;j&agrave; en cours chez <a href="http://www.arbour.ca/daa/fr/index.ph" target="_blank">IBI/DAA</a>, qui b&eacute;n&eacute;ficie souvent des contrats gouvernementaux.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est un projet parfait. Il comprend des routes, un syst&egrave;me de distribution d&rsquo;eau et des installations sanitaires&nbsp;&raquo;, admet-il, en ajoutant qu'AKJ ne peut le voir parce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas encore &eacute;t&eacute; approuv&eacute;.</p>
<p>Le travail pour les infrastructures pr&eacute;liminaires du site co&ucirc;tera &laquo;&nbsp;environ 50&nbsp;millions&nbsp;$US&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais ce proto-bidonville n&rsquo;est pas pr&egrave;s de devenir un quartier organis&eacute;. Entre autres d&eacute;fis, il faudra convaincre les r&eacute;sidants qui ont marqu&eacute; &laquo;&nbsp;leur&nbsp;&raquo; lot de c&eacute;der la place aux infrastructures.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est un projet &agrave; tr&egrave;s long terme&nbsp;&raquo;, admet M.&nbsp;David.</p>
<p>Et les fonds ne seront pas faciles &agrave; trouver.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il nous faudra beaucoup de ressources, et l&rsquo;&Eacute;tat ne dispose pas de tout le financement n&eacute;cessaire&hellip; Nous cherchons des fonds pour au moins pouvoir commencer, ajoute-t-il. Et &ccedil;a n&rsquo;est pas pour demain.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Pendant ce temps, les nouveaux &laquo;&nbsp;squatters&nbsp;&raquo; continuent d&rsquo;affluer dans ce &laquo;&nbsp;<em>no man&rsquo;s land&nbsp;</em>&raquo; avec leur baluchon, leurs piquets de tente et quelques blocs de ciment.</p>
<p><span class="full-image-float-left ssNonEditable"><span><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D31_AtisCUMarc.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1371490610337" alt="" width="346" height="358" /></span></span></p>
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<p><strong>L&rsquo;artiste Alexis Roffy Eddiness Barns Djoly se tient &agrave; la porte de sa maison &agrave; Corail Secteur 3.</strong> Photo: AKJ/Marc Schindler Saint Val</p>
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<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 110%;">Voir <strong><a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/31disasterfr" target="_blank">Tirer profit de la catastrophe?</a> </strong></span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 110%;">Voir <a href="http://www.ayitikaleje.org/31controversefr"><strong>Controverse autour du camp Corail</strong></a></span></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/rss-comments-entry-33913044.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Reflexions sur la reconstruction</title><dc:creator>Haiti Grassroots Watch - Ayiti Kale Je</dc:creator><pubDate>Tue, 26 Mar 2013 20:20:30 +0000</pubDate><link>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2013/3/26/reflexions-sur-la-reconstruction.html</link><guid isPermaLink="false">684286:8086091:33154059</guid><description><![CDATA[<p><strong>Port-au-Prince, HA&Iuml;TI 22&nbsp;mars&nbsp;2013 &ndash; </strong><span style="color: black;" lang="FR">Les m&eacute;dias ha&iuml;tiens et &eacute;trangers ont r&eacute;dig&eacute; maints articles sur le processus de la reconstruction. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Ayiti Kale Je (AKJ), un partenariat journalistique, s&rsquo;est donn&eacute; comme mission d&rsquo;enqu&ecirc;ter sur le sujet depuis bient&ocirc;t trois ans. Avec cet article, AKJ a d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;aller vers les grands acteurs pour les interroger sur ces trois aspects de la reconstruction&nbsp;:</span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="color: black;" lang="FR">1)&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><span style="color: black;" lang="FR">l&rsquo;aide, d&eacute;pendance et souverainet&eacute;</span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="color: black;" lang="FR">2)&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><span style="color: black;" lang="FR">la Commission Int&eacute;rimaire pour la Reconstruction &nbsp;d&rsquo;Ha&iuml;ti (CIRH)</span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="color: black;" lang="FR">3)&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><span style="color: black;" lang="FR">les questions de vision, &laquo;&nbsp;leadership&nbsp;&raquo; et coordination</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">AKJ a  effectu&eacute; plusieurs demandes d&rsquo;interview. Quelques-unes lui ont &eacute;t&eacute;  refus&eacute;es, notamment des ministres du gouvernement et certains  parlementaires ha&iuml;tiens [1]. <a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/display/admin/CreateOrModifyJournalEntry?moduleId=8086091&amp;entryId=33154059&amp;SSScrollPosition=107#_ftn1"><span style="color: black;" lang="FR">&nbsp;</span></a>Toutefois,  AKJ a pu compter sur quelques acteurs, nationaux et internationaux,  importants du processus de la reconstruction tels que&nbsp;: quatre anciens  membres de la Commission Int&eacute;rimaire pour la Reconstruction d&rsquo;Ha&iuml;ti  (CIRH), trois personnes travaillant ou ayant travaill&eacute; au sein du  gouvernement, et les repr&eacute;sentants en Ha&iuml;ti de la Banque Mondiale (BM),  de la Banque Interam&eacute;ricaine de D&eacute;veloppement (BID) et du Fonds  Mon&eacute;taire International (FMI). </span></p>
<p style="padding-left: 30px;">&nbsp;<span style="font-size: 110%;"><strong>&Eacute;couter le programme audio </strong>(en cr&eacute;ole)</span>&nbsp;</p>
<div class="vs-video-wrapper" style="padding-left: 30px;"><iframe src="http://www.byoaudio.com/playweb?audioid=M452ba1cd08a26250ba84ca5d1cfcd2caZVp5S39uY2N3WmkpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV&onLoad=&buffer=5&fc=E8E8E8&pc=ffda6d&kc=6c99d4&bc=FFFFFF&xml=http%3A%2F%2Fwww.byoaudio.com%2Fxcv%2FM452ba1cd08a26250ba84ca5d1cfcd2caZVp5S39uY2N3WmkpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV.xml&xmlURL=http%3A%2F%2Fwww.byoaudio.com%2Fxcv%2FM452ba1cd08a26250ba84ca5d1cfcd2caZVp5S39uY2N3WmkpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV.xml&player=lpa40" height="30" width="350" frameborder="0" scrolling="no"></iframe></div>
<!-- BYOAudio.com Player code END -->
<p style="padding-left: 30px;"><strong style="font-size: 110%;">T&eacute;l&eacute;charger le programme audio</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong style="font-size: 110%;"><a href="http://ayitikaleje.byoaudio.com/files/media/f8094049-5a19-201b-f35e-ba69aedd99b8.mp3"><img src="http://www.byoaudio.com/client/web/click2download.gif" border="0" alt="" width="120" height="48" /></a><br /></strong></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR"></span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Photo de couverture - un r&eacute;sident creuse un trou dans le camp de Tabarre Issa. <a href="http://www.ayitikaleje.org/14laffr" target="_blank">Lire plus ici</a>. <br />Photo: Fritznelson Fortun&eacute;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 120%;" lang="FR">Aide, d&eacute;pendance et souverainet&eacute;</span></strong></p>
<p class="Default"><span style="color: black;" lang="FR">Bien avant le s&eacute;isme du 12 janvier 2010, Ha&iuml;ti d&eacute;pendait majoritairement de l&rsquo;aide internationale pour financer les projets et programmes du gouvernement ainsi que son budget. L&rsquo;aide des bailleurs bilat&eacute;raux et multilat&eacute;raux demeure une ressource beaucoup plus importante que les recettes internes du gouvernement ha&iuml;tien. </span></p>
<p class="Default"><span style="color: black;" lang="FR">Avec le tremblement de terre, cette situation s&rsquo;est largement aggrav&eacute;e. </span></p>
<p class="Default"><span style="color: black;" lang="FR">Pour faire face &agrave; la situation critique post-s&eacute;isme, l&rsquo;aide internationale apport&eacute;e &agrave; Ha&iuml;ti se divise en deux cat&eacute;gories: l&rsquo;aide d&rsquo;urgence, concentr&eacute;e sur les efforts de secours humanitaire et l&rsquo;aide &agrave; la reconstruction, destin&eacute;e &agrave; financer la reconstruction et le d&eacute;veloppement &agrave; long terme. </span></p>
<p class="Default"><span style="color: black;" lang="FR">Cependant, de m&ecirc;me que l&rsquo;aide octroy&eacute;e &agrave; Ha&iuml;ti avant le tremblement de terre, la majorit&eacute; de cette aide a contourn&eacute; les structures de l&rsquo;Etat ha&iuml;tien pour aboutir directement aux mains des contractants priv&eacute;s, des &laquo;&nbsp;ONG&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;organisations non gouvernementales&nbsp;&raquo;, les agences bilat&eacute;rales et multilat&eacute;rales, et d&rsquo;autres instances non-&eacute;tatiques.</span></p>
<p class="Default" style="text-align: center;"><span style="color: black;" lang="FR"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D30_farmerrecoveryeng.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1364329773321" alt="" width="597" height="346" /></span></span></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>Graphique indiquant le montant de l'aide de la reconstruction qui est all&eacute; <br />au gouvernement ha&iuml;tien (bleu fonc&eacute;)</strong>. <br />Source : Bureau de l'Envoy&eacute; sp&eacute;cial de l'ONU pour Ha&iuml;ti <a href="http://www.collectif-haiti.fr/data/file/News/has-aid-changed_fr.pdf" target="_blank">T&eacute;l&eacute;charger le rapport [PDF]</a></p>
<p class="Default"><span style="color: black;" lang="FR">Seulement un pour cent (1 %) de l&rsquo;aide d&rsquo;urgence a &eacute;t&eacute; fourni au gouvernement d&rsquo;Ha&iuml;ti et, en ce qui a trait &agrave; l&rsquo;aide de la reconstruction, les bailleurs bilat&eacute;raux ont d&eacute;caiss&eacute; sept pour cent (7 %) vers le gouvernement ha&iuml;tien en utilisant des syst&egrave;mes nationaux tandis que les bailleurs multilat&eacute;raux ont d&eacute;caiss&eacute; 23 pour cent vers le gouvernement en utilisant des syst&egrave;mes nationaux. Comment les interview&eacute;s per&ccedil;oivent cette question&nbsp;?</span></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Mich&egrave;le Oriol</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, directrice ex&eacute;cutive du Comit&eacute; Interminist&eacute;riel pour l&rsquo;Am&eacute;nagement du Territoire (CIAT), une agence du gouvernement charg&eacute;e de la coordination des actions des six (6) minist&egrave;res. </span></p>
<p class="Grillemoyenne1-Accent21CxSpMiddle"><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Il y a une r&eacute;flexion globale qui doit &ecirc;tre faite sur la question de l&rsquo;aide internationale de mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale. A mon sens, je ne crois pas qu&rsquo;&agrave; travers le monde l&rsquo;aide internationale r&eacute;colte beaucoup de succ&egrave;s &raquo;,&nbsp; </span></em><span style="color: black;" lang="FR">note-elle<em>. </em></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Cependant, elle souligne<em>&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Qui l&rsquo;a vot&eacute;&nbsp;? </em>[le budget de la R&eacute;publique ndlr]<em>. Ce ne sont pas les blancs qui le votent chez eux &agrave; notre place pour ensuite venir nous l&rsquo;imposer. Nous devons de pr&eacute;f&eacute;rence questionner la responsabilit&eacute; des autorit&eacute;s ha&iuml;tiennes par rapport au financement du fonctionnement de l&rsquo;Etat ha&iuml;tien et non l&rsquo;inverse. Car, la responsabilit&eacute; qui nous incombe est avant tout nationale.&nbsp;&raquo;</em></span><em><span style="color: black;" lang="FR"> <br /></span></em></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Jacques Bougha-Hagbe</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, &eacute;conomiste et ing&eacute;nieur de formation, il repr&eacute;sente le Fonds Mon&eacute;taire International (FMI) en Ha&iuml;ti depuis mars 2010.</span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;On ne peut pas le nier. Une bonne partie de l&rsquo;aide ne passe pas par le gouvernement d&rsquo;Ha&iuml;ti et c&rsquo;est ce que nous d&eacute;plorons nous-m&ecirc;mes. Moi je pense qu&rsquo;il ne sert &agrave; rien de jeter la faute aux bailleurs parce qu&rsquo;Ha&iuml;ti est un pays souverain. Qu&rsquo;est-ce-qui emp&ecirc;che au gouvernement de mettre sur pied un cadre qui inspire confiance ?&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p class="Grillemoyenne1-Accent21"><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;L&rsquo;id&eacute;al aurait &eacute;t&eacute; qu&rsquo;on mette des ressources &agrave; la disposition du gouvernement et que le gouvernement utilise &agrave; bon escient ces ressources et rende compte &agrave; la population ha&iuml;tienne et ensuite aux partenaires&nbsp;&raquo;, </span></em><span style="color: black;" lang="FR">ajoute-il, et il remarque&nbsp;que :<em> </em>&laquo;&nbsp;<em> les choses ne r&eacute;ussiront que si le gouvernement fait preuve d&rsquo;un leadership dans lequel les bailleurs ont confiance. Parce que personne ne pourra jamais remplacer le gouvernement&nbsp;</em>&raquo;. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Pour Bougha-Hagbe, m&ecirc;me faible, l&rsquo;Etat ha&iuml;tien doit s&rsquo;efforcer quand m&ecirc;me de jouer son r&ocirc;le&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Certes l&rsquo;Etat ha&iuml;tien a des faiblesses, le dernier mot revient &agrave; l&rsquo;Etat ha&iuml;tien...<strong> </strong>&nbsp;Les principaux bailleurs peuvent &ecirc;tre des ONG mais ils n&rsquo;ex&eacute;cutent rien sans l&rsquo;aval du gouvernement&nbsp;&raquo;.</em></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Il finit pour dire qu&rsquo;&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Ha&iuml;ti est un pays souverain. Le jour o&ugrave; le gouvernement d&rsquo;Ha&iuml;ti me demande de quitter le pays je partirai parce que c&rsquo;est eux le patron. Ce n&rsquo;est pas le FMI qui va vous imposer quoique ce soit en Ha&iuml;ti&hellip;&nbsp;Il faut absolument que les autorit&eacute;s ha&iuml;tiennes fassent les r&eacute;formes qu&rsquo;il faut... Augmenter les recettes de l&rsquo;Etat et rendre le pays moins d&eacute;pendant de l&rsquo;assistance &eacute;trang&egrave;re. &raquo;</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: black;" lang="FR"><em><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D30sheltercluster1.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1364329907769" alt="" width="548" height="186" /></span></em></span></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Une vue typique d'une r&eacute;union &laquo; cluster &raquo; charg&eacute;e de coordonner les interventions <br />d'urgence. Pendant des mois, presque toutes les r&eacute;unions ont &eacute;t&eacute; organis&eacute;es en <br />anglais seulement, et bon nombre d&rsquo;entre elles sont rest&eacute;es sans la pr&eacute;sence <br />de repr&eacute;sentants du gouvernement ha&iuml;tien.</strong><a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/FRDossier1Story4 " target="_blank"> Lire plus ici.</a></p>
<p><strong><span style="color: black;" lang="FR"><span style="font-size: 110%;">Michel Pr&eacute;sum&eacute;</span>, </span></strong><span style="color: black;" lang="FR">directeur de division des b&acirc;timents publics</span><span style="color: black;" lang="FR"> </span><span style="color: black;" lang="FR">au sein</span><span style="color: black;" lang="FR"> </span><span style="color: black;" lang="FR">de l&rsquo;Unit&eacute; de Contr&ocirc;le des Logements et des B&acirc;timents Publics (UCLBP), une petite agence du gouvernement.</span><span style="color: black;" lang="FR"> </span><span style="color: black;" lang="FR">&nbsp;</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Michel Pr&eacute;sum&eacute; se veut r&eacute;aliste, &agrave; la limite, pragmatique, en affirmant qu&rsquo;<em> &laquo;&nbsp;Il est clair que nos moyens sont tr&egrave;s faibles et nos besoins sont tr&egrave;s &eacute;normes&hellip;. Nous sommes faibles parce que nous n&rsquo;avons pas les moyens de faire ce que l&rsquo;on veut faire. Et &agrave; ce moment nous attendons l&rsquo;aide des autres et &agrave; un niveau tel que parfois cela fait mal,&nbsp;&raquo; </em></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Pr&eacute;sum&eacute;, ing&eacute;nieur civil, ex-employ&eacute; du minist&egrave;re des travaux publics pendant 13 ans, pense que certains retards sont observ&eacute;s dans le d&eacute;boursement de l&rsquo;argent<em> &laquo;&nbsp;c&rsquo;est parce qu&rsquo;il y a cette volont&eacute; de reprendre le contr&ocirc;le qui explique le retard de l&rsquo;aide&nbsp;&raquo;. </em></span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Beaucoup de rapports parlent du pourcentage des aides qui revient au gouvernement ha&iuml;tien. On doit changer cela. Le seul moyen d&rsquo;y parvenir c&rsquo;est de devenir un pays responsable et qu&rsquo;on respecte&nbsp;&raquo;, </span></em><span style="color: black;" lang="FR">conclut-il.</span></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Jean Claude Lebrun</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, coordonnateur national de Mouvement des Organisations Ind&eacute;pendantes Int&eacute;gr&eacute;es et des Syndicats Engag&eacute;s (MOISE) depuis le 13 novembre 2006 et ex-membre de la CIRH&nbsp;o&ugrave; il a repr&eacute;sent&eacute; le secteur syndical. <br /></span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Les Etats-Unis avaient le contr&ocirc;le de tout ce qui se faisait dans le cadre de la reconstruction. Cette mainmise s&rsquo;exer&ccedil;ait par le biais de ses diff&eacute;rentes repr&eacute;sentations et aussi par l&rsquo;influence incarn&eacute;e par la Fondation Clinton, tr&egrave;s active dans les d&eacute;cisions relatives &agrave; la reconstruction&nbsp;&raquo;.</span></em></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Pour M. Lebrun, c&rsquo;est <em>&laquo;&nbsp;une absence de leadership&nbsp;&raquo; </em>qui a conduit le pays &agrave; cette situation de d&eacute;pendance &agrave; laquelle il fait face. <em>&laquo;&nbsp;On ne r&eacute;tablit pas sa souverainet&eacute; avec l&rsquo;aide internationale&nbsp;&raquo;, </em>d&rsquo;apr&egrave;s lui.</span></p>
<p><strong><span style="color: black;" lang="FR"><span style="font-size: 110%;">Alexandre V. Abrante</span>s</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, m&eacute;decin de profession et administrateur de sant&eacute; &agrave; la Banque Mondiale (BM) depuis 20 ans, et actuel repr&eacute;sentant de la Banque Mondiale en Ha&iuml;ti. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR"><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est le gouvernement qui a le contr&ocirc;le des d&eacute;cisions de la reconstruction au moins pendant le temps de la CIRH.&nbsp;&raquo; </em><br /></span></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Almeida Eduardo Marquez </span></strong><span style="color: black;" lang="FR">ex-repr&eacute;sentant de la Banque Interam&eacute;ricaine de D&eacute;veloppement (BID) en Ha&iuml;ti [interview&eacute; par courriel].</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Pour le repr&eacute;sentant de la BID qui a &eacute;t&eacute; sur place lors de la catastrophe&nbsp;:&nbsp;&laquo;<strong>&nbsp;</strong><em>la faible capacit&eacute; d&acute;ex&eacute;cution existait d&eacute;j&agrave; avant le tremblement de terre&nbsp;&raquo;.</em><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">William K&eacute;nel-Pierre</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, architecte ind&eacute;pendant, membre fondateur de l&rsquo;Organisation du Peuple en Lutte (OPL).</span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Si je devrais me prononcer sur la reconstruction, je parlerais en premier lieu de la reconstruction de notre souverainet&eacute;, de notre dignit&eacute; et de la reconstruction de notre structure sociale. Je ne peux pas parler de reconstruction de structure sociale mais d&rsquo;une nouvelle structure sociale destin&eacute;e &agrave; changer la situation que nous sommes en train de vivre&nbsp;&raquo;, </span></em><span style="color: black;" lang="FR">dit-il.<em> </em></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Pour l&rsquo;architecte, assistance &eacute;trang&egrave;re est toujours synonyme d&rsquo;exigence. Parlant du FMI, il s&rsquo;interroge<em> &laquo;&nbsp;leur mission est de nous assister ou de g&eacute;rer l&rsquo;argent &agrave; notre place &raquo;&nbsp;?</em></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>Avant le tremblement de terre, il &eacute;tait claire que nos institutions &eacute;taient dans une phase tr&egrave;s grave d&rsquo;effondrement.&nbsp;Le tremblement de terre s&rsquo;est transform&eacute; en ce que nous pouvons appeler un &lsquo;&eacute;piph&eacute;nom&egrave;ne&rsquo; du probl&egrave;me g&eacute;n&eacute;ral encore plus grave que le tremblement de terre.&nbsp;&raquo;</em></span><strong><span style="color: black;" lang="FR">&nbsp;</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D30_MorneT.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1364330095304" alt="" width="562" height="374" /></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Un nouveau bidonville compos&eacute; principalement de T-Shelters offerts par les ONG <br />s'installe sur les hauters Morne L'H&ocirc;pital. </strong><a href="http://www.ayitikaleje.org/journal/2012/5/21/partenaires-dans-le-deboisement-et-la-bidonvilisation-partne.html " target="_blank">Lire plus ici.</a> Photo: AKJ / Evens Louis</p>
<p><strong><span style="color: black;" lang="FR"><span style="font-size: 110%;">Jean-Marie Bourjolly</span>,</span></strong><em><span style="color: black;" lang="FR"> </span></em><span style="color: black;" lang="FR-CA">math&eacute;maticien, professeur &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole des sciences de la gestion de l&rsquo;Universit&eacute; du Qu&eacute;bec &agrave; Montr&eacute;al. Ex-membre de la CIRH, de juillet 2010 &agrave; juillet 2011, en tant que repr&eacute;sentant du pouvoir ex&eacute;cutif<em>. </em></span><span style="color: black;" lang="FR-CA">&nbsp;</span><span style="color: black;" lang="FR">Bourjolly est r&eacute;dacteur &agrave; la revue </span><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo; </span></em><span style="color: black;" lang="FR">Ha&iuml;ti Perspectives </span><span style="color: black;" lang="FR">&raquo;</span><span style="color: black;" lang="FR"> [interview&eacute; par courriel</span>]<em>.</em></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;</span><strong><span style="color: black;" lang="FR">&nbsp;</span></strong><em><span style="color: black;" lang="FR">L&rsquo;&eacute;tendue de nos malheurs, nous la devons surtout &agrave; la faiblesse chronique de l&rsquo;&Eacute;tat ha&iuml;tien, et au laisser-faire et au manque de vision de ses dirigeants,&nbsp;&raquo; </span></em><span style="color: black;" lang="FR">d&rsquo;apr&egrave;s le professeur Bourjolly qui vient de publier l&rsquo;int&eacute;gralit&eacute; de cette interview dans la revue </span><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;</span></em><span style="color: black;" lang="FR"> <a href="http://www.haiti-perspectives.com/" target="_blank">Ha&iuml;ti Perspectives</a> </span><span style="color: black;" lang="FR">&raquo;</span><span style="color: black;" lang="FR">.</span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;</span></em><strong><em><span style="color: black;" lang="FR">&nbsp;</span></em></strong><em><span style="color: black;" lang="FR">Faiblesse, donc, de l&rsquo;&Eacute;tat et leadership d&eacute;ficient qui se manifestent aussi par la kleptomanie proverbiale des dirigeants ha&iuml;tiens, trop enclins, comme nous le savons, &agrave; confondre leur cassette personnelle avec les comptes bancaires nationaux et leurs int&eacute;r&ecirc;ts particuliers avec ceux de leur pays.&nbsp;</span></em><span style="color: black;" lang="FR">&raquo;</span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;L&rsquo;&Eacute;tat ha&iuml;tien, de faible qu&rsquo;il &eacute;tait avant le s&eacute;isme, &eacute;tait devenu exsangue et polytraumatis&eacute;; de leur c&ocirc;t&eacute;, les ONG s&rsquo;&eacute;taient constitu&eacute;es,</span></em><em><span style="color: black;" lang="FR"> au fil des ann&eacute;es, en un &Eacute;tat dans l&rsquo;&Eacute;tat, d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;expression &lsquo;R&eacute;publique des ONG&rsquo; utilis&eacute;e pour d&eacute;signer Ha&iuml;ti; quant aux entit&eacute;s comme la Banque mondiale, la BID ou l&rsquo;USAID, elles n&rsquo;avaient pas l&rsquo;habitude de nous rendre compte de leurs actions, et on ne voit pas ce qui aurait pu les faire changer d&rsquo;approche,&nbsp;&raquo; </span></em><span style="color: black;" lang="FR">ajoute-t-il.</span><strong><em>&nbsp;</em></strong></p>
<p><strong><span style="color: black;" lang="FR">&nbsp;<br /></span></strong></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 120%;" lang="FR">Commission Int&eacute;rimaire pour la Reconstruction d&rsquo;Ha&iuml;ti (CIRH)</span></strong></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">La CIRH a &eacute;t&eacute; consacr&eacute;e par un d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel pris le 21 avril 2010. Elle avait pour t&acirc;che, selon ce d&eacute;cret, &laquo;&nbsp;<em>la planification strat&eacute;gique, la coordination, le d&eacute;veloppement des projets, la mise en &oelig;uvre efficace et rapide, l&rsquo;utilisation des ressources, l&rsquo;approbation de projets, l&rsquo;optimisation des investissements et des contributions, et l&rsquo;assistance technique.&nbsp;</em>&raquo; </span></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Jacques Bougha-Hagbe</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, repr&eacute;sentant du FMI.</span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Pourquoi on a cr&eacute;&eacute; la CIRH? Si l&rsquo;on veut parler franchement c&rsquo;est parce qu&rsquo;il y a encore ce probl&egrave;me de confiance entre beaucoup de partenaires et le gouvernement d&rsquo;Ha&iuml;ti.&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;L&rsquo;id&eacute;e de la CIRH &eacute;tait int&eacute;ressante au d&eacute;but, initialement cr&eacute;er ce forum l&agrave;, qui permet &agrave; ses partenaires ainsi qu&rsquo;&agrave; la soci&eacute;t&eacute; civile ha&iuml;tienne de voir ensemble comment ils peuvent aller de l&rsquo;avant,&nbsp;</span></em><span style="color: black;" lang="FR">&raquo; note-il. Il continue&nbsp;:<em> &laquo;&nbsp;Malheureusement l&rsquo;institution a connu des probl&egrave;mes que beaucoup d&rsquo;autres plateformes de coordination de l&rsquo;aide connaissent. Il faut une harmonisation des pratiques, des objectifs entre le gouvernement et les partenaires financiers et ce n&rsquo;est pas facile.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Le repr&eacute;sentant du FMI pense que le d&eacute;fi auquel &eacute;tait confront&eacute; la CIRH n&rsquo;&eacute;tait pas sp&eacute;cifique &agrave; Ha&iuml;ti, parce que&nbsp; <em>&laquo; les difficult&eacute;s qu&rsquo;elle a rencontr&eacute;es refl&egrave;tent tout simplement les difficult&eacute;s de coordination de l&rsquo;aide avec les pays en d&eacute;veloppement en g&eacute;n&eacute;ral&nbsp;&raquo;.</em> <br /></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Pour Bougha-Hagbe, m&ecirc;me si le m&eacute;canisme de la CIRH a &eacute;t&eacute; nouveau et n&rsquo;existe plus, &laquo;&nbsp;<em>[i]l y a toujours une CIRH d&eacute;guis&eacute;e en Ha&iuml;ti. C&rsquo;est le cadre de coordination des aides ... [qui] &nbsp;repose sur des &lsquo;tables sectorielles. Les tables sectorielles sont des sous-groupes sectoriels entre bailleurs et gouvernement qui discutent de la strat&eacute;gie dans les domaines de l&rsquo;&eacute;ducation, de la sant&eacute;, l&rsquo;assainissement, la s&eacute;curit&eacute; et la gouvernance.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D30_PAP_CHarles1.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1364330273631" alt="" width="593" height="397" /></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Un des dessins propos&eacute;s pour la reconstruction de Port-au-Prince par la Fondation <br />Prince Charles de l&rsquo;Angleterre</strong>. <a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/journal/2011/6/9/port-au-prince-reconstruction-derriere-les-portes-closes-beh.html " target="_blank">Lire plus ici</a>. Source : Fondation Prince Charles</p>
<p><span style="font-size: 110%;"><strong>Jean Claude Lebrun</strong></span><span style="color: black;" lang="FR">, syndicaliste et ex-membre de la CIRH</span><em><span style="color: black;" lang="FR"> <br /></span></em></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;La plus grosse faiblesse de la CIRH &eacute;tait le probl&egrave;me de la communication&hellip; La CIRH fonctionnait en circuit en ferm&eacute; et aucune information ne pouvait sortir.&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;La CIRH pourrait &ecirc;tre meilleure dans la mesure o&ugrave; elle &eacute;tait d&eacute;mocratis&eacute;e, l&rsquo;information circulait librement car il y avait un d&eacute;ficit d&rsquo;information&nbsp;</span></em><span style="color: black;" lang="FR">&raquo;, ajoute-il. <em>&laquo;&nbsp;Seuls le comit&eacute; ex&eacute;cutif et le secr&eacute;tariat prenaient les d&eacute;cisions&hellip; Le comit&eacute; ex&eacute;cutif avait deux co-pr&eacute;sidents, Bill Clinton et Jean-Max Bellerive.&nbsp;&raquo;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></span><em><span style="color: black;" lang="FR"> <br /></span></em></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Le Parlement, quoiqu&rsquo;ayant ses repr&eacute;sentants au sein de la CIRH, n&rsquo;exer&ccedil;ait aucun contr&ocirc;le sur la commission. Selon Lebrun, <em>&laquo;&nbsp;c&rsquo;est ce qui a occasionn&eacute; la perte de la CIRH&nbsp;&raquo;.</em></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Par ailleurs il ajoute&nbsp;qu&rsquo;<em>&laquo;&nbsp;Au sein de la CIRH, la branche internationale avait aussi ses probl&egrave;mes car un seul secteur &eacute;tait d&eacute;positaire de tous les pouvoirs de d&eacute;cisions, c&rsquo;&eacute;tait le secteur pro-am&eacute;ricain.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Alexandre V. Abrantes</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, repr&eacute;sentant de la Banque mondiale en Ha&iuml;ti.<br /></span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;La CIRH a &eacute;t&eacute; une tr&egrave;s bonne initiative et je suis pas du tout d&rsquo;accord avec tous ceux qui la critiquent sans bien savoir ce qu&rsquo;elle a fait&nbsp;&raquo;, </span></em><span style="color: black;" lang="FR">mart&egrave;le le repr&eacute;sentant de la BM. <em>&laquo;&nbsp;Tous nos projets de la Banque mondiale passaient par la CIRH.&nbsp;&raquo;</em></span><em><span style="color: black;" lang="FR"> <br /></span></em></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Je crois que c&rsquo;&eacute;tait pour des raisons politiques, il y a toute une fiert&eacute; nationale, il y avait toute une perception que la CIRH &eacute;tait domin&eacute;e par des blancs </span></em><span style="color: black;" lang="FR">[sic]. <em>Et vous savez que la presse internationale aime raconter de mauvaises histoires, alors elle venait &agrave; la fin de 6 mois et disait que "rien ne se passe, la reconstruction ne d&eacute;marre pas." C&rsquo;est ridicule&nbsp;</em>&raquo;, ajoute-il.</span></p>
<p><span style="font-size: 110%;"><strong>Almeida Eduardo Marquez</strong></span><span style="color: black;" lang="FR">,&nbsp; ex<strong>-</strong>repr&eacute;sentant de la BID en Ha&iuml;ti.<br /></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Le repr&eacute;sentant de la BID partage le m&ecirc;me avis que son homologue de la BM. </span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Effectivement, la CIRH a &eacute;t&eacute; une excellente initiative, pour coordonner l&acute;action internationale avec le gouvernement et pour attirer l&acute;attention sur Ha&iuml;ti, tant au niveau des dons, tant pour l&acute;investissement priv&eacute;.&nbsp;Elle aura &eacute;t&eacute; encore meilleure, si elle &eacute;tait mieux utilis&eacute;e comme instrument de communication entre Ha&iuml;ti et la communaut&eacute; internationale.&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">De m&ecirc;me que les autres acteurs, il pense que l&rsquo;exp&eacute;rience de la CIRH pouvait contribuer &agrave; l&rsquo;am&eacute;lioration des autres instances telles les &laquo; <em>tables sectorielles&nbsp;</em>&raquo; et le nouveau </span><span style="color: black;" lang="FR"><a href="http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=111227" target="_blank">Cadre de Coordination de l&rsquo;aide externe au D&eacute;veloppement</a> (CAED) qui est charg&eacute; de coordonner la gestion de l&rsquo;aide de la communaut&eacute; internationale, selon le gouvernement.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: black;" lang="FR"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D30_ExpoRoy_WS.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1364330529025" alt="" width="590" height="183" /></span></span></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Les maisons mod&egrave;les inutilis&eacute;s au site de l'exposition logement &eacute;chou&eacute;, qui a co&ucirc;t&eacute; <br />2 millions $ US.</strong> <a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/journal/2012/9/24/le-conte-de-deux-villes-a-tale-of-two-cities.html " target="_blank">Lire plus ici</a>. Photo: AKJ / Jude Stanley Roy</p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Lucien Bernard</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, docteur en science du d&eacute;veloppement, recteur de l&rsquo;Universit&eacute; Episcopale d&rsquo;Ha&iuml;ti, professeur &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; d&rsquo;Etat d&rsquo;Ha&iuml;ti et ex-membre de la CIRH o&ugrave; il a repr&eacute;sent&eacute; le S&eacute;nat.</span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Il n&rsquo;y avait pas de communication. Beaucoup de choses se faisaient sans que l&rsquo;on nous tienne au courant. Cela s&rsquo;apparentait &agrave; une horde d&rsquo;organisations internationales. M&ecirc;me le texte des r&egrave;glements internes nous a &eacute;t&eacute; propos&eacute; en anglais&nbsp;&raquo;, </span></em><span style="color: black;" lang="FR">d&rsquo;apr&egrave;s le professeur.<em> &laquo;&nbsp;C&rsquo;&eacute;tait un fait expr&egrave;s afin de pouvoir mieux nous rouler dans la farine comme c&rsquo;est le cas pour la plupart des gouvernements vis-&agrave;-vis de leur population.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Garry Lissade</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, avocat au barreau de Port-au-Prince et ex-membre de la CIRH o&ugrave; il a repr&eacute;sent&eacute; le pouvoir judiciaire<strong> </strong></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">L&rsquo;avocat pense que la CIRH &eacute;tait <em>&laquo;&nbsp; une tr&egrave;s bonne chose qui pouvait offrir au pays un bon d&eacute;marrage dans le cadre de la reconstruction eu &eacute;gard &agrave; la mani&egrave;re dont la commission int&eacute;rimaire a vu le jour, car elle n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; form&eacute;e de mani&egrave;re unilat&eacute;rale. Elle &eacute;tait constitu&eacute;e &agrave; la fois d&rsquo;acteurs nationaux et de bailleurs internationaux.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Tout en admettant que la CIRCH souffre d&rsquo;une certaine d&eacute;ficience, Lissade est d&rsquo;avis qu&rsquo;elle a &eacute;t&eacute; un succ&egrave;s&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;La CIRH rev&ecirc;tait une structure particuli&egrave;re. Elle &eacute;tait un mod&egrave;le unique dans le monde, les membres ha&iuml;tiens &eacute;taient d&eacute;sign&eacute;s par les autorit&eacute;s ha&iuml;tiennes, les membres de la soci&eacute;t&eacute; civile d&eacute;signaient leurs repr&eacute;sentants au sein de la CIRH. Ce qui rendait particuli&egrave;re la CIRH c&rsquo;est que maintenant les pays dits &lsquo;amis d&rsquo;Ha&iuml;ti&rsquo; n&rsquo;allaient plus lui tendre la main et d&eacute;cider &agrave; sa place, ils &eacute;taient oblig&eacute;s de s&rsquo;asseoir avec lui autour d&rsquo;une table.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Jean-Marie Bourjolly</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, professeur &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; </span><span style="color: black;" lang="FR-CA">du Qu&eacute;bec &agrave; Montr&eacute;al</span><span style="color: black;" lang="FR">, ex-membre de la CIRH.</span></p>
<p><strong><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;</span></strong><em><span style="color: black;" lang="FR">Dans un pays o&ugrave; les pouvoirs publics auraient &eacute;t&eacute; connus pour assumer leurs responsabilit&eacute;s et &oelig;uvrer dans le sens du bien commun, un organisme supranational comme la CIRH aurait sans doute &eacute;t&eacute; inutile, voire impensable,&nbsp;&raquo; </span></em><span style="color: black;" lang="FR">d&rsquo;apr&egrave;s lui.</span><strong><em>&nbsp;</em></strong></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;La cr&eacute;ation de la CIRH fut pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e par la pr&eacute;paration et la publication, sous l&rsquo;impulsion de la communaut&eacute; internationale et gr&acirc;ce &agrave; son aide technique et financi&egrave;re, de deux &eacute;tudes, l&rsquo;une, intitul&eacute;e Post Disaster Needs Assessment (PDNA), pour faire l&rsquo;&eacute;tat des lieux, c&rsquo;est-&agrave;-dire &eacute;valuer l&rsquo;&eacute;tendue des d&eacute;g&acirc;ts, et l&rsquo;autre, le Plan d&rsquo;action pour le Redressement et le D&eacute;veloppement d&rsquo;Ha&iuml;ti (PARDH), en mars 2010, pour planifier non seulement la reconstruction physique, mais,&nbsp;selon l&rsquo;expression du Chef de l&rsquo;&Eacute;tat, &lsquo;une refondation d&rsquo;Ha&iuml;ti&rsquo;&nbsp;&hellip; C&rsquo;est dans ce contexte qu&rsquo;il faut voir la CIRH, &agrave; mon avis. Sur papier, elle semblait correspondre &agrave; la situation. Je me r&eacute;f&egrave;re aux huit buts d&eacute;crits dans la section&nbsp;5 de ses R&egrave;glements&nbsp;: planification strat&eacute;gique, coordination, d&eacute;veloppement de projets, approbation de projets, mise en &oelig;uvre efficace et rapide, utilisation des ressources, optimisation des investissements et des contributions, et assistance technique.&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Cependant, Bourjolly note que <em>&laquo;&nbsp;la CIRH &eacute;tait une grosse machine qui &eacute;chappait totalement au contr&ocirc;le de son conseil d&rsquo;administration&nbsp;&raquo; </em>parce que </span><span style="color: black;" lang="FR-CA">ledit conseil d&rsquo;administration, selon ce que rapporte l&rsquo;ex-membre de la CIRH, <em>&laquo;&nbsp;avait, &agrave; l&rsquo;unanimit&eacute; moins une voix, vot&eacute;&nbsp;&lsquo;les pleins pouvoirs&rsquo; &agrave; ses deux copr&eacute;sidents, MM. Clinton et Bellerive, qui y tenaient mordicus et avaient insist&eacute; lourdement, contre toute raison, jusqu&rsquo;&agrave; obtenir gain de cause.&nbsp;&raquo;</em> </span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;La CIRH aurait pu jouer un r&ocirc;le de premier plan dans cette r&eacute;surrection ou, &agrave; tout le moins, obtenir de bien meilleurs r&eacute;sultats, si elle avait opt&eacute; pour la transparence tant &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;institution que vis-&agrave;-vis de l&rsquo;ext&eacute;rieur et si elle avait fait le pari de la confiance envers les Ha&iuml;tiens plut&ocirc;t que de les traiter avec suspicion,&nbsp;&raquo;, </span></em><span style="color: black;" lang="FR">d&rsquo;apr&egrave;s Bourjolly.<em> </em></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Malgr&eacute; toutes ses critiques, le professeur convient&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Je crois sinc&egrave;rement, malgr&eacute; les critiques tr&egrave;s dures que je viens de formuler envers elle, que, dans les circonstances, la CIRH a jou&eacute; un r&ocirc;le globalement positif.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><strong><em><span style="color: black;" lang="FR">&nbsp;</span></em><span style="color: black;" lang="FR"> <br /></span></strong></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 120%;" lang="FR">Les questions de vision, &laquo;&nbsp;leadership&nbsp;&raquo; et coordination</span></strong></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Selon l&rsquo;avis partag&eacute; par diff&eacute;rents acteurs, le tremblement de terre a aussi fourni l&rsquo;occasion &agrave; la communaut&eacute; internationale &agrave; travers ses diff&eacute;rents organes tels que (les agences multinationales, les ONG, les bailleurs de fonds) d&rsquo;exercer davantage sa mainmise sur Ha&iuml;ti. [Cependant, pour d&rsquo;autres acteurs, c&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;occasion de prouver noir sur blanc le manque de leadership et de vision des autorit&eacute;s ha&iuml;tiennes. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Un plan qui devait &ecirc;tre la boussole de la reconstruction, le Plan d&rsquo;Action pour le Rel&egrave;vement et le Redressement National<strong> </strong>(PARDN),<strong> </strong>un nombre incalculable de projets, <a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/FRDossier1Story4 " target="_blank">des douzaines de &laquo;&nbsp;cluster&nbsp;&raquo;</a> afin de planifier les actions d&rsquo;urgence&nbsp;; de nombreuses conf&eacute;rences, colloques et tables-rondes. Cependant, plusieurs &eacute;tudes t&eacute;moignent d&rsquo;un manque de coordination av&eacute;r&eacute;.</span><em><span style="color: black;" lang="FR"> <br /></span></em></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Jacques Bougha-Hagbe</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, FMI.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Le Repr&eacute;sentant du FMI pense qu&rsquo;il est important de noter comment il est difficile de coordonner l&rsquo;aide apr&egrave;s un d&eacute;sastre dans un pays pauvre. </span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Le probl&egrave;me g&eacute;n&eacute;ralement c&rsquo;est que d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; vous avez le gouvernement qui doit continuer &agrave; faire son r&ocirc;le et les bailleurs qui sont eux aussi des institutions qui ont leurs propres r&eacute;alit&eacute;s &raquo;, </span></em><span style="color: black;" lang="FR">note-il. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">N&eacute;anmoins, il ajoute qu&rsquo;il cro&icirc;t que le gouvernement ne peut pas se d&eacute;filer et qu&rsquo;il doit accepter de relever le d&eacute;fi&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Le gouvernement doit toujours garder le leadership dans la strat&eacute;gie de d&eacute;veloppement. Mais ce leadership doit &ecirc;tre &eacute;clair&eacute;, clair et digne de confiance. A mon avis les choses ne r&eacute;ussiront que si le gouvernement fait preuve d&rsquo;un leadership dans lequel les bailleurs aient confiance. Parce que personne ne pourra jamais remplacer le gouvernement.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;L&rsquo;id&eacute;al, une fois de plus, aurait &eacute;t&eacute; que le gouvernement lui-m&ecirc;me mette sur pied les m&eacute;canismes d&rsquo;acheminement &agrave; cette aide. Mais ces m&eacute;canismes doivent &ecirc;tre fiables. Cela veut dire que si un bailleur d&eacute;cide de mettre ses ressources &agrave; la disposition du gouvernement, le gouvernement utilisera les ressources d&eacute;j&agrave; pour les objectifs initiaux vis&eacute;s,&nbsp;&raquo; </span></em><span style="color: black;" lang="FR">conclue-t-il.</span></p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D30_Agclusteractors2010.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1364330655331" alt="" width="564" height="397" /></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Une carte montrant et &eacute;num&eacute;rant les dizaines d'organisations multilat&eacute;rales, <br />bilat&eacute;rales et les organisations humanitaires, tous travaillant dans le domaine agricole <br />en septembre 2010.</strong> Source : OCHA</p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Michel Pr&eacute;sum&eacute;</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, UCLBP.</span><em><span style="color: black;" lang="FR"> <br /></span></em></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Pr&eacute;sum&eacute;, sans d&eacute;tour, avoue <em>&laquo; Je ne sais pas qui est le v&eacute;ritable chauffeur </em>[de la reconstruction]<em> sauf que nous connaissons notre mandat </em>[&agrave; l&rsquo;UCLBP]<em> et notre mandat est clair. Et nous avons eu de tr&egrave;s bonnes collaborations avec toutes les institutions et nous savons ce que nous avons &agrave; faire&nbsp;&raquo;</em></span><strong><span style="color: black;" lang="FR"> <br /></span></strong></p>
<p><strong><span style="color: black; font-size: 110%;" lang="FR">Alexandre V. Abrantes</span></strong><span style="color: black;" lang="FR">, BM.</span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;C&rsquo;est le gouvernement qui a le contr&ocirc;le sur les d&eacute;cisions de la reconstruction au moins pendant le temps de la CIRH,&nbsp;&raquo; </span></em><span style="color: black;" lang="FR">d&rsquo;apr&egrave;s le repr&eacute;sentant de la BM, donnant comme exemples la reconstruction de l&rsquo;h&ocirc;pital g&eacute;n&eacute;ral (HUEH) et la Route nationale #3.</span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;La d&eacute;cision a &eacute;t&eacute; prise par le gouvernement. L&rsquo;ex&eacute;cution&hellip;, vous avez raison. Le gouvernement n&rsquo;a pas eu le contr&ocirc;le de l&rsquo;ex&eacute;cution de ces projets mais avait le contr&ocirc;le de la d&eacute;cision de faire tel projet ou tel autre&nbsp;&raquo;, </span></em><span style="color: black;" lang="FR">d&rsquo;apr&egrave;s Abrantes.<em>&nbsp; </em></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Le repr&eacute;sentant de la BM pense que le gouvernement ha&iuml;tien a regagn&eacute; le pouvoir de coordination et de direction aujourd&rsquo;hui. </span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Maintenant avec le nouveau document de la commission de la coordination de l&rsquo;aide externe, le CAED,</span></em><span style="color: black;" lang="FR"> <em>c&rsquo;est plut&ocirc;t clair que le minist&egrave;re du plan </em>[Laurent S. Lamothe] <em>a un r&ocirc;le important dans la coordination de l&rsquo;aide.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><strong><span style="color: black;" lang="FR"><span style="font-size: 110%;">Almeida Eduardo Marquez</span>, </span></strong><span style="color: black;" lang="FR">ex-repr&eacute;sentant de la BID.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">A la question &laquo;&nbsp;<em>Qui a le contr&ocirc;le de la reconstruction&nbsp;?</em>&nbsp;&raquo;, Marquez dit&nbsp;: <br /></span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Je pense que la meilleure question dans ce sens n&acute;est pas QUI A, mais c&acute;est QUI DOIT AVOIR le contr&ocirc;le.&nbsp; La r&eacute;ponse est simple&nbsp;: c&acute;est le gouvernement.&nbsp; Il n&acute;y a pas d&acute;autre moyen de reconstruire Ha&iuml;ti sans la participation des Ha&iuml;tiens, coordonn&eacute;e par le gouvernement.&nbsp;Un gouvernement capable de cr&eacute;er un plan, cibler les initiatives, g&eacute;rer bien les finances et coordonner le partenariat avec le secteur priv&eacute;, la soci&eacute;t&eacute; civile et les bailleurs de fonds, sur une base d&eacute;mocratique et autonome, est la seule solution pour la reconstruction.&nbsp; Et je vois que les dispositions sont prises maintenant en Ha&iuml;ti pour que &ccedil;a se fasse&nbsp;&raquo;.</span></em><span style="font-size: 110%;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D30_tsheltertypes.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1364330720660" alt="" width="601" height="451" /></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>Collage de photos montrant les divers &laquo; abris provisoires &raquo; construits par tout en Ha&iuml;ti par <br />environ trois douzaines d'organisations.</strong> <a href="http://www.ayitikaleje.org/journal/2011/8/22/abandonne-comme-un-chien-errant-abandoned-like-a-stray-dog.html" target="_blank">Lire plus ici</a>. Source : Shelter Cluster</p>
<p><span style="font-size: 110%;"><strong>Jean-Marie Bourjolly</strong></span><span style="color: black;" lang="FR">, professeur et ex-membre de la CIRH</span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Le PARDN il s&rsquo;agissait, je le r&eacute;p&egrave;te, d&rsquo;une &eacute;bauche de plan. J&rsquo;ajoute&nbsp;: une &eacute;bauche de plan concoct&eacute;e rapidement par la communaut&eacute; internationale pour le compte du gouvernement ha&iuml;tien, avec la participation de cadres du minist&egrave;re du Plan. Le gouvernement ha&iuml;tien l&rsquo;a ensuite pr&eacute;sent&eacute;e officiellement &agrave; cette m&ecirc;me communaut&eacute;, pour faire semblant d&rsquo;&ecirc;tre en contr&ocirc;le de quelque chose, une fiction qui n&rsquo;a tromp&eacute; personne, certainement pas la communaut&eacute; internationale, mais qui a eu pour effet de m&eacute;nager certaines susceptibilit&eacute;s nationales&hellip; </span></em><em><span style="color: black;" lang="FR">D&rsquo;autant plus qu&rsquo;il avait &eacute;t&eacute; con&ccedil;u sans la participation des acteurs de terrain qui se battaient admirablement pour faire face aux multiples probl&egrave;mes post-s&eacute;isme.&nbsp;&raquo; <br /></span></em></p>
<p class="Grillemoyenne1-Accent21"><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Si la reconstruction doit &ecirc;tre coordonn&eacute;e, elle ne peut l&rsquo;&ecirc;tre que par une organisation investie de la mission et du pouvoir de d&eacute;cider, en consultation avec les acteurs l&eacute;gitimes (minist&egrave;res, ONG, communaut&eacute; internationale, communaut&eacute;s et autorit&eacute;s locales, soci&eacute;t&eacute; civile&hellip;), de ce qui doit &ecirc;tre fait globalement et localement, selon quelle priorit&eacute;, avec quelles ressources, et de v&eacute;rifier ou faire v&eacute;rifier ce qui est en train d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; sur le terrain pour &ecirc;tre en mesure de rectifier le tir.&nbsp;&raquo; </span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D30_veneempty.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1364330794612" alt="" width="660" height="299" /></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>Maisons construites et offertes par le gouvernement du Venezuela qui sont rest&eacute;es <br />vides pendant 15 mois apr&egrave;s le s&eacute;isme. </strong><a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/journal/2011/12/14/le-cauchemar-des-maisons-de-reve-the-dream-house-nightmare.html " target="_blank">Lire plus ici.</a> Photo : AKJ / James Alexis</p>
<hr size="1" />
<p>[1] Les personnalit&eacute;s suivantes ont ignor&eacute; nos diff&eacute;rentes demandes d&rsquo;interview : le premier ministre et ministre de la planification et de la coop&eacute;ration externe Laurent S. Lamothe, le directeur g&eacute;n&eacute;ral du minist&egrave;re de la planification et de la coop&eacute;ration externe Yves Robert Jean, l&rsquo;ex-secr&eacute;taire ex&eacute;cutif de la CIRH Gabriel Verret, les envoy&eacute;s sp&eacute;ciaux du Secr&eacute;taire G&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ONU l&rsquo;ex-pr&eacute;sident am&eacute;ricain William J. Clinton et le Dr. Paul Farmer, l&rsquo;ex co-pr&eacute;sident du Fonds pour la reconstruction d&rsquo;Ha&iuml;ti (FRH) Joseph Leitman.</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/rss-comments-entry-33154059.xml</wfw:commentRss></item><item><title>« Garbage In, Garbage Out »</title><dc:creator>Haiti Grassroots Watch - Ayiti Kale Je</dc:creator><pubDate>Fri, 22 Mar 2013 17:23:31 +0000</pubDate><link>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2013/3/22/garbage-in-garbage-out.html</link><guid isPermaLink="false">684286:8086091:33095896</guid><description><![CDATA[<p>par Jane Regan, coordonnatrice d&rsquo;Ayiti Kale Je</p>
<p><strong>Port-au-Prince, 22&nbsp;mars&nbsp;2013</strong> &ndash; &laquo;&nbsp;<em>Garbage in, garbage out&nbsp;</em>&raquo; (GIGO) signifie &laquo;&nbsp;d&eacute;chets &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e, d&eacute;chets &agrave; la sortie<em>&nbsp;</em>&raquo;. Dans le jargon informatique, cela signifie que, quand les donn&eacute;es qu&rsquo;on lui fournit sont erron&eacute;es, m&ecirc;me l'ordinateur le plus sophistiqu&eacute; produira des r&eacute;sultats erron&eacute;s. &Agrave; leur insu peut-&ecirc;tre, les &eacute;lus ha&iuml;tiens, le peuple ha&iuml;tien et les d&eacute;chets ha&iuml;tiens sont aux prises avec un sc&eacute;nario GIGO potentiellement couteux et risqu&eacute;.</p>
<p>Une compagnie &eacute;trang&egrave;re d&eacute;sireuse d&rsquo;implanter en Ha&iuml;ti un incin&eacute;rateur de d&eacute;chets &agrave; valorisation &eacute;nerg&eacute;tique a induit en erreur le public ha&iuml;tien, et apparemment les autorit&eacute;s ha&iuml;tiennes, en affirmant ce qui ressemble &agrave; de fausses all&eacute;gations et en tentant d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment d&rsquo;&eacute;viter les questions soulev&eacute;es par Ayiti Kale Je (AKJ), un partenariat de journalisme d&rsquo;investigation, dans <a href="http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2013/1/21/le-projet-phoenix-qui-ne-cesse-de-renaitre.html" target="_blank">un article en date du 22&nbsp;janvier dernier</a>.</p>
<p>Dans un texte transmis au quotidien <a href="http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=113390%20" target="_blank"><em>Le Nouvelliste</em> et publi&eacute; le 8&nbsp;f&eacute;vrier 2013 sous le titre &laquo;&nbsp;<em>Le projet Phoenix pr&eacute;cise&nbsp;</em>&raquo;</a>, la compagnie <a href="http://www.iepwr.com/" target="_blank">International Electric Power (IEP)</a>, de Pittsburgh, sert un propos qui vient brouiller, plut&ocirc;t que clarifier, le projet Phoenix et les critiques qu&rsquo;il s&rsquo;attire.&nbsp;</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">Qu&rsquo;est-ce que le Projet Phoenix?</strong></p>
<p>Le <a href="http://www.iepwr.com/projects/phoenix.html" target="_blank">Projet Phoenix</a> serait un partenariat public-priv&eacute; de collecte de d&eacute;chets dans la r&eacute;gion de la capitale, ceux-ci devant &ecirc;tre incin&eacute;r&eacute;s pour fournir 30&nbsp;m&eacute;gawatts (MW) d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, qui pourrait &ecirc;tre achet&eacute; par la compagnie publique Electricit&eacute; d&rsquo;Ha&iuml;ti. Le co&ucirc;t initial du projet est d&rsquo;environ 250&nbsp;M$&nbsp;US, selon l&rsquo;IEP, qui cherche &agrave; obtenir un pr&ecirc;t de l&rsquo;Overseas Private Investment Corporation (OPIC) du gouvernement am&eacute;ricain. Une fois l&rsquo;installation construite &ndash; par une compagnie espagnole d&eacute;j&agrave; choisie par l&rsquo;IEP plut&ocirc;t que par appel d&rsquo;offres &ndash; les d&eacute;chets de la capitale, qui seraient ramass&eacute;s par des entit&eacute;s de collecte, y seraient transf&eacute;r&eacute;s, tri&eacute;s<a href="#_ftn1">[1]</a> et en partie incin&eacute;r&eacute;s.</p>
<p>L&rsquo;&Eacute;tat ha&iuml;tien poss&egrave;derait 10&nbsp;pourcent du futur partenariat public-priv&eacute;, et recevrait 50&nbsp;pourcent des profits apr&egrave;s imp&ocirc;ts (probablement apr&egrave;s remboursement du pr&ecirc;t de 250&nbsp;M$&nbsp;US), selon l&rsquo;IEP. La Boucard Waste Management et d&rsquo;autres joueurs du secteur priv&eacute; prendront part au projet.</p>
<p>Certains membres du gouvernement ha&iuml;tien appuient le projet. [Cependant, une des responsables de la gestion de&nbsp;d&eacute;chets&nbsp;pour le pays l'a&nbsp;refus&eacute;&nbsp;d&egrave;s&nbsp;le&nbsp;d&eacute;part. <a href="http://www.ayitikaleje.org/29petitfr" target="_blank">Voir ce reportage</a>.] Les repr&eacute;sentants d&rsquo;IEP ont annonc&eacute; &agrave; AKJ que les autorit&eacute;s avaient d&eacute;j&agrave; sign&eacute; deux protocoles d&rsquo;entente les engageant &agrave; payer la nouvelle compagnie pendant 30&nbsp;ans&nbsp;: l&rsquo;un, obligatoire, pour l&rsquo;op&eacute;ration des installations, et l&rsquo;autre, optionnel, pour tout achat d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;. L&rsquo;&Eacute;tat donnerait aussi un terrain au nord de Port-au-Prince. AKJ a demand&eacute; &agrave; voir les protocoles, sans succ&egrave;s. Mais le Ministre de l&rsquo;&Eacute;nergie, M.&nbsp;Ren&eacute; Jean Jumeau, affirme que &laquo;&nbsp;<em>le projet s&rsquo;ins&egrave;re dans notre plan d&rsquo;action pour le d&eacute;veloppement de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;&nbsp;</em>&raquo;.</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D29_mallorcaplant.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1363973319272" alt="" width="601" height="511" /></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Vue a&eacute;rienne de l&rsquo;usine &laquo;&nbsp;WtE &raquo; de Ros Roca de Majorque en Espagne. </strong>Source: Ros Roca</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>On vise &agrave; construire partout au pays des usines qui transformeront les d&eacute;chets en &eacute;nergie</em>&nbsp;&raquo;, a-t-il dit &agrave; AKJ le 10&nbsp;octobre 2012.</p>
<p>L&rsquo;IEP, qui existe depuis cinq ans, n&rsquo;a jamais construit ni exploit&eacute; d&rsquo;usine &laquo;&nbsp;Waste to Energy&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;d&eacute;chets [transform&eacute;s] en &eacute;nergie &raquo; / WtE) et, selon le site de la compagnie, les principaux employ&eacute;s n&rsquo;ont aucune exp&eacute;rience directe dans le domaine non plus. (M&ecirc;me si, dans son texte du 8&nbsp;f&eacute;vrier, l&rsquo;IEP pr&eacute;tend que son &eacute;quipe &laquo;&nbsp;<em>a une expertise prouv&eacute;e en collecte de r&eacute;sidus solides et leur transformation en &eacute;nergie &eacute;lectrique&nbsp;</em>&raquo;.)</p>
<p>La firme espagnole Ros Roca, pr&eacute;vue pour la construction de l&rsquo;usine, a de l&rsquo;exp&eacute;rience. Elle a construit un incin&eacute;rateur WtE g&eacute;ant &agrave; Majorque, en Espagne. Fait int&eacute;ressant, cet incin&eacute;rateur s&rsquo;est av&eacute;r&eacute; trop puissant. Les familles vivant sur l&rsquo;ile ne produisent pas suffisamment de d&eacute;chets. Ainsi, les propri&eacute;taires de l&rsquo;usine, dont Ros Roca ne fait pas partie, doivent aujourd&rsquo;hui importer 100&nbsp;000&nbsp;tonnes de d&eacute;chets de partout en Europe pour combler ce manque, malgr&eacute; <a href="http://politica.elpais.com/politica/2012/09/19/actualidad/1348054075_288736.html" target="_blank">la forte opposition de certains &eacute;lus locaux et de plusieurs groupes citoyens</a>.</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D29_Mallorcaprotest.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1363973402986" alt="" width="525" height="430" /></span></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Une des nombreuses protestations contre l'importation de d&eacute;chets sur <br />l'&icirc;le de Majorque, en Espagne. </strong>Source:<a href="http://sociedad.elpais.com/sociedad/2013/01/26/actualidad/1359213762_526486.html" target="_blank"> El Pais</a></p>
<p>En Ha&iuml;ti et &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger &ndash; multipliant documents, r&eacute;unions, voyages des fonctionnaires &agrave; Majorque, campagnes de relations publiques et entrevues &ndash; l&rsquo;IEP a vant&eacute; le projet Phoenix comme la r&eacute;ponse aux probl&egrave;mes de d&eacute;chets de la capitale et au besoin d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; du pays. La compagnie pr&eacute;tend aussi que l&rsquo;incin&eacute;rateur ne pr&eacute;sente aucun risque pour l&rsquo;environnement ou la sant&eacute;; qu&rsquo;il &laquo;&nbsp;<em>&eacute;liminera, &agrave; terme, la pratique du brulage de d&eacute;chets &agrave; ciel ouvert ainsi que les probl&egrave;mes d&rsquo;encombrement des canaux de drainage&nbsp;</em>&raquo;; qu&rsquo;il cr&eacute;era 1800&nbsp;emplois sp&eacute;cialis&eacute;s et bien r&eacute;mun&eacute;r&eacute;s, et au moins 10&nbsp;000&nbsp;emplois, suppos&eacute;ment reli&eacute;s &agrave; la collecte de d&eacute;chets.<span style="color: #262626;"> (Le texte du 8&nbsp;f&eacute;vrier pr&eacute;sente des chiffres moins &eacute;lev&eacute;s, soit 1600&nbsp;emplois bien r&eacute;mun&eacute;r&eacute;s.)</span></p>
<p><strong style="font-size: 110%;">R&eacute;v&eacute;lations troublantes, contradictions flagrantes</strong></p>
<p>Durant ses deux mois d&rsquo;enqu&ecirc;te, AKJ a d&eacute;couvert plusieurs contradictions entre ce qu&rsquo;avance l&rsquo;IEP et la r&eacute;alit&eacute; du terrain, en Ha&iuml;ti comme dans d&rsquo;autres pays &agrave; faible revenu.</p>
<p>Se fondant sur les preuves recueillies, les journalistes d&rsquo;AKJ ont conclu que les &laquo;&nbsp;d&eacute;chets solides municipaux&nbsp;&raquo; (MSW en anglais) ne pourraient probablement pas produire 30&nbsp;MW d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;. Les journalistes ont &eacute;galement soulev&eacute; la question des risques pour la sant&eacute; et l&rsquo;environnement associ&eacute;s &agrave; une usine de combustion ou d&rsquo;incin&eacute;ration. Enfin, l&rsquo;investigation a soulign&eacute; que le projet engagerait le gouvernement et les citoyens ha&iuml;tiens &agrave; payer pendant 30&nbsp;ans une compagnie surtout contr&ocirc;l&eacute;e par des investisseurs en qu&ecirc;te de profit.</p>
<p>AKJ a &eacute;galement d&eacute;couvert que la Commission int&eacute;rimaire pour la reconstruction d&rsquo;Ha&iuml;ti (CIRH), copr&eacute;sid&eacute;e par Bill Clinton et le Premier Ministre Jean Max Bellerive (2010-2011), a d&eacute;j&agrave; refus&eacute; le projet &agrave; deux reprises. Deux employ&eacute;s de la Banque Mondiale et de la Banque Interam&eacute;ricaine de D&eacute;veloppement (BID), qui &eacute;taient au fait de la proposition et qui connaissent la CIRH, ont confirm&eacute; l&rsquo;information. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux a d&eacute;clar&eacute; &agrave; AKJ&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>La Banque Mondiale et la BID ont toutes deux &eacute;tudi&eacute; le projet et l&rsquo;ont rejet&eacute; car il s&rsquo;av&egrave;rerait catastrophique pour Ha&iuml;ti</em>.&nbsp;&raquo; [Pour plus d'informations, voire <a href="http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2013/1/21/le-projet-phoenix-qui-ne-cesse-de-renaitre.html" target="_blank">Le (projet) Phoenix qui ne cesse de rena&icirc;tre</a>]</p>
<p><strong><span style="font-size: 110%;">1 &ndash; Les ordures d&rsquo;Ha&iuml;ti ne conviendraient pas &agrave; une usine d&rsquo;incineration de d&eacute;chets</span> </strong></p>
<p>Sur son site Internet et dans son texte du 8&nbsp;f&eacute;vrier, l&rsquo;IEP pr&eacute;tend que les d&eacute;chets solides d&rsquo;Ha&iuml;ti ont la &laquo;&nbsp;valeur calorifique&nbsp;&raquo; n&eacute;cessaire pour produire de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;. Or d&rsquo;apr&egrave;s les recherches d&rsquo;AKJ, ce serait plut&ocirc;t improbable.</p>
<p>Dans <a href="http://www.haitiregeneration.org/sites/hri7/files/attached_files/Haiti_Waste-to-Energy_Final_Nov-14-2010.pdf" target="_blank">une r&eacute;cente &eacute;tude (2010) sur les diverses technologies de valorisation &eacute;nerg&eacute;tique</a> convenant le mieux aux d&eacute;chets d&rsquo;Ha&iuml;ti, le Laboratoire national de l&rsquo;&eacute;nergie renouvelable du gouvernement am&eacute;ricain (NREL en anglais), recommande la digestion de la biomasse et non la combustion. &nbsp;&nbsp;</p>
<p>Le NREL note qu&rsquo;on &eacute;value la teneur des d&eacute;chets d&rsquo;Ha&iuml;ti &laquo;&nbsp;<em>&agrave; entre 65&nbsp;% et 75&nbsp;% de mati&egrave;re organique&hellip; Les ordures m&eacute;nag&egrave;res ne font pas un bon carburant pour les syst&egrave;mes de combustion ou de gaz&eacute;ification. Leur teneur en humidit&eacute; est trop &eacute;lev&eacute;e.&nbsp;</em>&raquo;</p>
<p>Dans son article du 8&nbsp;f&eacute;vrier, l&rsquo;IEP affirme que cette estimation (&laquo;&nbsp;<em>entre 65 % et 75 % de mati&egrave;re organique&nbsp;&raquo;</em>), n&rsquo;est plus &agrave; jour. La compagnie soutient que &laquo;&nbsp;<em>la composition et la valeur calorifique exc&egrave;dent les besoins n&eacute;cessaires pour assurer la production de 30 MW, m&ecirc;me en saison pluvieuse&nbsp;</em>&raquo;, en laissant croire que ceci refl&egrave;te la position du NREL et du Programme des Nations Unies pour l&rsquo;Environnement (PNUE).</p>
<p>Joints en f&eacute;vrier par AKJ, ni le NREL ni l'PNUE n&rsquo;ont confirm&eacute; cette affirmation. Les deux ont dit travailler &agrave; produire les rapports pour le gouvernement d&rsquo;Ha&iuml;ti, et que ceux-ci ne sont pas encore termin&eacute;s.</p>
<p>L&rsquo;IEP pr&eacute;tend aussi que selon ses propres recherches, les d&eacute;chets d&rsquo;Ha&iuml;ti produiraient 30&nbsp;MW. Or, la pr&eacute;tendue &eacute;tude, conduite avec peu de transparence, a &eacute;t&eacute; men&eacute;e par les firmes m&ecirc;mes qui profiteraient du projet si son financement devenait une r&eacute;alit&eacute;.</p>
<p>AKJ a d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;entreprendre sa propre recherche, pour d&eacute;couvrir un tr&egrave;s r&eacute;cent rapport (2012) de la Banque Mondiale sur les d&eacute;chets&nbsp;:<a href="http://www-wds.worldbank.org/external/default/WDSContentServer/WDSP/IB/2012/07/25/000333037_20120725004131/Rendered/PDF/681350WP0REVIS0at0a0Waste20120Final.pdf" target="_blank"> &laquo;&nbsp;What a Waste : A Global Review of Waste Management&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Quel g&acirc;chis : revue mondiale de la gestion des d&eacute;chets&nbsp;&raquo; [PDF]</a>. Selon ce rapport, pour &laquo;&nbsp;<em>les pays &agrave; faible revenu&nbsp;</em>&raquo;, la valorisation &eacute;nerg&eacute;tique des d&eacute;chets par combustion n&rsquo;est &laquo;&nbsp;<em>ni courante&hellip; ni g&eacute;n&eacute;ralement un succ&egrave;s, en raison de son grand cout en capital, technique et exploitation, ainsi que de la haute teneur en humidit&eacute; des d&eacute;chets et du grand pourcentage de mati&egrave;res inertes.&nbsp;</em>&raquo;</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D29_WasteLIC.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1363973727911" alt="" width="527" height="424" /></span></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Tableau tir&eacute; d&rsquo;un rapport de 2012 de la Banque mondiale qui montre que dans <br />les &laquo; <em>pays &agrave; faible revenu </em>&raquo;, environ 64 % des d&eacute;chets solides municipaux <br />sont organiques.</strong> Source: Rapport &laquo;&nbsp;What a waste&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D29_WasteLIC2025.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1363973877888" alt="" width="631" height="181" /></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>Tableau tir&eacute; d&rsquo;un rapport de 2012 de la Banque mondiale qui montre qu&rsquo;en 2025, <br />dans les &laquo; <em>pays &agrave; faible revenu </em>&raquo;, environ 62 % des d&eacute;chets solides municipaux <br />seront organiques.</strong> Source: Rapport &laquo;&nbsp;What a waste&nbsp;&raquo;</p>
<p>L&rsquo;&eacute;tude note que les d&eacute;chets des pays &agrave; faible revenu sont en g&eacute;n&eacute;ral constitu&eacute;s &agrave; 64&nbsp;% de mati&egrave;re organique, soit l&eacute;g&egrave;rement moins que les 65-75 % du rapport du NREL en 2010.</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">2 &ndash; Risques pour l&rsquo;environnement</strong></p>
<p>Dans son texte du 8&nbsp;f&eacute;vrier, l&rsquo;IEP accuse quiconque soul&egrave;ve la question des dangers de l&rsquo;incin&eacute;ration de faire preuve d&rsquo;&laquo;&nbsp;<em>opinion partisane</em>&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&Eacute;videmment, les incin&eacute;rateurs et les usines de combustion sont plus propres que par le pass&eacute;, mais seulement lorsqu&rsquo;ils utilisent une technologie dispendieuse et qu&rsquo;ils sont constamment soumis &agrave; une surveillance rigoureuse et on&eacute;reuse. L&rsquo;article d&rsquo;AKJ souligne certains risques associ&eacute;s &agrave; l&rsquo;incin&eacute;ration et suppose qu&rsquo;un gouvernement qui n&rsquo;arrive pas &agrave; faire respecter les r&egrave;glements environnementaux les plus simples et &eacute;l&eacute;mentaires &ndash; comme interdire la coupe d&rsquo;arbres ou l&rsquo;usage de styromousse dans l&rsquo;emballage alimentaire &ndash; ne pourrait davantage faire respecter des r&egrave;glements comme ceux en vigueur au Danemark et en Allemagne.</p>
<p>L&rsquo;IEP pr&eacute;tend aussi que &laquo;<em>&nbsp;l&rsquo;incin&eacute;ration industrielle est de plus en plus populaire dans les pays de l'Union europ&eacute;enne&nbsp;</em>&raquo;.</p>
<p>S'il est vrai que<a href="http://www.nytimes.com/2010/04/13/science/earth/13trash.html?pagewanted=all&amp;_r=0" target="_blank"> l&rsquo;Europe compte des centaines d'incin&eacute;rateurs WtE, comme les Etats-Unis d&rsquo;ailleurs</a>, il est <span style="text-decoration: underline;">faux</span> d&rsquo;admettre qu&rsquo;ils sont &laquo;&nbsp;<em>de plus en plus populaire[s]</em>&nbsp;&raquo; en Europe. <a href="http://www.euractiv.com/fr/developpement-durable/le-parlement-se-prononce-en-fave-news-234508" target="_blank">En 2007, le Parlement europ&eacute;en &eacute;mettait une directive priorisant le recyclage avant l&rsquo;incin&eacute;ration</a>, et en 2011, la Commission europ&eacute;enne publiait <a href="http://ec.europa.eu/resource-efficient-europe/pdf/resource_efficient_europe_fr.pdf" target="_blank">&laquo;&nbsp;Une Europe efficace dans l'utilisation des ressources&nbsp;&raquo;</a>, selon laquelle, en 2020, on cessera d&rsquo;incin&eacute;rer tous les d&eacute;chets pouvant &ecirc;tre compost&eacute;s ou recycl&eacute;s.</p>
<p>Enfin, l&rsquo;IEP affirme que son projet serait plus propre que le brulage de d&eacute;chets &agrave; ciel ouvert, comme on le fait partout en Ha&iuml;ti. Si c&rsquo;est peut-&ecirc;tre vrai, il existe de nombreuses autres alternatives au brulage &agrave; ciel ouvert&nbsp;: l&rsquo;adoption et la promulgation de lois, le d&eacute;veloppement d&rsquo;usines globales de gestion des d&eacute;chets, qui tiennent compte du compostage, des sites d&rsquo;enfouissement et du traitement de la biomasse.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D29_Wastepreferred.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1363974582113" alt="" width="551" height="306" /></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Tableau tir&eacute; d&rsquo;un rapport de 2012 de la Banque mondiale qui montre que l'incin&eacute;ration <br />est l&rsquo;avant dernier choix pour le traitement des d&eacute;chets solides municipaux.</strong> <br />Source: Rapport &laquo;&nbsp;What a waste&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il y a plusieurs autres facteurs environnementaux &agrave; &eacute;tudier avant d&rsquo;approuver ou de rejeter une usine d&rsquo;incin&eacute;ration, notamment le fait que pour plusieurs mati&egrave;res, l&rsquo;incin&eacute;ration produit davantage de gaz &agrave; effet de serre que le recyclage.</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">3 - Co&ucirc;ts</strong></p>
<p>L&rsquo;un des risques soulev&eacute;s par AKJ a trait &agrave; l'engagement financier inh&eacute;rent &agrave; l'entente. Dans son texte du 8&nbsp;f&eacute;vrier, l&rsquo;IEP met en avant son propre argument &eacute;conomique, pr&eacute;tendant que le projet Phoenix produirait de &laquo;&nbsp;<em>l&rsquo;&eacute;nergie &agrave; bon march&eacute;</em>&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Un r&eacute;cent rapport du US Department of Energy affirme exactement le contraire.</p>
<p>Selon une &eacute;tude du <a href="http://www.eia.gov/oiaf/beck_plantcosts/" target="_blank">&laquo;&nbsp;Updated Capital Cost Estimates for Electricity Generation&nbsp;&raquo;</a>, sur les co&ucirc;ts en capitaux et exploitation de diverses usines ou m&eacute;thodes de valorisation &eacute;nerg&eacute;tique, y compris les incin&eacute;rateurs de d&eacute;chets, les fermes &eacute;oliennes ou solaires et le traitement de la biomasse, contrairement &agrave; ce que revendique l&rsquo;IEP, les incin&eacute;rateurs &agrave; d&eacute;chets sont parmi les installations les plus couteuses &agrave; construire et &agrave; exploiter, comparativement aux autres technologies.</p>
<p>La construction d&rsquo;une nouvelle usine de 50&nbsp;MW, soit le projet Phoenix en un peu plus grand, co&ucirc;terait 8232&nbsp;$US (2010) par kilowatt (kW) de capacit&eacute;, et 376&nbsp;$US (2010) par Kw en frais fixes d&rsquo;exploitation.</p>
<p>En revanche, une usine de biomasse &agrave; &laquo;&nbsp;<em>lit fluidis&eacute; bouillonnant&nbsp;</em>&raquo; co&ucirc;terait 4755$US (2010) par kW de capacit&eacute;, et environ 100&nbsp;$US (2010) par kW en frais fixes d&rsquo;exploitation.</p>
<p>Enfin, une installation photovolta&iuml;que solaire de 150&nbsp;MW co&ucirc;terait 4755&nbsp;$US (2010) par kW &agrave; installer, et environ 17&nbsp;$US (2010) par kW en frais fixes d&rsquo;exploitation.&nbsp;</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">GIGO et les d&eacute;chets d&rsquo;Ha&iuml;ti</strong></p>
<p>AKJ ne peut pr&eacute;tendre poss&eacute;der des comp&eacute;tences approfondies en technologies de valorisation &eacute;nerg&eacute;tique. Mais le principe GIGO s&rsquo;applique clairement au projet Phoenix. Avec des donn&eacute;es erron&eacute;es, l&rsquo;&Eacute;tat et la population d&rsquo;Haiti risquent de faire une erreur capitale.</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-float-left ssNonEditable"><span><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D29_garbage1Roy.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1363974724388" alt="" width="431" height="257" /></span></span></p>
<p>Les &eacute;tudes mentionn&eacute;es plus haut d&eacute;montrent hors de tout doute que le projet Phoenix n&rsquo;est pas l&rsquo;unique &laquo;&nbsp;s<em>olution&nbsp;</em>&raquo; aux probl&egrave;mes de d&eacute;chets et d&rsquo;&eacute;nergie en Ha&iuml;ti. En fait, il s&rsquo;av&egrave;re peut-&ecirc;tre le choix le plus risqu&eacute; et le plus co&ucirc;teux. Pour des pays comme Ha&iuml;ti, la Banque Mondiale, entre autres, recommande g&eacute;n&eacute;ralement le recyclage et la r&eacute;cup&eacute;ration par compostage ou traitement de <a href="http://www.nrel.gov/learning/re_biopower.html" target="_blank">biomasse</a>, ce qui produit &agrave; la fois de l&rsquo;&eacute;nergie (en brulant le m&eacute;thane) et qui enrichit le sol avec un sous-produit.</p>
<p>Ce qui est arriv&eacute; &agrave; Majorque devrait aussi nous faire r&eacute;fl&eacute;chir. Peut-&ecirc;tre, le projet Phoenix est-il envisag&eacute; en fonction des d&eacute;chets &eacute;trangers? Ha&iuml;ti l&rsquo;a d&eacute;j&agrave; &eacute;chapp&eacute; belle avec les d&eacute;chets import&eacute;s de Pennsylvanie, l&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;o&ugrave; vient l&rsquo;IEP.</p>
<p>&nbsp;En 1998, la barge Khian Sea a jet&eacute; l&rsquo;ancre au large des Gona&iuml;ves et a commenc&eacute; &agrave; d&eacute;charger une portion de 10&nbsp;000 &agrave; 15&nbsp;000&nbsp;tonnes de cendres de l&rsquo;incin&eacute;rateur de Philadelphie. Les groupes de pression et les journalistes de Radio Ha&iuml;ti Inter ont d&eacute;nonc&eacute; avec courage et sans rel&acirc;che cette action, et r&eacute;ussi &agrave; forcer la ville de Philadelphie et l&rsquo;entrepreneur &agrave; reprendre leur cargaison toxique dix ans plus tard. Le capitaine du Khian Sea a <a href="http://articles.philly.com/1993-05-25/news/25966325_1_john-patrick-dowd-khian-sea-coastal-carriers" target="_blank">d&eacute;vers&eacute; le reste des cendres au milieu des oc&eacute;ans Indien et Atlantique</a>. [Voir ces reportages&nbsp;: <a href="http://www.syfia.info/index.php5?view=articles&amp;action=voir&amp;idArticle=82  " target="_blank">Syfia</a> et <a href="http://ban.org/ban_news/waste_to_be.html" target="_blank">IPS</a>]</p>
<p>Sans l&rsquo;enti&egrave;re compr&eacute;hension de tous les faits, donn&eacute;es, co&ucirc;ts et risques associ&eacute;s aux diverses m&eacute;thodes de traitement des d&eacute;chets municipaux et aux d&eacute;fis &eacute;nerg&eacute;tiques, le gouvernement ha&iuml;tien risque de conclure une entente tr&egrave;s couteuse pour l&rsquo;&Eacute;tat et les contribuables. Les autorit&eacute;s ha&iuml;tiennes et les agences qui les conseillent doivent jouer cartes sur table, r&eacute;v&eacute;ler les possibles conflits d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts li&eacute;s au projet. Le NREL et le PNUE doivent publier leurs r&eacute;sultats au plus t&ocirc;t.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 120%;">Voir <a href="http://www.ayitikaleje.org/29petitfr">Une cadre de l&rsquo;Etat rejette le Projet Phoenix</a></span></p>
<hr size="1" />
<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> Le projet de l&rsquo;IEP comporte une certaine contradiction&nbsp;: le tri efficace des d&eacute;chets urbains impliquerait qu&rsquo;on en extrait les mati&egrave;res m&ecirc;mes qui brulent &agrave; tr&egrave;s haute temp&eacute;rature.</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/rss-comments-entry-33095896.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Deux journalistes agressés à Savanette par un individu travaillant pour World Vision</title><dc:creator>Haiti Grassroots Watch - Ayiti Kale Je</dc:creator><pubDate>Fri, 22 Mar 2013 14:03:04 +0000</pubDate><link>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2013/3/22/deux-journalistes-agresses-a-savanette-par-un-individu-trava.html</link><guid isPermaLink="false">684286:8086091:33094865</guid><description><![CDATA[<p><strong><span style="color: #434343;" lang="FR">Port-au-Prince, HAITI, 21 mars 2013</span></strong><span style="color: #434343;" lang="FR"> [AlterPresse] &ndash; Deux journalistes ha&iuml;tiens ont &eacute;t&eacute; agress&eacute;s par un individu travaillant pour l&rsquo;institution humanitaire <a href="http://www.worldvision.org/our-work/international-work/haiti/" target="_blank">World Vision</a>, le lundi 18 mars 2013 &agrave; Savanette, localit&eacute; situ&eacute;e &agrave; 160 km &agrave; l&rsquo;est de Port-au-Prince.</span></p>
<p><em><span style="color: #434343;" lang="FR">[</span>R&eacute;ponse de WV : ci-dessous]</em></p>
<p><span style="color: #434343;" lang="FR">Evens Louis, journaliste reporter d&rsquo;images &agrave; l&rsquo;unit&eacute; <a href="http://www.acces-medias.org/" target="_blank">Acc&egrave;s-M&eacute;dias</a> du <a href="http://www.medialternatif.org/" target="_blank">Groupe M&eacute;dialternatif</a> et Lafontaine Orvild journaliste-enqu&ecirc;teur du partenariat m&eacute;diatique Ayiti Kale Je, ont &eacute;t&eacute; verbalement agress&eacute;s et l&rsquo;un d&rsquo;entre eux a m&ecirc;me &eacute;t&eacute; frapp&eacute; par cet individu.</span></p>
<p><span style="color: #434343;" lang="FR">L&rsquo;agression s&rsquo;est produite au moment o&ugrave; l&rsquo;&eacute;quipe filmait une activit&eacute; de distribution de nourriture en plein air, organis&eacute;e par l&rsquo;institution humanitaire.</span></p>
<p><span style="color: #434343;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; bouscul&eacute; et frapp&eacute; en plein visage par cet individu qui portait un gilet de World Vision</em>&nbsp;&raquo;, indique Orvild, pr&eacute;cisant qu&rsquo;apr&egrave;s son forfait l&rsquo;agresseur a pris place &agrave; bord d&rsquo;un v&eacute;hicule de l&rsquo;organisation humanitaire.</span></p>
<p><span style="color: #434343;" lang="FR">L&rsquo;individu a &eacute;galement essay&eacute; de confisquer et d&rsquo;endommager les &eacute;quipements des journalistes, d&eacute;p&ecirc;ch&eacute;s sur le terrain dans le cadre d&rsquo;une investigation journalistique qui implique &eacute;galement l&rsquo;agence en ligne<a href="http://www.alterpresse.org/" target="_blank"> AlterPresse</a>.</span></p>
<p><span style="color: #434343;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>C&rsquo;est terrible de constater que la libert&eacute; de la presse a du plomb dans l&rsquo;aile</em>&nbsp;&raquo;, opine le collaborateur de Ayiti Kale Je.</span></p>
<p><span style="color: #434343;" lang="FR">T&eacute;moin de l&rsquo;incident, l&rsquo;enseignante Mimose Sanon d&eacute;clare &agrave; AlterPresse qu&rsquo;elle a observ&eacute; la sc&egrave;ne, lorsque l&rsquo;individu a bouscul&eacute; les journalistes et frapp&eacute; l&rsquo;un d&rsquo;entre eux avant de leur intimer l&rsquo;ordre de &laquo;&nbsp;<em>cesser le tournage sous pr&eacute;texte que l&rsquo;institution pour laquelle il travaille l&rsquo;interdit&nbsp;</em>&raquo;.</span></p>
<p><span style="color: #434343;" lang="FR">L&rsquo;op&eacute;ration de distribution de nourriture se d&eacute;roulait dans un espace ouvert situ&eacute; au bord d&rsquo;une rivi&egrave;re.</span></p>
<p><span style="color: #434343;" lang="FR">Des t&eacute;moins rapportent que le pire aurait pu se produire sans l&rsquo;intervention de personnes pr&eacute;sentes pour essayer de calmer la situation.</span></p>
<p><span style="color: #434343;" lang="FR">Le Groupe M&eacute;dialternatif condamne avec la derni&egrave;re rigueur cet acte qui constitue une entrave &agrave; la libert&eacute; d&rsquo;informer et entreprendra les d&eacute;marches n&eacute;cessaires pour interpeler les responsables de Word Vision au niveau national et international sur ce comportement inacceptable.</span></p>
<p><span style="color: #434343;" lang="FR">Les responsables de World Vision doivent savoir que les activit&eacute;s d&rsquo;une organisation, quelle qu&rsquo;elle soit, et qui concernent la population dans un espace g&eacute;ographique donn&eacute;, ne sauraient, en aucun cas, &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;es comme des op&eacute;rations priv&eacute;es. [mm gp apr 21/03/2013 11:50]</span></p>
<p><span style="color: #434343;" lang="FR">Article original - </span><a href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article14297" target="_blank">http://www.alterpresse.org/spip.php?article14297</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><strong><span style="color: black;">D&eacute;claration de Jean Claude Mukadi</span></strong></h2>
<p><span style="color: black;">Directeur national en Ha&iuml;ti, World Vision</span></p>
<p><span style="color: black;">Le 22 mars 2013</span></p>
<p><strong><span style="color: black;">&nbsp;</span></strong></p>
<p><span style="color: black;">La World Vision d&eacute;plore l&rsquo;incident survenu le 18 mars et impliquant des journalistes de la plateforme Ayiti Kale Je (dont AlterPresse est un membre) sur l&rsquo;un de nos sites de distribution de nourriture, &agrave; Calumette, une localit&eacute; de la commune de Savanette.</span></p>
<p><span style="color: black;">La World Vision a lanc&eacute; une enqu&ecirc;te sur la question et, s&rsquo;il en r&eacute;sulte que l&rsquo;un de nos employ&eacute;s a agi de fa&ccedil;on incorrecte et non professionnelle, elle prendra les mesures disciplinaires ad&eacute;quates. La presse sera inform&eacute;e des r&eacute;sultats de ces investigations d&egrave;s qu&rsquo;elles seront termin&eacute;es.</span></p>
<p><span style="color: black;">De plus, si AlterPresse d&eacute;termine qu&rsquo;elle veut elle aussi mener sa propre enqu&ecirc;te, la World Vision lui fournira son enti&egrave;re collaboration.</span></p>
<p><span style="color: black;">La World Vision r&eacute;affirme son engagement pour des relations ouvertes et de confiance avec les repr&eacute;sentants de la presse, que ce soit en Ha&iuml;ti ou dans n&rsquo;importe laquelle des quelques 100 nations dans lesquelles nous sommes au service des populations vuln&eacute;rables. En Ha&iuml;ti, nous appr&eacute;cions l&rsquo;excellente collaboration de notre personnel avec les journalistes sur lesquels nous comptons pour informer le grand public de nos programmes. R&eacute;cemment, la World Vision a conduit une visite guid&eacute;e dans le Nord qui a permis &agrave; un groupe de journalistes de la Capitale de voir l&rsquo;impact de nos programmes dans certaines des zones les plus recul&eacute;es du pays.</span></p>
<p><span style="color: black;">Notre organisation travaille en Ha&iuml;ti depuis 1959 et nous restons engag&eacute;s &agrave; travailler avec le peuple ha&iuml;tien, les agences gouvernementales et autres organisations humanitaires pour aider &agrave; apporter des solutions durables pour l&rsquo;avenir des enfants, des familles et des communaut&eacute;s.</span></p>
<p><span style="color: black;">Personne-contact : M&eacute;ron&eacute; Jean Wickens ; (+) 509-3454-0454 ; </span><span style="color: blue;">jean-wickens_merone@wvi.org</span></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/rss-comments-entry-33094865.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Le Parc Industriel de Caracol : A qui profitera le pari ?</title><dc:creator>Haiti Grassroots Watch - Ayiti Kale Je</dc:creator><pubDate>Thu, 07 Mar 2013 16:17:58 +0000</pubDate><link>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2013/3/7/le-parc-industriel-de-caracol-a-qui-profitera-le-pari.html</link><guid isPermaLink="false">684286:8086091:32935826</guid><description><![CDATA[<p><strong>Caracol et Port-au-Prince, 7 mars 2013 &ndash; </strong>En octobre 2012, le gouvernement ha&iuml;tien, ainsi que plusieurs autorit&eacute;s des &laquo;&nbsp;pays amis&nbsp;&raquo; d&rsquo;Ha&iuml;ti, ont vu chacun leur r&ecirc;ve se mat&eacute;rialiser : l&rsquo;inauguration d&rsquo;un g&eacute;ant parc industriel qui, selon eux, allait cr&eacute;er 20.000 et peut-&ecirc;tre 65.000 emplois. C&rsquo;est l&rsquo;un parmi les plus importants travaux de &laquo; reconstruction &raquo; depuis la catastrophe du 12 janvier 2010.</p>
<p>Le pr&eacute;sident ha&iuml;tien Michel Joseph Martelly &eacute;tait l&agrave;, en personne, pour la c&eacute;r&eacute;monie inaugurale du Parc Industriel de Caracol (PIC). Des officiels ha&iuml;tiens et &eacute;trangers, multimillionnaires, acteurs, ont fait le d&eacute;placement pour le lancement officiel du projet phare du gouvernement. Une fois de plus, les autorit&eacute;s ont scand&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Ha&iuml;ti est ouverte aux affaires</em>&nbsp;&raquo;.<sup> </sup><sup>&dagger;</sup></p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D28_vue.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1362673227082" alt="" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Vue a&eacute;rienne du parc.</strong> Source: <a href="http://ute.gouv.ht/caracol/" target="_blank">Site web Parc industriel du Caracol</a></p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Nous avons appuy&eacute; le parc de Caracol en particulier, parce que nous savions qu&rsquo;il allait &ecirc;tre un &eacute;v&egrave;nement extraordinaire pour la r&eacute;gion Nord. Le parc peut amener la d&eacute;centralisation au niveau de la m&eacute;tropole du Nord, et donnera du travail aux gens de mani&egrave;re extraordinaire&nbsp;</em>&raquo;, explique &agrave; Ayiti Kale Je (AKJ) la ministre ha&iuml;tienne des Affaires sociales de l&rsquo;&eacute;poque, Jos&eacute;pha Raymond Gauthier.</p>
<p>Pourtant, l&rsquo;enqu&ecirc;te men&eacute;e par Ayiti Kale Je montre que le nombre d&rsquo;emplois promis par les autorit&eacute;s n&rsquo;a pas encore atteint le niveau &laquo;&nbsp;<em>extraordinaire</em>&nbsp;&raquo;, ajout&eacute; &agrave; certaines promesses non encore tenues.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 110%;"><strong>&Eacute;couter le programme audio </strong>(en cr&eacute;ole)</span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 110%;"><!-- BYOAudio.com Player code BEGIN --> </span></p>
<div class="vs-video-wrapper" style="padding-left: 30px;"><iframe src="http://www.byoaudio.com/playweb?audioid=M4e29d9522a25c77f96898526863c7a90ZVp5S39uY2N3W2kpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV&onLoad=&buffer=5&fc=E8E8E8&pc=ffda6d&kc=6c99d4&bc=FFFFFF&xml=http%3A%2F%2Fwww.byoaudio.com%2Fxcv%2FM4e29d9522a25c77f96898526863c7a90ZVp5S39uY2N3W2kpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV.xml&xmlURL=http%3A%2F%2Fwww.byoaudio.com%2Fxcv%2FM4e29d9522a25c77f96898526863c7a90ZVp5S39uY2N3W2kpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV.xml&player=lpa40" height="30" width="350" frameborder="0" scrolling="no"></iframe></div>
<div class="vs-video-wrapper" style="padding-left: 30px;"><strong style="font-size: 110%;">T&eacute;l&eacute;charger le programme audio</strong></div>
<div class="vs-video-wrapper" style="padding-left: 30px;"><strong style="font-size: 110%;"><a href="http://ayitikaleje.byoaudio.com/files/media/fca6c8b2-e5b8-4bd0-d211-6e0de79f63a8.mp3"><img src="http://www.byoaudio.com/client/web/click2download.gif" width="120" height="48" border="0"/></a><br /></strong></div>
<!-- BYOAudio.com Player code END -->
<p>&nbsp;</p>
<p>Une ann&eacute;e apr&egrave;s son ouverture, seulement 1.388 personnes travaillent au parc dont 26 &eacute;trangers et 24 agents de s&eacute;curit&eacute;. Les recherches ont r&eacute;v&eacute;l&eacute; aussi qu&rsquo;&agrave; la fin d&rsquo;une journ&eacute;e de travail, un &eacute;chantillonnage des ouvriers ne sort pas avec plus de 57 gourdes (1,36 $ US), des 200 gourdes (4,75 $ US) du salaire journalier.</p>
<p>AKJ a appris &eacute;galement que la majorit&eacute; des agriculteurs d&eacute;plac&eacute;s qui cultivaient 250 hectares de terres fertiles &agrave; Chabert, sont toujours sans terre.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Avant, Caracol &eacute;tait le grenier du d&eacute;partement du Nord-Est&nbsp;</em>&raquo;, explique l&rsquo;agriculteur expuls&eacute; Breus Wilcien. &laquo;&nbsp;<em>A ce pr&eacute;sent moment, il y a une raret&eacute; de produits agricoles sur les march&eacute;s de la zone. Nous v&eacute;g&eacute;tons dans la mis&egrave;re.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Waldins Paul, agriculteur expuls&eacute; et membre de l&rsquo;Association des travailleurs de Caracol (ADTC) explique :</p>
<p style="padding-left: 30px;">&laquo;&nbsp;<em>Pour moi, [le parc] a ses bons et mauvais c&ocirc;t&eacute;s... Le bon c&ocirc;t&eacute;, c&rsquo;est qu&rsquo;il y avait plein de gens qui ne faisaient rien, qui baillaient aux corneilles, mais [le travail au parc] ce n&rsquo;est pas tout &agrave; fait &ccedil;a, sachant que 200 gourdes ne peuvent rien faire pour quelqu&rsquo;un. Le pire, c&rsquo;est que le parc va appauvrir la zone qui &eacute;tait le grenier du Nord et du Nord-Est.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le PIC est un projet des gouvernements am&eacute;ricain, ha&iuml;tien et de la Banque Interam&eacute;ricaine de D&eacute;veloppent (BID) pour lequel les d&eacute;penses de la 1<sup>ere </sup>phase d&rsquo;impl&eacute;mentation s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent, au moins, &agrave; 250 millions $ US. Pr&egrave;s de la moiti&eacute; de ce montant, soit 120 million $ US, provient des citoyens am&eacute;ricains. Par la suite, beaucoup d&rsquo;argent a &eacute;t&eacute; d&eacute;pens&eacute; dans les &eacute;tudes, l&rsquo;infrastructure routi&egrave;re et l&rsquo;indemnisation des paysans d&eacute;poss&eacute;d&eacute;s de leur terre. [Voir aussi <a href="http://www.ayitikaleje.org/28_fr" target="_blank"><strong>Caracol en chiffres</strong></a>]</p>
<p><strong><span style="font-size: 110%;">&laquo;&nbsp;<em>Les mauvais c&ocirc;t&eacute;s&nbsp;</em>&raquo; </span><br /></strong></p>
<p>Le cataclysme de janvier 2010 a provoqu&eacute; le d&eacute;placement de 1.3 million de personnes de L&eacute;og&acirc;ne et de la capitale. Mais il n&rsquo;y a pas que de ces endroits a avoir &eacute;t&eacute; affect&eacute;s. Le parc industriel a lui aussi fait des d&eacute;plac&eacute;s, en l&rsquo;occurrence, les 366 familles qui exploitaient les 250 hectares de terres fertiles o&ugrave; s&rsquo;est implant&eacute; le parc. [Voir <strong><a href="http://www.ayitikaleje.org/11_6_fr" target="_blank">AKJ 11 #6</a> et<a href="http://www.ayitikaleje.org/11_7_fr" target="_blank"> #7</a></strong> sur le choix du site.] &nbsp;L&rsquo;habitation de Chabert a assur&eacute; la survie d&rsquo;&agrave; peu pr&egrave;s 2.500 personnes constituant les familles expropri&eacute;es, et 750 agriculteurs qui y ont travaill&eacute;, au minimum, 100 jours chaque ann&eacute;e.</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D28_GinaSaintLouis_GhimpsPierreVil.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1362673509012" alt="" width="558" height="369" /></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>M&egrave;re et fils, Gina Saint Louis, 50 ans, et Ghimps Saint Vil, 27 ans</strong>. Photo: Lafontaine Orvild/AKJ</p>
<p>Depuis novembre 2011, le gouvernement a r&eacute;quisitionn&eacute; l&rsquo;espace qu&rsquo;occupaient les cultivateurs pour le rev&ecirc;tir de b&eacute;ton, d&rsquo;asphalte et y &eacute;riger de gros hangars pr&eacute;vus pour abriter les usines.</p>
<p>Un organisme du minist&egrave;re de l&rsquo;Economie et des Finances, l&rsquo;Unit&eacute; Technique d&rsquo;Ex&eacute;cution (UTE), a pour mission de planifier la relocalisation des paysans et de veiller &agrave; leur indemnisation pour compenser la perte de r&eacute;colte en cours, et ceci, jusqu&rsquo;&agrave; qu&rsquo;ils aient, de nouveau, une parcelle o&ugrave; travailler. Chaque agriculteur re&ccedil;oit 1.450 $ US (60.900 gourdes) par hectare, et 1.000 $ US (42.000 gourdes) en plus pour la s&eacute;curit&eacute; alimentaire, car si les paysans vendaient les denr&eacute;es cultiv&eacute;es, ils s&rsquo;en servaient &eacute;galement pour l&rsquo;autoconsommation. (AKJ ignore si ces travailleurs agricoles ont re&ccedil;u des d&eacute;dommagements.)</p>
<p>UTE a indiqu&eacute; &agrave; AKJ qu&rsquo;en janvier 2013 l&rsquo;Etat a vers&eacute; &agrave; deux reprises la compensation aux paysans expropri&eacute;s pour perte de r&eacute;colte, car, deux r&eacute;coltes ont &eacute;t&eacute; perdues. Les cultivateurs tardent &agrave; trouver leur &laquo;&nbsp;<em>terre promise</em>&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce qui signifie aussi une double perte de 1.400 tonnes m&eacute;triques (TM), ou 2.800 TM, de produits agricoles, &eacute;quivalant &agrave; environ 100.000 boisseaux de f&egrave;ves s&eacute;ch&eacute;s, et aussi les d&eacute;bours de 1.2 millions $ US (plus de 50 millions de gourdes) pour les paiements aux d&eacute;plac&eacute;s, en plus d&rsquo;un million $ US d&eacute;pens&eacute;s par l&rsquo;UTE pour ce programme d&rsquo;accompagnement et relocalisation. [Voir aussi <a href="http://www.ayitikaleje.org/28_fr" target="_blank"><strong>Caracol en chiffres</strong></a>]</p>
<p>Verly Davilmar va recevoir 35.000 gourdes (833 $ US) pour sa r&eacute;colte perdue. Autrefois, il travaillait un demi-hectare de terre o&ugrave; il cultivait&nbsp;de l&rsquo;igname, du manioc et de l&rsquo;&eacute;pinard. Aujourd&rsquo;hui non. Point de terre. Il reste chez lui. Sa famille compte 10 personnes.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Ce qu&rsquo;ils ont donn&eacute;&nbsp; passe comme un &eacute;clair</em> &raquo;, confie-t-il &agrave; AKJ. &laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;argent n&rsquo;entre pas. Tu n&rsquo;as pas de terre, tu es oblig&eacute; de rester sans rien</em>&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D28_AlfredJoseph.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1362673646775" alt="" width="575" height="598" /></span></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Alfred Joseph, 52 ans, agriculteur qui a perdu la terre travaill&eacute;e <br />par lui et sa famille durant plusieurs d&eacute;cennies. <br />&laquo; <em>Ma petite parcelle de terre est maintenant recouverte de b&eacute;ton. <br />Quelles options pour un viellard?</em> &raquo;</strong> Photo: Lafontaine Orvild/AKJ</p>
<p>Le directeur de l&rsquo;UTE a fait savoir que son bureau avance vers une solution. Un espace a &eacute;t&eacute; trouv&eacute; dans les environs de Glaudine. &nbsp;</p>
<p>&laquo;<em>Notre premi&egrave;re priorit&eacute; est de donner des terres aux paysans, pour qu&rsquo;ils puissent travailler. Mais une fois qu&rsquo;ils seront en possession de la terre, le travail ne sera pas fini. Nous nous chargerons de leur donner des titres r&eacute;guliers de fermage. La Direction G&eacute;n&eacute;rale des imp&ocirc;ts (DGI) doit nous accompagner dans le processus</em>&nbsp;&raquo;, explique Michael Delandsheer. Ensuite, &laquo;&nbsp;<em>Nous aurons &agrave; les encadrer, pour qu&rsquo;ils aient des productions meilleures que celles qu&rsquo;ils avaient auparavant</em>&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Apr&egrave;s pr&egrave;s de deux ans de promesses, les agriculteurs de Caracol restent sceptiques. Et peut-&ecirc;tre avec raison, car dans la zone de Ouanaminthe, c&rsquo;&eacute;tait la m&ecirc;me histoire avec le parc industriel de CODEVI. Jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, certains n&rsquo;ont jamais re&ccedil;u de terres.</p>
<p>Des promesses d&rsquo;emploi ont &eacute;t&eacute; faites aussi aux familles de d&eacute;plac&eacute;s, selon eux.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>On a promis &agrave; notre famille qu&rsquo;elle allait pouvoir travailler </em>[dans le PIC], <em>mais toujours est-il que nous n&rsquo;avons re&ccedil;u aucune offre d&rsquo;emploi </em>&raquo;, note Davilmar.</p>
<p>Le maire adjoint de Caracol est &eacute;galement d&eacute;&ccedil;u. Au d&eacute;part, Vilsaint Joseph n&rsquo;&eacute;tait pas tout &agrave; fait en faveur du parc, mais il a gard&eacute; un esprit ouvert en ce qui a trait &agrave; l&rsquo;id&eacute;e, dit-il. Il se dit content que la commune ait pu b&eacute;n&eacute;ficier de l&rsquo;&eacute;nergie &eacute;lectrique gr&acirc;ce &agrave; la centrale construite par les Etats-Unis. N&eacute;anmoins, ce n&rsquo;est pas la population de Caracol qui profite des emplois du parc.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Des personnes &acirc;g&eacute;es de 32 ans sont all&eacute;es suivre des formations mais n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; retenues &agrave; cause d&rsquo;un flot de jeunes de 22 ans. Je trouve cela vexant pour quelqu&rsquo;un qui a suivi une formation de 3 mois et &agrave; qui &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e on d&eacute;clare qu&rsquo;il ne peut pas travailler </em>&raquo;, d&eacute;plore le maire.</p>
<p>Parmi ses pr&eacute;occupations, figure la baisse consid&eacute;rable de la production agricole dans la zone, parce qu&rsquo;avant, &laquo;&nbsp;<em>lors de la r&eacute;colte, les camions transportaient du ma&iuml;s et des haricots vers Port-au-Prince.&nbsp;</em>&raquo;</p>
<p>Sur une douzaine de familles paysannes interview&eacute;es par AKJ, toutes ont fait remarquer que l&rsquo;indemnit&eacute; se r&eacute;v&egrave;le insuffisante, et certaines n&rsquo;arrivent m&ecirc;me pas &agrave; assurer l&rsquo;&eacute;colage de leurs enfants.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Nous pensons organiser un &lsquo;sit-in&rsquo; pour exiger des autorit&eacute;s qu&rsquo;ils nous donnent des terres, afin que nous puissions travailler&nbsp;&raquo;,</em> r&eacute;v&eacute;le Bre&uuml;s Wilcien &agrave; AKJ dans un entretien t&eacute;l&eacute;phonique<em>. </em></p>
<p>Wilcien a re&ccedil;u 42.000 gourdes (1.000 $ US), mais avoue &ecirc;tre dans l&rsquo;impossibilit&eacute; de payer la scolarit&eacute; de ses enfants.<em> &laquo;&nbsp;Toute la maison en souffre. On a toujours dans notre jardin du manioc. Quand &ccedil;a va mal, on va au jardin en r&eacute;colter un morceau, avec lequel&nbsp; l&rsquo;on pr&eacute;pare soit du pain doux, soit on le mange ainsi. Nous souffrons en ce moment</em>&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">Les &laquo;&nbsp;b&eacute;n&eacute;ficiaires&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Si les agriculteurs et leurs familles pouvaient &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s comme des &laquo;&nbsp;<em>perdants</em>&nbsp;&raquo;, au moins pour l'instant, il y en a que le gouvernement et ses partenaires consid&egrave;rent comme des &laquo;&nbsp;<em>b&eacute;n&eacute;ficiaires&nbsp;</em>&raquo;, parce qu&rsquo;ils ont trouv&eacute; un emploi. En fait&nbsp; tous les documents sur la reconstruction parlent de la n&eacute;cessit&eacute; de &laquo;&nbsp;<em>cr&eacute;er du travail</em> &raquo;. Le PIC est pr&eacute;sent&eacute; comme le plus grand &laquo; <em>succ&egrave;s</em> &raquo; &agrave; ce jour.</p>
<p>AKJ s&rsquo;est entretenu avec 15 ouvriers, des hommes et des femmes, qui travaillent &agrave; l&rsquo;usine cor&eacute;enne qui accueille la majorit&eacute; des travailleurs du parc. Cette usine d&rsquo;assemblage &ndash; S &amp; H Global &ndash; est une filiale de SAE-A Trading. Elle assemble des v&ecirc;tements pour de grandes compagnies &eacute;tasuniennes, notamment&nbsp;: JC Penny, WalMart et autres.</p>
<p>Tous les ouvriers et ouvri&egrave;res &ndash; la majorit&eacute; est constitu&eacute;e d&rsquo;ouvri&egrave;res, comme dans toutes les usines d'assemblage &agrave; travers le monde &ndash; confirment qu&rsquo;ils re&ccedil;oivent le salaire minimum de 200 gourdes (4,75 $ US) par jour. Parmi les ouvriers interrog&eacute;s, 11 pr&eacute;cisent qu&rsquo;ils d&eacute;pensent en moyenne 61 gourdes pour le transport et 82 gourdes pour la nourriture et le rafraichissement. Il ne leur reste que 57 gourdes ou 1,36 $ US pour les d&eacute;penses suppl&eacute;mentaires&nbsp;: l&rsquo;eau, l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;,&nbsp; la nourriture de la famille, les v&ecirc;tements, l&rsquo;&eacute;colage des enfants, etc. [Voir aussi <a href="http://www.ayitikaleje.org/11_1_fr " target="_blank"><strong>AKJ Dossier 11 #1</strong></a>]</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Ce salaire ne me permet pas de vivre, il ne peut rien faire pour moi </em>&raquo;, d&eacute;clare&nbsp; Annette.*</p>
<p>Autrefois cette m&egrave;re de quatre enfants a travaill&eacute; au parc industriel de CODEVI, &agrave; Ouanaminthe. Elle habite &agrave; Ouanaminthe et se l&egrave;ve de tr&egrave;s t&ocirc;t pour se rendre au PIC. Elle a quitt&eacute; son emploi pour un nouvel emploi au PIC avec l&rsquo;espoir que sa condition s&rsquo;am&eacute;liorerait, dit-elle. Elle s&rsquo;est tromp&eacute;e.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Les conditions ne jouent pas en ma faveur&nbsp;</em>&raquo;, explique-t-elle, mais elle ne sait pas quoi faire d&rsquo;autre. C&rsquo;est la situation de plusieurs milliers d&rsquo;Ha&iuml;tiens qui acceptent un salaire de 200 gourdes.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D28_peche.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1362674359495" alt="" width="622" height="301" /></p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>Un p&ecirc;cheur ancre son bateau dan la baie de Caracol. La p&ecirc;che est une source importante d&rsquo;emploi <br />dans la r&eacute;gion. La BID a promis d&rsquo;aider les p&ecirc;cheurs de Caracol en les fournissant des moteurs <br />et autres formes d&rsquo;assistance.</strong> Photo: Lafontaine Orvild/AKJ</p>
<p>L&rsquo;&eacute;conomiste ha&iuml;tien Fr&eacute;d&eacute;rick G&eacute;rald Ch&eacute;ry pense que le gouvernement ha&iuml;tien a fait une mauvaise approche de la question du salaire minimum, et en mettant l&rsquo;accent sur les usines d&rsquo;assemblage, o&ugrave; les ouvriers touchent rarement plus que &ccedil;a. En plus d&rsquo;&ecirc;tre insuffisant pour survivre, le professeur de l&rsquo;Universit&eacute; d&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Ha&iuml;ti note qu&rsquo;un salaire de 200 gourdes ne peut pas contribuer &agrave; la croissance d&rsquo;autres secteurs dans l&rsquo;&eacute;conomie.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il faut calculer ce que l&rsquo;ouvrier gagne et ce qu&rsquo;il peut acheter avec. Ce qu&rsquo;il peut acheter est le plus important. On ne doit pas fixer le salaire minimum en termes absolus, mais en termes de paniers de biens&nbsp;&raquo;</em>, note Ch&eacute;ry dans une interview &agrave; AKJ en novembre 2012. <em>&laquo;&nbsp;On ne peut encourager un ouvrier &agrave; acheter du riz qui provient des &Eacute;tats-Unis, ou de la R&eacute;publique Dominicaine. Un salaire minimum, c&rsquo;est pour acheter des produits locaux</em>&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Flora* qui attendait le bus pour rentrer chez elle au Cap-Haitien apr&egrave;s une dure journ&eacute;e de travail, n&rsquo;a pas cach&eacute; son enthousiasme &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de parler &agrave; un journaliste, en d&eacute;pit de son air ext&eacute;nu&eacute;.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>C&rsquo;est Dieu qui t&rsquo;a envoy&eacute;, j&rsquo;avais besoin d&rsquo;un journaliste pour raconter ce que nous subissons au parc</em>&nbsp;&raquo;, dit-elle. &laquo;&nbsp;<em>On nous hurle dessus comme des b&ecirc;tes.&nbsp; Les nourritures qui nous sont destin&eacute;es sont mal pr&eacute;par&eacute;es. On ne r&eacute;serve que de l&rsquo;eau chaude pour notre consommation. J&rsquo;ai pass&eacute; une journ&eacute;e &agrave; travailler sans un cache-nez. La poussi&egrave;re envahit mes narines</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Les commentaires des ouvriers ne contredisent pas <a href="http://betterwork.org/global/?p=1674 " target="_blank">un r&eacute;cent rapport de &laquo;&nbsp;Better Work&nbsp;&raquo;</a>, une agence du Bureau international du travail des Nations unies, qui a d&eacute;couvert que la moiti&eacute; des 22 usines de sous-traitance dans la zone m&eacute;tropolitaine est &laquo;&nbsp;<em>en non-conformit&eacute;&nbsp;</em>&raquo; par rapport aux conditions de travail. Seize des 22 usines n&rsquo;ont pas de temp&eacute;rature &laquo;&nbsp;<em>acceptable</em>&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Interrog&eacute; sur le salaire et les conditions de travail dans son usine &agrave; Caracol, un repr&eacute;sentant de la SAE-A, contact&eacute; par courrier &eacute;lectronique, avoue respecter le code du travail ha&iuml;tien. Nonobstant, lorsque AKJ a demand&eacute; de visiter l&rsquo;usine, afin d&rsquo;en savoir plus sur les conditions de travail, SAE-A ne l&rsquo;a pas permis. Plus r&eacute;cemment, un syndicaliste a dit vouloir tenter de visiter l&rsquo;usine pour explorer les conditions de travail des ouvriers, mais SAE-A lui a interdit l&rsquo;acc&egrave;s aussi.</p>
<p>L&rsquo;investigation qu&rsquo;a r&eacute;alis&eacute;e AKJ aupr&egrave;s des ouvriers de S &amp; H Global &agrave; Caracol a d&eacute;voil&eacute;&nbsp;que sur l&rsquo;&eacute;chantillonnage de 15 ouvriers et ouvri&egrave;res, 80 pourcent disent qu&rsquo;ils ont r&eacute;alis&eacute; que le salaire ne vaut pas la peine.</p>
<p>&laquo; <em>C&rsquo;est ne pas la peine d&rsquo;y travailler</em>.<em> Les superviseurs ne nous respectent pas. Ils ne nous consid&egrave;rent pas comme des &ecirc;tres humains. Ils nous frappent avec les v&ecirc;tements&nbsp;</em>&raquo;, t&eacute;moigne Adeline.*</p>
<p>Commer&ccedil;ante dans le pass&eacute;, Adeline dit qu&rsquo;elle pr&eacute;f&egrave;re reprendre son ancienne activit&eacute; que de continuer &agrave; bosser dans ces conditions.</p>
<p>L&rsquo;ex-ministre des Affaires Sociales reconnait que le salaire est bas dans une entrevue accord&eacute;e &agrave; AKJ. Elle ne fait que r&eacute;p&eacute;ter les m&ecirc;mes justifications des propri&eacute;taires d&rsquo;usines.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Quelqu&rsquo;un qui travaille dans [une usine] de sous-traitance, n&rsquo;est pas quelqu&rsquo;un qui deviendra riche du jour au lendemain&nbsp;&raquo;</em>,<em> </em>d&rsquo;apr&egrave;s l&rsquo;ex-ministre Jos&eacute;pha Raymond Gauthier, interview&eacute;e en novembre 2012<em>. &laquo;&nbsp;Mais celui qui ne travaille pas, n&rsquo;a aucun espoir&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>Sur le m&ecirc;me sujet, le maire adjoint de Caracol, optimiste au d&eacute;part, estime que le salaire et les conditions sont &laquo;&nbsp;<em>inacceptables&nbsp;</em>&raquo;. D&rsquo;apr&egrave;s Vilsaint Joseph, &laquo; <em>c&rsquo;est une humiliation </em>&raquo;.</p>
<p>Le gouvernement ha&iuml;tien promet &eacute;ventuellement des bus gratuits aux ouvriers, et jure qu&rsquo;un pourcentage d&rsquo;entre eux trouvera un logement subventionn&eacute; qu&rsquo;il paiera &agrave; long terme. Dans le cadre des 120 millions $ US allou&eacute;s, le gouvernement am&eacute;ricain va d&eacute;penser plus de 31 millions $ US pour le projet de logements &laquo;&nbsp;EKAM&nbsp;&raquo;. Les 1.500 maisonnettes seront construites non loin du PIC pour accueillir les ouvriers et les familles d&eacute;plac&eacute;es de Caracol jug&eacute;es &laquo;&nbsp;<em>vuln&eacute;rables</em>&nbsp;&raquo;, o&ugrave; les chefs de famille sont le plus souvent une personne &acirc;g&eacute;e ou une femme. D&rsquo;apr&egrave;s le gouvernement US, chaque maison co&ucirc;te 23.510 $ US.</p>
<p>Cependant, puisque seulement 750 sont pr&eacute;vues pour le moment, les ouvriers sont peu &agrave; pouvoir en b&eacute;n&eacute;ficier. [Voir <a href="http://www.ayitikaleje.org/28_fr" target="_blank"><strong>Caracol en chiffres</strong> </a>pour plus sur l&rsquo;EKAM]</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D28_EKAMhomes.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1362674536510" alt="" width="552" height="230" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Des maisonnettes d'EKAM.</strong> Photo: Lafontaine Orvild/AKJ</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">Un bon pari&nbsp;?</strong></p>
<p>Au total, pour l&rsquo;installation du PIC, la centrale &eacute;lectrique, l&lsquo;EKAM, les paiements aux agriculteurs et les autres d&eacute;penses, le gouvernement am&eacute;ricain, la BID, le gouvernement ha&iuml;tien et d&rsquo;autres bailleurs ont d&eacute;j&agrave; d&eacute;pens&eacute; au moins 250 millions $ US. Toutefois, il n&rsquo;y a aucune certitude que le pays et l&rsquo;&Eacute;tat ha&iuml;tien auront beaucoup &agrave; gagner dans les ann&eacute;es &agrave; venir. &nbsp;</p>
<p>Toutes les compagnies qui auront &agrave; s&rsquo;installer au parc b&eacute;n&eacute;ficieront d&rsquo;avantages fiscaux, ce qui voudrait dire peu de rentr&eacute;e d&rsquo;argent dans le tr&eacute;sor public. Les compagnies d&rsquo;assemblages de v&ecirc;tements auront des privil&egrave;ges suppl&eacute;mentaires en vertu de la loi &eacute;tasunienne HELP (&laquo;&nbsp;Haiti Economic Lift Program&nbsp;&raquo;), ceci, jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;an 2020. [Voir <a href="http://www.ayitikaleje.org/11_3_fr " target="_blank"><strong>AKJ Dosye 11, #3</strong></a>]</p>
<p>Il est vrai que le S&amp;H Global emploie quelques 1.294 personnes. En plus, la firme promet d&rsquo;embaucher 1.300 autres au cours de l&rsquo;ann&eacute;e 2013 et SAE-A construira une &eacute;cole dont elle assurera la subvention.</p>
<p>Mais pour &eacute;tablir ces emplois, la compagnie a d&ucirc; fermer une usine au Guatemala, <a href="http://www.prensalibre.com/economia/Cierra-maquila-va-Haiti_0_581341865.html " target="_blank">livrant ainsi 1.200 ouvriers au ch&ocirc;mage</a>. Elle a quitt&eacute; le Guatemala pour Ha&iuml;ti, parce que les &laquo;&nbsp;<em>offres</em>&nbsp;&raquo; salariales et d&rsquo;autres b&eacute;n&eacute;fices attendus en Haiti se r&eacute;v&egrave;lent plus all&eacute;chantes. Une fois que les avantages accord&eacute;s par la loi HELP seront expir&eacute;s en sept ans, SAE-A quittera-t-elle Ha&iuml;ti de la m&ecirc;me fa&ccedil;on?</p>
<p>M&ecirc;me avec les maigres r&eacute;sultats, pour le gouvernement et les autres acteurs, le PIC est un bon &laquo;&nbsp;<em>pari&nbsp;</em>&raquo;. <a href="http://www.iadb.org/en/news/background-papers/2012-07-06/caracol-industrial-park-key-facts,10054.html" target="_blank">Dans ce document</a>, la BID assure que le parc am&egrave;nera Ha&iuml;ti sur un &laquo;&nbsp;<em>chemin qui va vers la croissance &eacute;conomique&nbsp;</em>&raquo;.</p>
<p><a href="http://www.nytimes.com/2012/07/06/world/americas/earthquake-relief-where-haiti-wasnt-broken.html?pagewanted=all&amp;_r=0" target="_blank">Lors d&rsquo;une interview avec le &laquo;&nbsp; New York Times&nbsp;&raquo;</a> en 2012, Jos&eacute; Agust&iacute;n Aguerre, directeur du programme BID en Ha&iuml;ti, a reconnu&nbsp;que &laquo;&nbsp;<em>Cr&eacute;er une industrie de sous-traitance d&rsquo;assemblage de v&ecirc;tements est une option que tout le monde essaie d&rsquo;&eacute;viter&nbsp;&raquo;. &nbsp;</em>Il consid&egrave;re cette option<em>, </em>&laquo; <em>comme un dernier recours</em>&nbsp;&raquo;. Cependant, il a attir&eacute; l&rsquo;attention sur le fait que c&rsquo;est une &laquo;&nbsp;<em>bonne opportunit&eacute;</em>&nbsp;&raquo; bien que le &laquo;&nbsp;<em>salaire soit bas&nbsp;</em>&raquo;.&nbsp;</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Oui, demain, les compagnies pourraient partir, ayant trouv&eacute; mieux ailleurs</em>. <em>Mais tout le monde pensait que le pari valait la peine&nbsp;</em>&raquo;, ajoute Aguerre.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;conomiste Fr&eacute;d&eacute;rick G&eacute;rald Ch&eacute;ry a fait une toute autre analyse. Il juge que se h&acirc;ter de mettre en place des usines d&rsquo;assemblage, sans un plan global, sans un d&eacute;bat au niveau national, est une erreur.</p>
<p>&laquo;&nbsp; <em>Au lieu de voir l&rsquo;industrie textile comme un emprunt &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie, on le voit comme un apport, ce qui ne peut l&rsquo;&ecirc;tre, car le salaire est relativement faible, de plus, nous ne disposons pas de toutes une s&eacute;rie d&rsquo;intrants de production&nbsp;&raquo;, </em>explique-t-il. <em>&laquo;&nbsp;Ce n&rsquo;est pas nous qui d&eacute;coupons les v&ecirc;tements, qui faisons le design, en plus, nous n&rsquo;avons pas une &eacute;conomie d&rsquo;&eacute;chelle. Si cela continue ainsi, il se pourrait que cela d&eacute;bouche sur une catastrophe </em>&raquo;.</p>
<p>Cette fa&ccedil;on de privil&eacute;gier le PIC au d&eacute;triment de l&rsquo;agriculture pr&eacute;occupe l&rsquo;&eacute;conomiste&nbsp;: &laquo; <em>Si on ne d&eacute;veloppe pas en parall&egrave;le l&rsquo;agriculture, le paysan sera perdant.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Le PIC n&rsquo;est pas le premier grand projet impl&eacute;ment&eacute; avec beaucoup de promesses dans la r&eacute;gion du Nord.</p>
<p>La Plantation Dauphin a &eacute;t&eacute; &eacute;tablie en 1927 sur 10.000 hectares de terre<span style="text-decoration: line-through;">s</span> plant&eacute;es en sisal qui a &eacute;t&eacute; utilis&eacute; dans la production de cordes &agrave; l&rsquo;&eacute;poque de la deuxi&egrave;me guerre mondiale.</p>
<p>Durant toute une &eacute;poque, la plantation qui &eacute;tait aux mains des capitalistes am&eacute;ricains,&nbsp; &eacute;tait la plus grande pourvoyeuse d&rsquo;emplois. Toutefois, pour cultiver le sisal, des milliers de paysans ont &eacute;t&eacute; expropri&eacute;s de leurs terres. Ce qui a cr&eacute;&eacute; une d&eacute;pendance par rapport &agrave; la zone de l&rsquo;industrie du sisal.</p>
<p>La baisse des prix au niveau international a occasionn&eacute; le d&eacute;part des investisseurs qui a laiss&eacute; la zone jadis plant&eacute;e de sisal dans une pauvret&eacute; extr&ecirc;me. Jusqu&rsquo;&agrave; nos jours, les s&eacute;quelles y sont encore puisque les terres cultiv&eacute;es en sisal deviennent de moins en moins fertile.</p>
<p>Parlant des villages qui d&eacute;pendaient de la plantation Dauphin, l&rsquo;agriculteur Castin Milost&egrave;ne se souvient&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Aujourd&rsquo;hui, si l&rsquo;on prend le cas de Derac, Collette et Phaeton, n&rsquo;&eacute;tait-ce la MINUSTAH et le Programme Alimentaire Mondiale, ces gens-l&agrave;, seraient d&eacute;j&agrave; morts de faim&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 90%;"><sup>&dagger; </sup>NB - Les journalistes d&rsquo;AKJ et de nombreux autres m&eacute;dias se sont vu refuser l'acc&egrave;s a I&rsquo;inauguration parce qu'ils ne figuraient pas sur une liste &eacute;tablie par Wellcom-Ha&iuml;ti, une compagnie de consultation priv&eacute;e situ&eacute; dans la capitale.</span></p>
<p><span style="font-size: 90%;"> </span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 90%;">* NB - AKJ a d&eacute;cid&eacute; de dissimuler l&rsquo;identit&eacute; des noms des ouvri&egrave;res et ouvriers pour les prot&eacute;ger contre toutes &eacute;ventuelles repr&eacute;sailles.</span></p>
<p style="padding-left: 30px;">&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: 110%;">Voir <a href="http://www.ayitikaleje.org/28_fr"><strong>Caracol en chiffres</strong></a><br /></span></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/rss-comments-entry-32935826.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Haiti-Exploitation minière : Inquiétudes et manque de transparence</title><dc:creator>Haiti Grassroots Watch - Ayiti Kale Je</dc:creator><pubDate>Wed, 20 Feb 2013 10:43:26 +0000</pubDate><link>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2013/2/20/haiti-exploitation-miniere-inquietudes-et-manque-de-transpar.html</link><guid isPermaLink="false">684286:8086091:32844074</guid><description><![CDATA[<p><strong>Cadouche et Port-au-Prince, Ha&iuml;ti, 20 f&eacute;v. 2013 &ndash;</strong> La population de Cadouche, un petit village situ&eacute; &agrave; 12 km au sud du Cap-Ha&iuml;tien (d&eacute;partement du Nord), s&rsquo;inqui&egrave;te au sujet des nouveaux permis d&rsquo;exploitation octroy&eacute;s &agrave; des compagnies mini&egrave;res en d&eacute;cembre 2012 dans une absence totale de transparence.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 110%;"><strong>&Eacute;couter le programme audio </strong>(en cr&eacute;ole)</span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 110%;"><!-- BYOAudio.com Player code BEGIN --> </span></p>
<div class="vs-video-wrapper" style="padding-left: 30px;"><iframe src="http://www.byoaudio.com/playweb?audioid=M11c0c018872d0f1c7603d9875dde6bc8ZVp5S39uY2N3VGkpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV&onLoad=&buffer=5&fc=E8E8E8&pc=ffda6d&kc=6c99d4&bc=FFFFFF&xml=http%3A%2F%2Fwww.byoaudio.com%2Fxcv%2FM11c0c018872d0f1c7603d9875dde6bc8ZVp5S39uY2N3VGkpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV.xml&xmlURL=http%3A%2F%2Fwww.byoaudio.com%2Fxcv%2FM11c0c018872d0f1c7603d9875dde6bc8ZVp5S39uY2N3VGkpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV.xml&player=lpa40" height="30" width="350" frameborder="0" scrolling="no"></iframe></div>
<div class="vs-video-wrapper" style="padding-left: 30px;"><strong style="font-size: 110%;">T&eacute;l&eacute;charger le programme audio</strong></div>
<div class="vs-video-wrapper" style="padding-left: 30px;"><strong style="font-size: 110%;"><a href="http://ayitikaleje.byoaudio.com/files/media/33d9a6a2-35ab-64dc-6545-a9a7da089190.mp3"><img src="http://www.byoaudio.com/client/web/click2download.gif" border="0" alt="" width="120" height="48" /></a><br /></strong></div>
<!-- BYOAudio.com Player code END -->
<p>&nbsp;</p>
<p>Situ&eacute;e pr&egrave;s du gisement d&rsquo;or de Morne Bossa, le hameau de Cadouche vit essentiellement de l&rsquo;agriculture. Dans ce village de plus d&rsquo;une centaine de petites maisons, priv&eacute; d&rsquo;un centre de sant&eacute;, les familles travaillent jour et nuit pour s&rsquo;occuper des besoins de leurs enfants. Et elles se demandent si elles n&rsquo;existent plus pour les autorit&eacute;s de la capitale, puisque, selon elles, les n&eacute;gociations sur&nbsp;l&rsquo;avenir de la r&eacute;gion sont conduites derri&egrave;re le rideau, sans aucune repr&eacute;sentation locale.</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D27_MorneBossaplainDEPP.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1361358033967" alt="" width="577" height="328" /></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Une vue de la plaine de Morne Bossa.</strong> Photo: AKJ/Ben Depp</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent aucun membre de l&rsquo;Etat ou de la compagnie n&rsquo;a consult&eacute; la population pour recueillir ses dol&eacute;ances et solliciter son accord sur l&rsquo;exploitation des gisements de Morne-Bossa&nbsp;&raquo;, </em>indique Mezadieu Toussaint, enseignant et agriculteur d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;ann&eacute;es. &laquo; <em>Si la mine peut b&eacute;n&eacute;ficier &agrave; la population ce serait formidable, mais nous craignons qu&rsquo;elle empoisonne notre environnement</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>St&eacute;nio Choute, membre de la F&eacute;d&eacute;ration du mouvement d&eacute;mocratique pour le d&eacute;veloppement de Quartier-Morin (Femodeq) et agriculteur cultivant du ma&iuml;s, du pois et du sorgho, craint les cons&eacute;quences de l&rsquo;extraction mini&egrave;re.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;exploitation mini&egrave;re aura des cons&eacute;quences d&eacute;sastreuses&nbsp;! Nous sommes extr&ecirc;mement inquiets, et nous ne sommes pas &agrave; l&rsquo;aise. L&rsquo;eau et l&rsquo;environnement seront pollu&eacute;s&nbsp;</em>&raquo;, dit-il.</p>
<p><strong>D&rsquo;anciennes conventions </strong></p>
<p>Les trois permis pour l&rsquo;exploitation de l&rsquo;or ou du cuivre, accord&eacute;s par le Bureau des Mines et de l&rsquo;&Eacute;nergie (BME) &agrave; la fin de d&eacute;cembre 2012, ont provoqu&eacute; un toll&eacute;. <a href="http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=112782" target="_blank">Dans la presse</a>, des &eacute;ditorialistes et des s&eacute;nateurs se sont mis &agrave; sp&eacute;culer sur ce qu&rsquo;Ha&iuml;ti y perdrait ou y gagnerait, et ont accus&eacute; le gouvernement d&rsquo;octroyer des permis &laquo;&nbsp;<em>ill&eacute;gaux</em>&nbsp;&raquo;. Les questions embarrassantes des s&eacute;nateurs ont &eacute;mu jusqu&rsquo;aux larmes le directeur du BME, Ludner Remarais.</p>
<p>Les trois nouveaux permis, dans les d&eacute;partements du Nord et du Nord-Est du pays, concernent les gisements de Morne Bossa, Douvray et &laquo;&nbsp;Faille B&nbsp;&raquo;, mais ils ne sont pas nouveaux. Ils r&eacute;sultent de la conversion de trois permis d&rsquo;&laquo;&nbsp;<em>exploration</em>&nbsp;&raquo; en permis d&rsquo;&laquo;&nbsp;<em>exploitation</em>&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Les trois permis ont &eacute;t&eacute; initialement accord&eacute;s en 1997 par l&rsquo;administration du pr&eacute;sident Ren&eacute; Pr&eacute;val dans le cadre de deux conventions mini&egrave;res &agrave; deux compagnies dites &laquo;&nbsp;ha&iuml;tiennes&nbsp;&raquo;, Soci&eacute;t&eacute; Mini&egrave;re Ste. Genevi&egrave;ve-Ha&iuml;ti S.A. et Soci&eacute;t&eacute; Mini&egrave;re Citadelle S.A. [T&eacute;l&eacute;chargez les conventions originales - 6 et 8 MB - ici : <a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/storage/Mining.Convention-St.Genevieve.pdf" target="_blank">Sainte-Genevi&egrave;ve</a>, <a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/storage/Mining.Convention-Citadel.pdf" target="_blank">Citadelle</a>] Suite &agrave; des op&eacute;rations de vente ou de changement de nom, ces conventions sont actuellement entre les mains de la Soci&eacute;t&eacute; Mini&egrave;re Delta et la Soci&eacute;t&eacute; Mini&egrave;re du Nord-Est S.A. (SOMINE S.A.), toutes deux des firmes&nbsp;de petite taille. Toutefois, le pouvoir dans les deux cas demeure ailleurs, d&eacute;tenu par des firmes et des actionnaires &eacute;trangers.</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D27_DeltaMAP.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1361358252852" alt="" width="591" height="464" /></span></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Carte montrant l'emplacement de la propri&eacute;t&eacute; VCS/Soci&eacute;t&eacute; Mini&egrave;re Delta<br />&agrave; Morne Bossa. </strong>Source: Site internet VCS</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D27_SomineMAP.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1361358296478" alt="" width="591" height="486" /></span></p>
<p style="padding-left: 120px;"><strong>Carte montrant l&rsquo;emplacement de la propri&eacute;t&eacute; SOMINE.</strong> <br />Source: Site internet Majescor</p>
<p>La Soci&eacute;t&eacute; Mini&egrave;re Delta, est la propri&eacute;t&eacute; de <a href="http://vcsmining.com/" target="_blank">&laquo;&nbsp;VCS Mining&nbsp;&raquo;</a>, une petite firme priv&eacute;e etats-unisienne enregistr&eacute;e dans l&rsquo;Etat de Delaware (selon son site web), tristement c&eacute;l&egrave;bre pour sa politique de permettre aux entreprises de ne pas rendre publique la valeur des profits r&eacute;alis&eacute;s, garder leurs op&eacute;rations secr&egrave;tes et payer des imp&ocirc;ts minimes, selon <a href="http://www.nytimes.com/2012/07/01/business/how-delaware-thrives-as-a-corporate-tax-haven.html?pagewanted=all&amp;_r=0" target="_blank">un article r&eacute;cent du &laquo;&nbsp;New York Times&nbsp;&raquo;</a>.</p>
<p>SOMINE S.A. est une filiale de la soci&eacute;t&eacute; mini&egrave;re canadienne<a href="http://www.majescor.com/en/default.aspx" target="_blank"> Majescor</a> qui travaille dans les r&eacute;gions &laquo; &eacute;mergentes &raquo;, selon son site web. Le mois dernier, Majescor a <a href="http://www.majescor.com/en/news/current.aspx?listingid=174" target="_blank">mis en vente des actions totalisant plus de 2 millions $ US pour &laquo;&nbsp;le projet SOMINE&nbsp;</a>&raquo;. Majescor contr&ocirc;le SOMINE S.A., indique le site internet o&ugrave; elle explique qu&rsquo;elle est la propri&eacute;taire de &laquo;&nbsp;SIMACT Alliance Copper-Gold Inc.&nbsp;&raquo; qui contr&ocirc;le la majorit&eacute; des actions de la firme ha&iuml;tienne.</p>
<p>Ces permis d&rsquo;exploitation sont les plus avanc&eacute;s parmi <a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/ayiti-kale-je-kreyl/2012/5/30/ruee-vers-lor-en-haiti.html" target="_blank">plusieurs dizaines d&eacute;livr&eacute;s derni&egrave;rement pour environ 2,500 km<sup>2</sup> du territoire ha&iuml;tien</a>. Ils se transformeront en concessions mini&egrave;res &ndash; du moment o&ugrave; la compagnie d&eacute;bute les travaux d&rsquo;exploitation.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D27_Eurasian.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1361359214025" alt="" width="585" height="447" /></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Cartographie des permis contr&ocirc;l&eacute;s par une autre firme &eacute;trang&egrave;re, Eurasian Minerals, <br />&agrave; la fin de 2011. </strong> Source&nbsp;: Site ieb d&rsquo;Eurasian Minerals</p>
<p><strong>Tumultes </strong></p>
<p>Selon plusieurs s&eacute;nateurs, les trois permis constituent une violation de la Constitution ha&iuml;tienne parce qu'ils sont fond&eacute;s sur des conventions qui n'ont jamais &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute;es par le Parlement. Une commission du grand corps a organis&eacute; une audience sp&eacute;ciale sur les permis le 22&nbsp;janvier 2013, o&ugrave; les s&eacute;nateurs ont s&eacute;v&egrave;rement critiqu&eacute; le directeur du BME, Ludner Remarais.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>En 20&nbsp;ans, le Parlement n&rsquo;a jamais ratifi&eacute; de conventions mini&egrave;res </em>&raquo;, a protest&eacute; le s&eacute;nateur Steven Benoit (Ouest), tandis que le s&eacute;nateur Andris Rich&eacute; (Grande Anse) s&rsquo;est &eacute;cri&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Il ne faut pas accepter de contrat farfelu qui vise &agrave; ensevelir le peuple</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Je regrette que le S&eacute;nat n&rsquo;ait jamais &eacute;t&eacute; avis&eacute;&nbsp;</em>&raquo;, s&rsquo;est excus&eacute; Remarais, en larmes.</p>
<p>La Constitution ha&iuml;tienne dit que l&rsquo;Assembl&eacute;e Nationale doit &laquo;&nbsp;<em>approuver ou rejeter les trait&eacute;s et conventions internationales</em>&nbsp;&raquo; (Art.&nbsp;98.3).</p>
<p>Pour l&rsquo;avocat Mario Joseph, directeur du Bureau des Avocats Internationaux (BAI), &laquo;&nbsp;<em>ces conventions sont ill&eacute;gales car le Parlement ne les a pas ratifi&eacute;es&nbsp;</em>&raquo;. Cependant, il semble que ces conventions ne sont pas &laquo;&nbsp;<em>internationales&nbsp;</em>&raquo;, car celles-ci engagent l&rsquo;Etat et des compagnies ha&iuml;tiennes, au moins sur papier.</p>
<p>L&rsquo;ancien directeur du BME, Dieuseul Anglade, maintient que les conventions ne sont pas &laquo;&nbsp;<em>ill&eacute;gales</em>&nbsp;&raquo;&nbsp;puisque la d&eacute;cision de les signer et publier a &eacute;t&eacute; prise par d&eacute;cret.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Les d&eacute;crets ont force de loi. Si quelqu&rsquo;un veut faire de la d&eacute;magogie ou de la politique, il pourrait taxer les conventions d&rsquo;&lsquo;ill&eacute;gales&rsquo;. Mais autrement, les conventions sont &lsquo;&rsquo;l&eacute;gales&rsquo;&rsquo;&raquo;</em>, pr&eacute;cise Anglade, joint par t&eacute;l&eacute;phone le 6 f&eacute;vrier 2013.</p>
<p>Dans une autre interview t&eacute;l&eacute;phonique, un porte-parole de &laquo;&nbsp;VCS Mining&nbsp;&raquo;, qui travaille &agrave; Morne Bossa, est d&rsquo;accord avec Anglade. Il insiste sur le fait que VCS a suivi la r&egrave;glementation depuis le d&eacute;but. L&rsquo;an dernier, sa firme a soumis l&rsquo;&laquo;&nbsp;<em>&eacute;tude de faisabilit&eacute;&nbsp;</em>&raquo; exig&eacute;e par le BME, qui fixe les &eacute;tapes &agrave; suivre pour pr&eacute;parer la mine. Le BME l&rsquo;a finalement approuv&eacute;e en novembre, dit-il.</p>
<p>Le repr&eacute;sentant de VCS &ndash; qui a demand&eacute; &agrave; garder l&rsquo;anonymat parce que, dit-il, le projet est en attente jusqu&rsquo;&agrave; la r&eacute;solution du conflit entre le BME et le S&eacute;nat &ndash; affirme&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Nous avons fait le travail, tel que requis par la loi. Les permis respectent la loi&nbsp;</em>&raquo;.</p>
<p>Le repr&eacute;sentant affirme que sa compagnie a investi, &agrave; ce jour, plus de 4&nbsp;millions&nbsp;$ US dans des travaux sur le site, et depuis que des chercheurs de l&rsquo;ONU y ont trouv&eacute; de l&rsquo;or, &agrave; la fin des ann&eacute;es 1970, &laquo;&nbsp;<em>ce sont plus de 38&nbsp;millions&nbsp;$ US qui y ont &eacute;t&eacute; inject&eacute;s</em>.&nbsp;&raquo; Il a ajout&eacute; que sa mine &eacute;ventuelle embaucherait 300&nbsp;ouvriers.</p>
<p>Par souci de v&eacute;rification et de clarification, AKJ a demand&eacute; une entrevue au directeur Remarais, mais apr&egrave;s trois rendez-vous, elle a &eacute;t&eacute; finalement refus&eacute;e. AKJ voulait confirmer les dires du repr&eacute;sentant de la compagnie VCS et obtenir une copie des &eacute;tudes de faisabilit&eacute;.&nbsp;</p>
<p><strong>Plusieurs questions sans r&eacute;ponses </strong></p>
<p>L&rsquo;&Eacute;tat ha&iuml;tien obtient de tr&egrave;s faibles redevances dans le cadre des contrats avec les compagnies mini&egrave;res&nbsp;: seulement 2.5&nbsp;pour cent de la valeur des min&eacute;raux extraits. Un pourcentage &laquo;&nbsp;<em>vraiment bas&nbsp;</em>&raquo;, affirme Claire Kumar, experte en redevances mini&egrave;res, &agrave; AKJ,<a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/18_03_FR" target="_blank"> lors d&rsquo;une interview l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re</a>.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>En dessous de 5&nbsp;pour cent, c&rsquo;est carr&eacute;ment ridicule pour un pays comme Ha&iuml;ti. On ne devrait m&ecirc;me pas en tenir compte. Dans un pays o&ugrave; l&rsquo;&Eacute;tat est faible, les redevances sont la source la plus s&ucirc;re de revenus&nbsp;</em>&raquo;, dit-elle.</p>
<p>Selon la Loi mini&egrave;re ha&iuml;tienne, les ententes financi&egrave;res pr&eacute;vues par une convention peuvent &ecirc;tre &laquo;&nbsp;<em>r&eacute;vis&eacute;es</em>&nbsp;&raquo;. Mais jusqu'&agrave; date, aucun fonctionnaire n&rsquo;a abord&eacute; cette possibilit&eacute;, ni ne s&rsquo;est exprim&eacute; sur le &laquo;&nbsp;<em>ridicule</em>&nbsp;&raquo; taux de redevance &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D27_SomineROCK.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1361359029766" alt="" width="605" height="406" /></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Le pr&eacute;sident et directeur g&eacute;n&eacute;ral de Majescor, Marc-Andr&eacute; Bernier, avec un &eacute;chantillon <br />de roche volcanique enrichi avec cuivre-oxyde trouv&eacute; dans la section nord <br />de la propri&eacute;t&eacute; SOMINE r&eacute;cemment explor&eacute;e (mai 2009). </strong><br />Source: L&eacute;gende et photo &ndash; site internet Majescor</p>
<p>Il y a &eacute;galement les graves probl&egrave;mes de manque de transparence g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;, de l&rsquo;&eacute;ventuel impact social et environnemental des mines &agrave; ciel ouvert, tel que l&rsquo;a document&eacute; AKJ dans <a href="http://haitigrassrootswatch.squarespace.com/ayiti-kale-je-kreyl/2012/5/30/ruee-vers-lor-en-haiti.html" target="_blank">sa s&eacute;rie de l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re</a>, et de manque de participation ou d&rsquo;avantages mon&eacute;taires au profit des communaut&eacute;s locales. &nbsp;</p>
<p>R&eacute;cemment, plus d&rsquo;une centaine d&rsquo;habitants vivant dans les petites maisons non loin du gisement de Morne Bossa se sont r&eacute;unis pour &eacute;changer sur l&rsquo;activit&eacute; extractive. L&rsquo;un apr&egrave;s l&rsquo;autre, ils ont pos&eacute; des questions et exprim&eacute; leurs frustrations.</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D27_VCSmarkerDEPP.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1361359142919" alt="" width="551" height="367" /></span></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Les pieds d'un paysan &agrave; c&ocirc;t&eacute; d'un marquage VCS indiquant l'emplacement d'un forage <br />d'essai &agrave; Morne Bossa. </strong>Photo: AKJ/Ben Depp</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Au nom du plan n&eacute;olib&eacute;ral b&eacute;ni, les gouvernements d&rsquo;Aristide, de Pr&eacute;val et de Martelly livrent le pays au pillage sans penser aux cons&eacute;quences d&eacute;vastatrices</em>&nbsp;&raquo;, s&rsquo;est exclam&eacute; Francisco Almonord, membre de la F&eacute;d&eacute;ration pour le d&eacute;veloppement de Cadouche (Fedec) d&rsquo;un ton amer.</p>
<p>Sans information, et apparemment sans des autorit&eacute;s locales dispos&eacute;es &agrave; les d&eacute;fendre, les agriculteurs de cette communaut&eacute; ne savent pas qui est l'ennemi.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;A qui livrer bataille&nbsp;? A l&rsquo;&Eacute;tat ha&iuml;tien ou VCS</em>&nbsp;?&nbsp;&raquo;, s&rsquo;interroge l&rsquo;agriculteur Mezadieu Toussaint.</p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/rss-comments-entry-32844074.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Le programme gouvernemental « école gratuite » – une victoire ?</title><dc:creator>Haiti Grassroots Watch - Ayiti Kale Je</dc:creator><pubDate>Wed, 13 Feb 2013 13:41:14 +0000</pubDate><link>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2013/2/13/le-programme-gouvernemental-ecole-gratuite-une-victoire.html</link><guid isPermaLink="false">684286:8086091:32800921</guid><description><![CDATA[<p><strong><span style="color: black;" lang="FR">Port-au-Prince, 13 f&eacute;vrier 2013 &ndash; </span></strong><span style="color: black;" lang="FR">Un peu partout &agrave; Port-au-Prince et dans les villes de province, des affiches annoncent&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>PSUGO, une victoire pour les &eacute;l&egrave;ves&nbsp;</em>&raquo;.&nbsp; De belles photos montrent des &eacute;l&egrave;ves en uniformes, sourire aux l&egrave;vres.&nbsp; </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Le <a href="http://www.presidence.ht/education/" target="_blank">Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (Psugo)</a> veut scolariser &laquo;&nbsp;&nbsp;<em>plus d&rsquo;un million d&rsquo;enfants&nbsp;</em>&raquo; pendant cinq ans, selon le Minist&egrave;re de l&rsquo;&eacute;ducation nationale et de formation professionnelle (Menfp). Ce programme, qui coute environ 43 millions $ US chaque ann&eacute;e, repr&eacute;sente-t-il v&eacute;ritablement une &laquo;&nbsp;<em>victoire&nbsp;</em>&raquo; pour les &eacute;l&egrave;ves&nbsp;?</span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 110%;"><strong>&Eacute;couter le programme audio </strong>(en cr&eacute;ole)</span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 110%;"><!-- BYOAudio.com Player code BEGIN --> </span></p>
<div class="vs-video-wrapper" style="padding-left: 30px;"><iframe src="http://www.byoaudio.com/playweb?audioid=Me7f02d1b205c02e54b9eec71b75dcc48ZVp5S39uY2N3VWkpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV&onLoad=&buffer=5&fc=E8E8E8&pc=ffda6d&kc=6c99d4&bc=FFFFFF&xml=http%3A%2F%2Fwww.byoaudio.com%2Fxcv%2FMe7f02d1b205c02e54b9eec71b75dcc48ZVp5S39uY2N3VWkpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV.xml&xmlURL=http%3A%2F%2Fwww.byoaudio.com%2Fxcv%2FMe7f02d1b205c02e54b9eec71b75dcc48ZVp5S39uY2N3VWkpBDlbYlAEHAwNOg4AJQMMIGxV.xml&player=lpa40" height="30" width="350" frameborder="0" scrolling="no"></iframe></div>
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<p style="padding-left: 30px;"><strong><span style="font-size: 110%;">T&eacute;l&eacute;charger le programme audio</span></strong></p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><span style="font-size: 110%;"><a href="http://ayitikaleje.byoaudio.com/files/media/6eecb6eb-5ade-e6da-2fab-f017ce5627f9.mp3"><img src="http://www.byoaudio.com/client/web/click2download.gif" width="120" height="48" border="0"/></a><br /></span></strong></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">A Port-au-Prince et &agrave; L&eacute;og&acirc;ne et &agrave; Croix-des-Bouquets (Ouest),&nbsp; beaucoup d&rsquo;insatisfactions et<em> de probl&egrave;mes sont enregistr&eacute;s, selon une enqu&ecirc;te conduite par Ayiti Kale Je durant deux mois. Outre les soup&ccedil;on</em>s de corruption, le montant allou&eacute; aux &eacute;coles pour chaque &eacute;l&egrave;ve est tr&egrave;s insuffisant, les paiements n&rsquo;arrivent pas &agrave; temps et les professeurs ne sont pas bien r&eacute;mun&eacute;r&eacute;s. De plus, les &eacute;coles visit&eacute;es n&rsquo;ont pas re&ccedil;u de mat&eacute;riels, comme promis, pour assurer un minimum d&rsquo;&eacute;ducation. </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: black;" lang="FR"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D26_Darbonneteaching.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1360762970789" alt="" width="612" height="459" /></span></span></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Un enseignant r&eacute;p&egrave;te des mots aux &eacute;l&egrave;ves qui n'ont pas de manuels scolaires ou <br />de fournitures, dans une &eacute;cole nationale &agrave; Darbonne.</strong> Photo: AKJ/Marc Schindler Saint Val</p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>Dans mon cas, le Psugo est un &eacute;chec&nbsp;! Car, l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re nous avons &eacute;t&eacute; victimes. L&rsquo;un de nos malheurs a &eacute;t&eacute; le retard dans le d&eacute;caissement. A cause de cela, nos professeurs nous ont quitt&eacute;s&nbsp;&raquo;</em>, l&acirc;che Jean Clauvin Joly, directeur du Centre culturel du divin roi, une &eacute;cole priv&eacute;e &agrave; la Croix des Bouquets &agrave; 15 km. au nord de Port-au-Prince.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Dans cet &eacute;tablissement, la 1<sup>ere</sup> et 2<sup>e</sup> ann&eacute;es fondamentales partagent la m&ecirc;me salle et la m&ecirc;me professeure, Francie D&eacute;rog&egrave;ne. Cette salle est s&eacute;par&eacute;e des autres par un panneau contreplaqu&eacute;&nbsp;lequel sert en m&ecirc;me temps de tableau. D&eacute;rog&egrave;ne ne dispose pas de bureau pour d&eacute;poser ses mat&eacute;riels de travail, empil&eacute;s sur une chaise en plastique. En face d&rsquo;elle, assis sur quatre bancs, dix &eacute;l&egrave;ves r&eacute;p&eacute;tent en ch&oelig;ur&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>un ananas, un melon&hellip;&nbsp;</em>&raquo;. C&rsquo;est de cette mani&egrave;re qu&rsquo;elle dispense son cours d&rsquo;orthographe. </span></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: black;" lang="FR"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D26_Leogane.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1360763154757" alt="" width="592" height="404" /></span></span></strong></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Des &eacute;l&egrave;ves &agrave; l&rsquo;Institution mixte du temple d'adoration de L&eacute;og&acirc;ne, une &eacute;cole priv&eacute;e.</strong> <br />Photo: AKJ/Marc Schindler Saint Val</p>
<p><strong><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;Etat garantit le droit &agrave; l&rsquo;&eacute;ducation&nbsp;</em>&raquo;</span></strong></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Durant les derni&egrave;res &eacute;lections pr&eacute;sidentielles, &laquo;&nbsp;<em>Lek&ograve;l gratis&nbsp;</em>&raquo; ou &laquo;&nbsp;<em>l&rsquo;&eacute;cole gratuite&nbsp;</em>&raquo; a &eacute;t&eacute; un des leitmotivs du chanteur-candidat Joseph Michel Martelly, devenu pr&eacute;sident de la R&eacute;publique le 14 mai 2011.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR"> <span class="full-image-float-left ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D26_martellysite.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1360763275893" alt="" /></span></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">L&rsquo;engagement de scolarisation gratuite en Ha&iuml;ti n&rsquo;est pas seulement le serment d&rsquo;un politicien&nbsp;; c&rsquo;est aussi et surtout une obligation faite par la Constitution de 1987 en son article 32 qui stipule&nbsp;que &laquo;&nbsp;<em>l&rsquo;Etat garantit le droit &agrave; l&rsquo;&eacute;ducation&nbsp;</em>&raquo; et &laquo;&nbsp;</span><em><span style="color: black;" lang="FR">L'&eacute;ducation est une charge de l'Etat et des collectivit&eacute;s territoriales. Ils doivent mettre l'&eacute;cole gratuitement &agrave; la port&eacute;e de tous, veiller au niveau de formation des Enseignements des secteurs public et priv&eacute;</span></em><span style="color: black;" lang="FR">.</span><span style="color: black;" lang="FR">&nbsp;&raquo;</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">D&rsquo;apr&egrave;s le Menfp, le Psugo devrait payer les frais scolaires pour les &eacute;l&egrave;ves qui sont en 1<sup>er</sup> et 2<sup>e </sup>cycles (&eacute;cole fondamentale)&nbsp;: 250 gourdes (6 $ US) pour chaque &eacute;l&egrave;ve dans les &eacute;coles publiques et 3,600 gourdes &nbsp;(90 $ US) pour chaque &eacute;l&egrave;ve dans les &eacute;tablissements priv&eacute;s. (En Ha&iuml;ti, la majorit&eacute; des institutions scolaires &ndash; &agrave; peu pr&egrave;s 80 % &ndash; sont priv&eacute;es.)&nbsp; A part le paiement des frais scolaires, le Psugo promet de cr&eacute;er de nouvelles &eacute;coles et de s&rsquo;assurer que tous les &eacute;l&egrave;ves aient des fournitures classiques et des mat&eacute;riels didactiques.</span></p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D26_banner.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1360763363209" alt="" width="570" height="301" /></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Une banderole annonce que 1, 287,214 enfants sont sur les bancs d&rsquo;&eacute;cole gratuitement.</strong> <br />Photo: AKJ/Marc Schindler Saint Val</p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Dans plusieurs coins de la capitale et dans tout le pays, sur des affiches g&eacute;antes, &agrave; la radio, &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, dans les journaux et r&eacute;seaux sociaux, pullulent des publicit&eacute;s du Psugo. Celles-ci clament que le programme atteint 1, 021,144 enfants. &nbsp;</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">AKJ n&rsquo;a pas pu confirmer ce chiffre, sur la v&eacute;racit&eacute; duquel planent beaucoup de doutes, d&rsquo;abord et avant tout parce qu'il est un des nombreux chiffres qui circulent. Dans <a href="http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=112074" target="_blank">une entrevue accord&eacute;e au quotidien &laquo;&nbsp;Le Nouvelliste&nbsp;&raquo; en d&eacute;cembre 2012</a>, un cadre du Menfp proclame que le gouvernement a envoy&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;cole 1, 287,814 &eacute;l&egrave;ves pour l&rsquo;ann&eacute;e acad&eacute;mique 2012-2013. D&rsquo;o&ugrave; proviennent les 250,000 &eacute;l&egrave;ves&nbsp;suppl&eacute;mentaires? De plus, le Menfp d&eacute;clare publiquement avoir touch&eacute; 837,489 &eacute;l&egrave;ves lors de l&rsquo;ann&eacute;e acad&eacute;mique pr&eacute;c&eacute;dente (2011-2012). Cependant, <a href="http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2012/cr12220.pdf" target="_blank">dans un document officiel du gouvernement livr&eacute; au Fond mon&eacute;taire international</a> (Fmi) au mois d&rsquo;ao&ucirc;t 2012, on notait 165,000 enfants b&eacute;n&eacute;ficiaires. Par ailleurs, il semble qu&rsquo;aucune supervision externe et interne ne soit assur&eacute;e, ce qui peut ajouter aux doutes. &nbsp;</span></p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D26_Tweet.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1360763498686" alt="" /></p>
<p style="padding-left: 120px;"><strong>Un <span style="color: black;" lang="FR">&laquo; </span>tweet &raquo; du premier ministre Laurent Lamothe en d&eacute;cembre 2012 dans lequel <br />il vante que <span style="color: black;" lang="FR">&laquo; </span><em>84 % d&rsquo;enfants sont sur les bancs de l&rsquo;&eacute;cole actuellement contre <br />52 % dans le pass&eacute;.</em>&nbsp;&raquo; [NB - Chiffres non v&eacute;rifi&eacute;s]<br /></strong></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">La provenance du financement du programme soul&egrave;ve encore plus d&rsquo;interrogations. Selon le gouvernement, le Psugo est financ&eacute; en grande partie par &laquo;&nbsp;<em>le tr&eacute;sor public, les taxes pr&eacute;lev&eacute;es sur les appels internationaux et les transferts d&rsquo;argent de la diaspora vers Ha&iuml;ti</em>&nbsp;&raquo;, pr&eacute;l&egrave;vements que plus d&rsquo;un qualifient d&rsquo;ill&eacute;gaux. Le </span><span style="color: black;">Fonds National pour l&rsquo;Education</span><span style="color: black;"> qui devrait &ecirc;tre cr&eacute;&eacute; pour recevoir les pr&eacute;l&egrave;vements n&rsquo;a pas encore re&ccedil;u l&rsquo;approbation du parlement ha&iuml;tien. Nombreux sont les rapports notant que l&rsquo;argent collect&eacute; pour ce fonds reste bloqu&eacute;.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Bien que la l&eacute;galit&eacute; des pr&eacute;l&egrave;vements ne soit pas consid&eacute;r&eacute;e, <a href="http://canadahaitiaction.ca/content/national-education-fund-&ndash;-promise-politics-and-profit-primary-education-all" target="_blank">beaucoup de myst&egrave;res persistent sur la quantit&eacute; d&rsquo;argent collect&eacute; et d&eacute;pens&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; date</a>. En mai 2012, <a href="http://www.hpnhaiti.com/site/index.php/politique/6186-haiti-scolarisation-gratuite-plus-de-900-millions-de-gourdes-deja-depensees-au-psugo" target="_blank">un officiel a indiqu&eacute; que le gouvernement a d&eacute;pens&eacute;, pour la premi&egrave;re ann&eacute;e scolaire 900 millions de gourdes</a>, soit &agrave; peu pr&egrave;s, 22 millions $ US. Par contre, <a href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article11960" target="_blank">une autre information diffus&eacute;e par le Menfp a mentionn&eacute; que 490,000 des 837,489 &eacute;l&egrave;ves sont scolaris&eacute;s dans des &eacute;coles publiques</a>, et les 347,489 autres, dans des institutions priv&eacute;es. Si le co&ucirc;t est 90 $ US (ou 3,600 gourdes) pour chaque &eacute;l&egrave;ve, le minist&egrave;re devrait payer 31, 274,010 $ US ou 1, 313, 508,000 gourdes pour les enfants des &eacute;coles priv&eacute;es seulement, un chiffre nettement sup&eacute;rieur aux &nbsp;900 millions de gourdes qu&rsquo;il dit avoir d&eacute;pens&eacute;. [voir aussi </span><span style="color: black;" lang="FR">&laquo; </span><span style="color: black;" lang="FR">Ha&iuml;ti Libert&eacute; </span><span style="color: black;" lang="FR">&raquo;</span><span style="color: black;" lang="FR">, 23 janvier 2013].</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">AKJ n&rsquo;a pas eu acc&egrave;s au budget du Psugo et n&rsquo;a pas pu visiter les 10,000 &eacute;coles inscrites (pr&eacute;tendument) dans le programme. Cependant, les r&eacute;sultats de l&rsquo;enqu&ecirc;te ont fait ressortir des raisons pour lesquelles les autorit&eacute;s, et le peuple ha&iuml;tien, devraient h&eacute;siter &agrave; crier &laquo;&nbsp;<em>victoire&nbsp;</em>&raquo;. </span></p>
<p><strong><span style="color: black;" lang="FR">Le PSUGO n&rsquo;a pas tenu ses promesses</span></strong></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Jean Marie Monfils, professeur et directeur d&rsquo;une &eacute;cole &agrave; L&eacute;og&acirc;ne, situ&eacute;e &agrave; 30 kms. de Port-au-Prince, rel&egrave;ve, d&rsquo;un air furieux, les fausses promesses du Psugo&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Ils ont parl&eacute; d&rsquo;uniforme, de cantine scolaire, et d&rsquo;autres choses encore. Mais, &agrave; ce jour, on n&rsquo;a encore pratiquement rien trouv&eacute;. On est des &lsquo;oubli&eacute;s&rsquo; &agrave; L&eacute;og&acirc;ne&nbsp;&raquo;. </em></span></p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D26_DarbonneBoard.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1360764061173" alt="" width="591" height="507" /></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Un enseignant r&eacute;p&egrave;te des mots aux &eacute;l&egrave;ves qui n'ont pas de manuels scolaires ou <br />de fournitures, dans une &eacute;cole nationale &agrave; Darbonne.</strong> Photo: AKJ/Marc Schindler Saint Val</p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">L&rsquo;exp&eacute;rience du professeur Monfils n&rsquo;est pas unique. Hercule Andr&eacute;, &acirc;g&eacute; d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;ann&eacute;es et directeur d&rsquo;une &eacute;cole nationale &agrave; Darbonne &agrave; L&eacute;og&acirc;ne, salue cette initiative. Toutefois, il ajoute&nbsp;que &laquo;&nbsp;<em>le seul</em> <em>b&eacute;n&eacute;fice que peuvent soutirer les enfants, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ne paient pas.&nbsp;A part cela, il n&rsquo;y a rien. Les enfants viennent &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, mais n&rsquo;ont pas de livre comme promis pour suivre les cours</em>&nbsp;&raquo;. <br /></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">En janvier, plusieurs professeurs d&rsquo;Anse-&agrave;-Pitre, dans le sud-est du pays, contractuels du Psugo, affirment ne pas recevoir de salaire depuis octobre 2012. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>Depuis quatre mois, nous travaillons sans aucune r&eacute;mun&eacute;ration&nbsp;</em>&raquo;, <a href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article13950" target="_blank">a d&eacute;clar&eacute; le professeur Jean-Rony Gabriel &agrave; l&rsquo;agence en ligne AlterPresse</a>.</span><span style="color: black;" lang="FR"> </span><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>J&rsquo;ai une famille dont je dois m&rsquo;occuper. Je parcours plusieurs kilom&egrave;tres &agrave; moto avant d&rsquo;arriver sur les lieux de mon travail&nbsp;</em>&raquo;. <br /></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">L&rsquo;enqu&ecirc;te d&rsquo;AKJ dans la capitale et dans la r&eacute;gion de L&eacute;og&acirc;ne ne contredit pas ces t&eacute;moignages. Parmi 20 &eacute;coles visit&eacute;es, seulement deux reconnaissent avoir re&ccedil;u des fournitures et des mat&eacute;riels didactiques. En plus, parmi les 20 directeurs ou responsables interrog&eacute;s en novembre 2012, dix semaines apr&egrave;s la r&eacute;ouverture des classes en Ha&iuml;ti, presque tous &ndash; 16 sur 20 &ndash; n&rsquo;ont pas re&ccedil;u le troisi&egrave;me versement pour l&rsquo;ann&eacute;e scolaire 2011-2012, et 19 sur 20 affirment n&rsquo;avoir encore rien re&ccedil;u pour l&rsquo;ann&eacute;e en cours.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>On ne peut affirmer jusqu'&agrave; pr&eacute;sent, si on fait partie de ce programme ou non. Actuellement</em> [novembre 2012]<em> on n&rsquo;a encore rien obtenu des responsables</em> &raquo;, admet Monfils. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>Il y a eu un probl&egrave;me tr&egrave;s grave&nbsp;: beaucoup d&rsquo;&eacute;coles qui ont sign&eacute; leur contrat d&rsquo;appartenance au Psugo n&rsquo;avaient pas pu trouver ce qui leur &eacute;tait d&ucirc;</em> <em>pour l&rsquo;ann&eacute;e acad&eacute;mique 2011-2012. Mon &eacute;cole a beaucoup souffert dans ce dossier</em>&nbsp;&raquo;, ajoute-t-il, d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">La Conf&eacute;d&eacute;ration nationale des &eacute;ducateurs et &eacute;ducatrices ha&iuml;tiens (Cneh), l&rsquo;un des syndicats nationaux, a fait le m&ecirc;me constat.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&nbsp;&laquo;&nbsp;<em>Parce que</em> <em>les dirigeants n&rsquo;ont pas d&eacute;caiss&eacute; l&rsquo;argent &agrave; temps, les directeurs d&rsquo;&eacute;cole &eacute;taient dans leurs petits souliers. Ils n&rsquo;ont pas trouv&eacute; de quoi payer les professeurs</em>&nbsp;&raquo;, note Edith D&eacute;lourdes Delouis, enseignante et secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;rale de la Cneh. </span></p>
<p><strong><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>Virage vers la qualit&eacute;&nbsp;</em>&raquo; <br /></span></strong></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Un autre d&eacute;fi du Psugo, c&rsquo;est la qualit&eacute; de l&rsquo;&eacute;ducation que re&ccedil;oivent les &eacute;coliers. Pour l&rsquo;ann&eacute;e en cours, le refrain entonn&eacute; par le minist&egrave;re est&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Virage vers la qualit&eacute;&nbsp;</em>&raquo;, avec plus de supervision.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>Le minist&egrave;re a tr&egrave;s clairement mis l&rsquo;accent sur la qualit&eacute;. Acc&egrave;s oui, mais am&eacute;lioration de la qualit&eacute;, parce que l&rsquo;&eacute;ducation n&rsquo;aura de sens que quand elle est de qualit&eacute;</em>&nbsp;&raquo;, d&rsquo;apr&egrave;s Miloody Vincent, responsable de communication du Menfp. &laquo;&nbsp;<em>Ce nouveau d&eacute;part consiste &agrave; former de meilleurs professeurs, faire une dotation de mat&eacute;riels scolaires aux enfants et surtout veiller &agrave; la formation des enfants dans les &eacute;coles</em>&nbsp;&raquo;.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>On mettra un accent particulier sur la supervision scolaire&nbsp;&raquo;,</em> ajoute Elicel Paul, coordonnateur du Psugo dans une autre interview. Et le pr&eacute;sident Martelly, lui aussi, s&rsquo;est prononc&eacute; abondamment sur la question de la &laquo;&nbsp;<em>qualit&eacute;&nbsp;</em>&raquo;, lors de la distribution d&rsquo;une centaine de motocyclettes aux responsables des directions d&eacute;partementales d&rsquo;&eacute;ducation. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>Il ne s&rsquo;agit pas de mettre seulement les enfants &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, il faut s&rsquo;assurer de la qualit&eacute; de l&rsquo;&eacute;ducation et des services offerts aux &eacute;l&egrave;ves</em> &raquo;, soutient le chef de l&rsquo;Etat le 15 mars 2012.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Toutefois, l&rsquo;enqu&ecirc;te d&rsquo;AKJ a r&eacute;v&eacute;l&eacute; que les &eacute;coles participant au Psugo fonctionnent presque sans aucune supervision. Sur les 20 &eacute;coles, 25 % n&rsquo;ont re&ccedil;u aucune visite d&rsquo;inspecteurs pour l&rsquo;ann&eacute;e scolaire 2011-2012, et seulement 24 % affirment en avoir re&ccedil;u une seule visite.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Guillaume Jean, directeur du Coll&egrave;ge chr&eacute;tien de L&eacute;og&acirc;ne,&nbsp;l&rsquo;affirme sans ambages : &laquo;&nbsp;<em>On n&rsquo;a pas re&ccedil;u de visites d&rsquo;inspecteurs</em>. <em>Ils ont seulement appel&eacute; pour avoir quelques informations. &raquo;</em></span></p>
<p><strong><span style="color: black;" lang="FR">Erreurs et fraudes ?</span></strong></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Peut-&ecirc;tre en raison de son budget faramineux, le programme Psugo semble avoir attir&eacute; les tricheurs.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">En juillet 2012, plus de 5 millions de gourdes (plus de 119,000 $ US) de la somme pr&eacute;vue pour le Psugo &agrave; Port-de-Paix, dans le d&eacute;partement du Nord-Ouest, ont &eacute;t&eacute; d&eacute;tourn&eacute;es. <a href="http://www.hpnhaiti.com/site/index.php/provinces/6366-haiti-corruption-education--lulcc-se-penche-sur-les-dossiers-de-corruption-dans-le-nordouest" target="_blank">Selon plusieurs m&eacute;dias</a>, le directeur du bureau r&eacute;gional du Menfp a fait passer un groupe d&rsquo;adolescents pour des &laquo;&nbsp;directeurs d&rsquo;&eacute;cole&nbsp;&raquo; afin d&rsquo;obtenir des ch&egrave;ques de 200,000 ou de 300,000 gourdes. Le directeur impliqu&eacute; dans ce scandale a pris la fuite en traversant la fronti&egrave;re haitiano-dominicaine. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">AKJ ne dispose pas de moyens pour investiguer les &eacute;ventuelles fraudes enregistr&eacute;es dans le Psugo au niveau national, voire &agrave; Port-au-Prince. Toutefois, comme par hasard, il a pu d&eacute;couvrir une &eacute;cole dont le nom est inscrit sur la liste des &eacute;tablissements ayant re&ccedil;u de l&rsquo;argent du minist&egrave;re et qui pourtant n&rsquo;a jamais fonctionn&eacute;e.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: black;" lang="FR"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D26_sign.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1360764351799" alt="" width="552" height="414" /></span></span></p>
<p style="padding-left: 120px;"><strong>Une enseigne d'une &eacute;cole qui n'a jamais ouvert ses portes, mais <br />qui figure sur ​​la liste des &eacute;coles pay&eacute;es par le Psugo l'ann&eacute;e derni&egrave;re.</strong> <br />Photo: AKJ/Marc Schindler Saint Val</p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>Bient&ocirc;t Coll&egrave;ge Justin Lh&eacute;risson&nbsp;</em>&raquo;, annonce une petite enseigne poussi&eacute;reuse &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de la route de Darbonne &agrave; L&eacute;og&acirc;ne.</span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&nbsp;&laquo;&nbsp;C<em>&rsquo;&eacute;tait un projet d&rsquo;un magistrat de la zone alors qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait que candidat. Maintenant qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; &eacute;lu, il n&rsquo;est jamais revenu sur le projet&nbsp;</em>! &raquo;, a l&acirc;ch&eacute; un voisin. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">L&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, <a href="http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=105199" target="_blank">l&rsquo;Initiative de la soci&eacute;t&eacute; civile (Isc) s&rsquo;est pench&eacute;e sur le Psugo</a> dans une &eacute;tude, et a accus&eacute; le programme d&rsquo;avoir cr&eacute;&eacute; plusieurs &eacute;coles fant&ocirc;mes, commun&eacute;ment appel&eacute;es, &laquo;&nbsp;<em>&eacute;coles valises&nbsp;</em>&raquo;. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;<em>Nous avions fait une enqu&ecirc;te qui a r&eacute;v&eacute;l&eacute; qu&rsquo;un tiers jusqu&rsquo;&agrave; peut &ecirc;tre un quart des &eacute;coles pour lesquelles on [l&rsquo;&Eacute;tat] a ouvert un compte courant n&rsquo;avaient m&ecirc;me pas donn&eacute; leur approbation</em>&nbsp;&raquo;, d&rsquo;apr&egrave;s Rosny Desroches, directeur ex&eacute;cutif de l&rsquo;Isc et &eacute;galement ancien ministre de l&rsquo;&eacute;ducation nationale. </span></p>
<p><strong><span style="color: black;" lang="FR">Psugo&nbsp;: quelle &eacute;ducation, pour quels enfants&nbsp;?</span></strong></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">La Constitution ha&iuml;tienne de 1987 garantit le droit &agrave; l&rsquo;&eacute;ducation de qualit&eacute; et gratuite. En d&eacute;pit de ces probl&egrave;mes de fraude, arri&eacute;r&eacute;s de salaires, mat&eacute;riels didactiques non-livr&eacute;s, le programme de l&rsquo;administration Martelly scolarise au moins une certaine quantit&eacute; d&rsquo;enfants, m&ecirc;me si la quantit&eacute; exacte reste inconnue. Mais dans quelles &eacute;coles, pour quelle qualit&eacute; d&rsquo;&eacute;ducation et pour quels enfants&nbsp;? </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Une &eacute;cole publique du Psugo doit recevoir annuellement 250 gourdes tandis que celle dite priv&eacute;e, 3,600 gourdes&nbsp;: soit, par jour, moins d&rsquo;une gourde (2 centimes US) pour une &eacute;cole publique et 22.5 gourdes (50 centimes US) pour celle dite priv&eacute;e. </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Par comparaison, une ann&eacute;e scolaire en cours primaire au Lyc&eacute;e Alexandre Dumas (une des meilleures &eacute;coles du syst&egrave;me fran&ccedil;ais en Ha&iuml;ti) coute plus de 100,000 gourdes (2,389 $ US), soit 625 gourdes par jour&nbsp;: <span style="text-decoration: underline;">Cela repr&eacute;sente plus de 600 fois le montant par jour pour une &eacute;cole publique du Psugo</span>, et <span style="text-decoration: underline;">pr&egrave;s de 30 fois le montant par jour pour une &eacute;cole priv&eacute;e</span> touch&eacute;e par ce programme gouvernemental d&rsquo;&eacute;ducation. (Ce montant n&rsquo;inclut pas l&rsquo;assurance sant&eacute;, le pr&ecirc;t d&rsquo;ouvrage<span style="text-decoration: line-through;">,</span> et encore moins les fournitures scolaires.) Une &eacute;cole de niveau moyen, comme le Coll&egrave;ge Le Normalien, co&ucirc;te un peu plus de 20,000 gourdes (475 $ US), soit 125 gourdes par jour, pour la 1<sup>&egrave;re</sup> ann&eacute;e fondamentale.&nbsp; <br /></span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">La professeure Delouis de la Cneh explique&nbsp;: &laquo;&nbsp; <em>Dans le secteur priv&eacute;, on a plusieurs cat&eacute;gories d&rsquo;&eacute;coles. On a une cat&eacute;gorie pour les gens riches (tr&egrave;s restreinte mais de meilleure qualit&eacute;), une pour les pauvres, une pour ceux qui sont extr&ecirc;mement pauvres, une pour ceux qui se d&eacute;brouillent&hellip; alors que l&rsquo;&eacute;cole devrait &ecirc;tre le lieu de brassage de la soci&eacute;t&eacute;.&nbsp;</em>&raquo;&nbsp; </span></p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Le professeur Haram Joseph, directeur d&rsquo;une &eacute;cole &agrave; Darbonne, fait part de son insatisfaction. <br /></span></p>
<p><em><span style="color: black;" lang="FR">&laquo;&nbsp;A mon avis, si le gouvernement continue sur la m&ecirc;me lanc&eacute;e on aura des directeurs d&rsquo;&eacute;coles pleins aux as, et finalement des enfants qui ne savent rien,&nbsp;&raquo; </span></em><span style="color: black;" lang="FR">dit-il tristement.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: black;" lang="FR"> <span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D26_tentschool.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1360764527953" alt="" width="588" height="374" /></span><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Des &eacute;l&egrave;ves dans une &eacute;cole nationale &agrave; Croix-des-Bouquets. </strong>Photo: AKJ/Marc Schindler Saint Val</p>
<p><span style="color: black;" lang="FR">Dans une autre institution scolaire participant au Psugo et b&eacute;n&eacute;ficiant d&rsquo;une assistance &eacute;trang&egrave;re, &nbsp;il est midi. Sous un soleil de plomb, des dizaines d&rsquo;&eacute;coliers travaillent. Relog&eacute;e apr&egrave;s le s&eacute;isme de 2010, l&rsquo;&eacute;cole nationale Charlotin Marcadieu fonctionne sous 14 tentes dispos&eacute;es en trois rang&eacute;es. Sous les pieds des &eacute;l&egrave;ves, des graviers qui blanchissent leurs chaussures. Avant de retourner dans sa &laquo;&nbsp;salle de classe&nbsp;&raquo;, un des professeurs lance d&rsquo;un ton am&egrave;re&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>A partir de 10:00 du matin, les salles-tentes de cours deviennent des fourneaux.</em>&nbsp;&raquo; </span></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/rss-comments-entry-32800921.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Le (projet) Phoenix qui ne cesse de renaître</title><dc:creator>Haiti Grassroots Watch - Ayiti Kale Je</dc:creator><pubDate>Mon, 21 Jan 2013 19:27:34 +0000</pubDate><link>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2013/1/21/le-projet-phoenix-qui-ne-cesse-de-renaitre.html</link><guid isPermaLink="false">684286:8086091:32606791</guid><description><![CDATA[<p><strong>Port-au-Prince, HAITI, 22 janvier 2013 </strong>&ndash; Depuis plus de deux ans, une &eacute;quipe de n&eacute;gociants ha&iuml;tiens et &eacute;tatsuniens travaille sur un m&eacute;gaprojet public-priv&eacute; baptis&eacute; Phoenix&nbsp;: une usine qui transformera les d&eacute;chets de la zone m&eacute;tropolitaine en &eacute;nergie &eacute;lectrique, ressource rare en Ha&iuml;ti, o&ugrave; le gouvernement r&eacute;ussit &agrave; fournir de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; &agrave; seulement 30% de la population.</p>
<p>Cependant, <a href="http://www.iepwr.com/projects/phoenix.html" target="_blank">ce projet</a>, qui engagera l&rsquo;Etat ha&iuml;tien par un contrat de 30 ans, implique une technologie tellement dangereuse qu&rsquo;elle est interdite dans certains pays.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 110%;"><strong>&Eacute;couter le programme audio</strong> (en cr&eacute;ole)</span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 110%;"><!-- BYOAudio.com Player code BEGIN --> </span></p>
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<p style="padding-left: 30px;"><a href="http://ayitikaleje.byoaudio.com/files/media/ab78a07d-b9f3-4c57-f878-5f2edd57ede4.mp3"><img src="http://www.byoaudio.com/client/web/click2download.gif" border="0" alt="" width="120" height="48" /></a>&nbsp;</p>
<p>Le projet Phoenix a &eacute;merg&eacute; des ruines laiss&eacute;s par le s&eacute;isme du 12 Janvier 2010. Des n&eacute;gociants &eacute;tatsuniens justifient la raison d&rsquo;&ecirc;tre du projet par le fait qu&rsquo;ils voudraient non seulement s&rsquo;engager dans la reconstruction, mais aussi &laquo;&nbsp;<em><a href="http://www.post-gazette.com/stories/news/world/in-haiti-companies-turning-trash-into-cash-644778/" target="_blank">faire plus que des profits</a>&nbsp;</em>&raquo;.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Nous voulons qu&rsquo;Ha&iuml;ti soit plus ind&eacute;pendante en terme d&rsquo;&eacute;nergie&nbsp;</em>&raquo;, explique un repr&eacute;sentant ha&iuml;tien de la firme &eacute;trang&egrave;re initiatrice du projet. Le repr&eacute;sentant, un homme d&rsquo;affaires bien connu, a accept&eacute; de parler &agrave; Ayiti Kale Je (AKJ) sous couvert de l&rsquo;anonymat, puisqu'il &eacute;met des critiques vis &agrave; vis de certains acteurs ha&iuml;tiens qui, dit-il, tentent de bloquer le projet. &laquo;&nbsp;<em>Nous avons investi des millions de dollars&hellip; Si nous devons l'abandonner, ce sera tr&egrave;s triste.&nbsp;</em>&raquo;</p>
<p><strong>Des cendres aux cendres</strong></p>
<p>Le projet Ph&oelig;nix, une usine d&rsquo;une capacit&eacute; de 30 m&eacute;gawatt (MW) con&ccedil;ue principalement par l&rsquo;entreprise <a href="http://www.iepwr.com/" target="_blank">International Electric Power</a> (IEP) de Pittsburg, Pennsylvanie, E.U., est un projet d'incin&eacute;rateur, connu en anglais sous le nom de &laquo;&nbsp;Waste to Energy&nbsp;&raquo; (WtE) ou &laquo; d&eacute;chets [transform&eacute;s] en &eacute;nergie&nbsp;&raquo;. Au d&eacute;part, une centrale de 50 MW a &eacute;t&eacute; pr&eacute;vue, avec l&rsquo;utilisation de &laquo;&nbsp;lignite&nbsp;&raquo; ou de &laquo;&nbsp;charbon brun&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D25_mallorca2.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1358796648148" alt="" width="557" height="473" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Vue a&eacute;rienne de l&rsquo;usine &laquo;&nbsp;WtE &raquo; de Ros Roca de Majorque en Espagne</strong>. Source: Ros Roca</p>
<p>Dans plusieurs pays o&ugrave; les d&eacute;chets sont trop &laquo;&nbsp;organiques&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;humides&nbsp;&raquo;, le charbon ou un autre carburant peut &ecirc;tre ajout&eacute; pour assurer l&rsquo;incin&eacute;ration &agrave; la temp&eacute;rature n&eacute;cessaire pour la production d&rsquo;&eacute;nergie. Cependant, &agrave; cause des critiques sur l&rsquo;incin&eacute;ration de charbon qui peut contribuer au r&eacute;chauffement climatique, pour le moment la question de l&rsquo;utilisation du lignite a &eacute;t&eacute; mise &agrave; l&rsquo;&eacute;cart et le projet a &eacute;t&eacute; revu &agrave; la baisse, &agrave; 30 MW.*</p>
<p>Pr&eacute;sent&eacute;e comme une usine qui cr&eacute;era &laquo;&nbsp;<em>pr&egrave;s de 10,000 emplois directs et indirects&nbsp;</em>&raquo; et qui &laquo; <em>apportera des solutions efficac</em><em>es aux divers probl&egrave;mes actuels de la soci&eacute;t&eacute; ha&iuml;tienne</em>&nbsp;&raquo;, Phoenix n&rsquo;est pas un projet &agrave; but non-lucratif. C&rsquo;est un partenariat priv&eacute;-public. L&rsquo;Etat aura 10 % des actions et les partenaires priv&eacute;s obtiendront 90 %. En plus, pendant 30 ans, l&rsquo;Etat, &agrave; travers l&rsquo;Electricit&eacute; d&rsquo;Etat d&rsquo;Ha&iuml;ti (EDH), s&rsquo;engagera &agrave; payer pour l&rsquo;entretien, le fonctionnement de l&rsquo;usine et l&rsquo;achat du courant &eacute;lectrique &laquo;&nbsp;<em>sur demande&nbsp;</em>&raquo;, a affirm&eacute; IEP, ajoutant que l&rsquo;Etat octroiera un terrain de 161 hectares au nord de la capitale.</p>
<p>Fond&eacute;e en 2005, l&rsquo;IEP n'a jamais construit ou g&eacute;r&eacute; une usine d'incin&eacute;ration. Toutefois, selon les informations diffus&eacute;es sur son site Internet, il est impliqu&eacute; dans un projet de biomasse et de deux parcs &eacute;oliens, dont un en Ha&iuml;ti. IEP confirme qu'il va sous-traiter la construction &agrave; la soci&eacute;t&eacute; espagnole <a href="http://www.rosroca.com/" target="_blank">Ros Roca</a>, qui a construit une usine semblable &agrave; Majorque dans ce m&ecirc;me pays.</p>
<p>IEP aura besoin d&rsquo;au moins US $250 millions pour la construction de l&rsquo;usine, a indiqu&eacute; Edward Rawson, vice-pr&eacute;sident de la compagnie, dans une interview par courrier &eacute;lectronique le 10 d&eacute;cembre 2012. Rawson pr&eacute;cise que sa firme est sur le point &nbsp;d&rsquo;obtenir ce financement d&rsquo;un organisme du gouvernement E.U., l&rsquo;<a href="http://www.opic.gov/" target="_blank">Overseas Private Investment Corporation</a> (OPIC), qui garantit des pr&ecirc;ts aux entreprises &eacute;tatsuniennes travaillant dans d&rsquo;autres pays.</p>
<p>D&rsquo;apr&egrave;s Rawson, l&rsquo;OPIC &laquo;&nbsp;<em>a exprim&eacute; son int&eacute;r&ecirc;t &agrave; investir en tant que pr&ecirc;teur de premier rang&nbsp;</em>&raquo;. Cependant, pr&eacute;cise-t-il, l&rsquo;OPIC attend les r&eacute;sultats d&rsquo;une &eacute;tude sur les impacts environnementaux en cours de pr&eacute;paration par la firme britannique Atkins, commandit&eacute;e par l'IEP.</p>
<p>Il ajoute que le Programme des Nations Unies pour l&rsquo;Environnement (PNUE), est sur le point de r&eacute;aliser une autre &eacute;tude, ce, pour le compte du gouvernement ha&iuml;tien.</p>
<p>Andrew Morton du PNUE a confirm&eacute; la r&eacute;alisation de cette &eacute;tude dans un courriel envoy&eacute; &agrave; AKJ le 9 janvier 2013.</p>
<p>&laquo; <em>Oui, le PNUE a entrepris une &eacute;valuation ind&eacute;pendante pour le compte du gouvernement ha&iuml;tien, de concert avec l'IEP. L'&eacute;valuation est en cours et le r&eacute;sultat restera confidentiel&nbsp;</em>&raquo;, &eacute;crit-il. Il ajoute que le travail durera encore trois &agrave; six mois, et qu&rsquo; &laquo; <em>un rapport public&nbsp;</em>&raquo; sera disponible une fois l&rsquo;&eacute;tude termin&eacute;e.</p>
<p><strong>Les autorit&eacute;s ha&iuml;tiennes applaudissent le projet Phoenix</strong></p>
<p>Le Projet Phoenix convient au gouvernement, selon le Ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; aupr&egrave;s du Premier Ministre charg&eacute; de la s&eacute;curit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique, Ren&eacute; Jean Jumeau.<em>&nbsp;</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Le projet fait partie du Plan d&rsquo;Action pour le D&eacute;veloppement de l&rsquo;&Eacute;lectricit&eacute; (PADE). Il s&rsquo;agit de placer &agrave; travers tout le pays des centrales de transformation de d&eacute;chets en &eacute;nergie &eacute;lectrique&nbsp;&raquo;,</em> pr&eacute;cise t-il dans une entrevue accord&eacute;e &agrave; AKJ le 10 octobre 2012.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>La transformation de d&eacute;chets en &eacute;nergie permettra d&rsquo;atteindre deux objectifs. Le premier, est d&rsquo;augmenter la capacit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique du pays et le second est li&eacute; au premier qui est d&rsquo;obtenir une meilleure gestion des d&eacute;chets solides&nbsp;</em>&raquo;, ajoute-t-il.</p>
<p>Le directeur g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;agence responsable de la gestion des d&eacute;chets dans la zone m&eacute;tropolitaine abonde dans le m&ecirc;me sens.</p>
<p>&laquo; <em>Avec la r&eacute;alisation du projet, nous aurons une r&eacute;gion m&eacute;tropolitaine beaucoup plus propre </em>&raquo;, croit Donald Paraison, directeur g&eacute;n&eacute;ral du Service M&eacute;tropolitain de Collecte des R&eacute;sidus Solides (SMCRS).</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D25_Garbage.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1358796983658" alt="" width="602" height="401" /></p>
<p style="padding-left: 120px;"><strong>Une rue typique dans le centre-ville de Port-au-Prince&nbsp;: des monticules de d&eacute;chets <br />&agrave; c&ocirc;t&eacute; des marchandes et des pi&eacute;tons.</strong> Photo: Jude Stanley Roy / AKJ</p>
<p>En mai 2012, IEP et le gouvernement ha&iuml;tien ont sign&eacute; deux accords sur le Projet Phoenix et les documents l&eacute;gaux pour l&rsquo;&eacute;ventuelle &laquo;&nbsp;soci&eacute;t&eacute; mixte anonyme&nbsp;&raquo; (SAM) sont d&eacute;j&agrave; r&eacute;dig&eacute;s.</p>
<p>Mais, le projet reste encore dans l&rsquo;impasse.</p>
<p><strong>Refus et objections</strong>&nbsp;</p>
<p>Selon les repr&eacute;sentants de l&rsquo;IEP, il semblerait que l&rsquo;approbation de l&rsquo;&Eacute;tat ha&iuml;tien n&rsquo;est pas suffisante pour faciliter la mise en &oelig;uvre du Projet Ph&oelig;nix, en d&eacute;pit du fait que l&rsquo;investissement soit priv&eacute;. Rawson a not&eacute; qu&rsquo;IEP attend <em>&laquo;&nbsp;l'approbation des bailleurs multinationaux</em>, <em>vu la complexit&eacute; du projet.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le repr&eacute;sentant d&rsquo;IEP en Ha&iuml;ti a &eacute;t&eacute; plus affirmatif.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Certains &lsquo;amis d'Ha&iuml;ti&rsquo; se sont oppos&eacute;s au projet&nbsp;&raquo;,&nbsp;</em>l&acirc;che-t-il. &laquo;&nbsp;<em>Le gouvernement ha&iuml;tien est comme un enfant. Il craint d'avancer parce qu&rsquo;il y a eu certaines objections sur le projet. En attendant que toutes les questions soient adress&eacute;es, le gouvernement n&rsquo;avance pas parce qu&rsquo;il a peur. Il craint de perdre l&rsquo;aide &eacute;trang&egrave;re... En d&eacute;pit de tout, nous ne renon&ccedil;ons pas.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p>AKJ a appris que le Project Phoenix a &eacute;t&eacute; repouss&eacute; &agrave; deux reprises par la Commission int&eacute;rimaire pour la reconstruction d&rsquo;Ha&iuml;ti (CIRH), instance jadis responsable de l&rsquo;approbation et de la coordination des projets de reconstruction.</p>
<p>Aucun responsable de la CIRH, caduque depuis octobre 2011, &nbsp;n&rsquo;est disponible pour discuter du dossier. Cependant, un employ&eacute; d&rsquo;une des institutions financi&egrave;res internationales (IFI&nbsp;/ Banque mondiale-BM ou la Banque interam&eacute;ricaine du d&eacute;veloppement-BID), qui a collabor&eacute; avec la CIRH &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, a parl&eacute; &agrave; AKJ sous couvert de l&rsquo;anonymat, parce que les employ&eacute;s n&rsquo;ont pas le droit d&rsquo;accorder des interviews sans permission.</p>
<p>Un deuxi&egrave;me employ&eacute; d&rsquo;une des IFI, au courant du dossier, affirme que &laquo;&nbsp;<em>La Banque Mondiale et la Banque Interam&eacute;ricaine de D&eacute;veloppement ont &eacute;tudi&eacute; le projet et tous deux l&rsquo;ont rejet&eacute; parce qu&rsquo;il serait terrible pour Ha&iuml;ti.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Plus r&eacute;cemment, joint par courrier &eacute;lectronique, Gilles Damais de la BID explique que son institution ne fait pas partie du Projet Phoenix, donc il ne peut &laquo;<em> ni confirmer ni infirmer </em>&raquo;.</p>
<p>Cependant, dans ses correspondances avec AKJ, Rawson d&rsquo;IEP donne&nbsp; l&rsquo;impression que la BID, la Banque mondiale et d&rsquo;autres instances sont impliqu&eacute;es, disant qu&rsquo;elles sont &laquo;&nbsp;<em>engag&eacute;es&nbsp;</em>&raquo;.</p>
<p><strong>Risques et doutes</strong></p>
<p>Le premier employ&eacute; de l&rsquo;IFI, dans son interview t&eacute;l&eacute;phonique, souligne les principales objections au projet : le manque de transparence et l&rsquo;engagement potentiel de l&rsquo;Etat dans une activit&eacute; o&ugrave; il est d&eacute;j&agrave; en faillite.</p>
<p>En effet, le Projet Phoenix surgit comme un projet &laquo;&nbsp;tout fait&nbsp;&raquo;, sans aucun appel d&rsquo;offre ouvert. L&rsquo;IEP a choisi ses partenaires sans aucune supervision gouvernementale. Par exemple, la compagnie Ros Roca d&rsquo;Espagne construira l&rsquo;usine, le Boucard Pest Control travaillera (avec SMCRS) dans la collecte des d&eacute;chets, et la firme Atkins, r&eacute;alise l&rsquo;&eacute;tude sur les impacts environnementaux.</p>
<p>Pour Jean Jumeau, le Ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la s&eacute;curit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique, ceci explique l&rsquo;impasse.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, nous ne pouvons pas d&eacute;marrer avec ce projet parce qu&rsquo;il y a des partenaires internationaux qui veulent s&rsquo;assurer que le projet se r&eacute;alise de mani&egrave;re transparente&hellip; &nbsp;comp&eacute;titive et impartiale&nbsp;</em>&raquo;, explique-t-il.</p>
<p>Plus pr&eacute;occupant est l&rsquo;engagement financi&egrave;re de l&rsquo;EDH et le gouvernement pendant 30 ans, o&ugrave; les investisseurs sont pay&eacute;s pour g&eacute;rer l&rsquo;usine pendant une p&eacute;riode de 30 ans.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Ce projet repr&eacute;sente un gros risque financier pour le gouvernement&nbsp;</em>&raquo;, a confi&eacute; un employ&eacute; d&rsquo;IFI.</p>
<p>L&rsquo;Etat n&rsquo;a pas la capacit&eacute; de g&eacute;rer les installations &eacute;lectriques d&eacute;j&agrave; existantes. L&rsquo;EDH perd plus de la moiti&eacute; de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; produite, d&rsquo;apr&egrave;s un document de la BID dat&eacute; de juin 2012.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>La perte totale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; est de pr&egrave;s de 70 % avec une perte de revenu de US $161 millions par an pour l&rsquo;EDH&nbsp;</em>&raquo;, note le rapport, qui ajoute que le gouvernement &laquo;&nbsp;<em>n&rsquo;a pas la capacit&eacute; de d&eacute;velopper une politique &eacute;nerg&eacute;tique, et de planifier et g&eacute;rer le secteur &eacute;nerg&eacute;tique.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D25_wires.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1358797183074" alt="" width="617" height="574" /></p>
<p style="padding-left: 120px;"><strong>Pyl&ocirc;ne &eacute;lectrique typique sur lequel se greffe des <span style="color: #00b050;">&nbsp;</span>accordements ill&eacute;gaux.</strong><br />Photo: Jude Stanley Roy / AKJ</p>
<p>L&rsquo;IEP admet ce fait.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Apr&egrave;s 1986, il y a eu un mouvement populaire qui s&rsquo;est transform&eacute; en populisme, lequel a engendr&eacute; des gouvernements d&eacute;magogiques. Tout cela est pr&eacute;judiciable au pays&nbsp;&raquo;</em>,&nbsp;l&acirc;che le repr&eacute;sentant local, qui soutient que, par souci de popularit&eacute;, les &laquo;&nbsp;<em>mauvais gouvernements&nbsp;</em>&raquo; ont permis &agrave; la population de se brancher ill&eacute;galement sur le r&eacute;seau..</p>
<p>En signant un accord sur l&rsquo;achat d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, l&rsquo;Etat et l&rsquo;EDH s&rsquo;engageront &agrave; payer une entreprise priv&eacute;e (et largement &eacute;trang&egrave;re) pendant 30 ans. Port-au-Prince a d&eacute;j&agrave; fait l&rsquo;exp&eacute;rience de ce qui se passe quand l&rsquo;Etat rate un paiement. C&rsquo;est <a href="http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=110146" target="_blank">le black-out</a>.</p>
<p><strong>Les questions environnementales</strong></p>
<p>Le projet Phoenix fait face &agrave; deux principaux d&eacute;fis au niveau de l&rsquo;environnement.</p>
<p>Le premier concerne les d&eacute;chets d&rsquo;Ha&iuml;ti. D&rsquo;apr&egrave;s plusieurs &eacute;tudes et sources, les ordures sont trop &laquo;&nbsp;organiques &raquo; et humides, un fait reconnu par Ronald Romain, le directeur de la section technique et environnementale de l&rsquo;EDH.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Nos d&eacute;chets </em><em>n&rsquo;ont pas la valeur calorifique n&eacute;cessaire&nbsp;</em>&raquo; pour une usine de production &eacute;nerg&eacute;tique par incin&eacute;ration, lance-t-il.</p>
<p style="text-align: center;"><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D25_PAPwasteBME2006.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1358797358035" alt="" width="573" height="366" /></span></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Ce graphique montre que 75 pour cent des d&eacute;chets des villes en Ha&iuml;ti sont organiques</strong>. <br />Source: Bureau des Mines et d'Energie d&rsquo;Ha&iuml;ti, 2006, in "<a href="http://www.haitiregeneration.org/sites/hri7/files/attached_files/Haiti_Waste-to-Energy_Final_Nov-14-2010.pdf" target="_blank">Haiti Waste-to-Energy Opportunity Analysis</a>," <br />2010 [pdf]</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D25_USwaste2005.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1358797458935" alt="" width="584" height="422" /></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>La composition des d&eacute;chets des villes aux Etats-Unis</strong>, in "<a href="http://www.haitiregeneration.org/sites/hri7/files/attached_files/Haiti_Waste-to-Energy_Final_Nov-14-2010.pdf" target="_blank">Haiti Waste-to-Energy Opportunity Analysis</a>," <br />2010 [pdf]</p>
<p>Pour dissiper les doutes, IEP a effectu&eacute; une &eacute;tude durant deux mois qui montre que &laquo; <em>nous aurons le niveau calorifique dont nous avons besoin&nbsp;</em>&raquo;, r&eacute;fute le repr&eacute;sentant local. Cependant, comme l'&eacute;tude sur les impacts environnementaux d&rsquo;Atkins, celle-ci a &eacute;t&eacute; pay&eacute;e et supervis&eacute;e par l'IEP. Par cons&eacute;quent, ses r&eacute;sultats ne peuvent pas &ecirc;tre fiables. AKJ n'a pas obtenu une copie dudit rapport.</p>
<p>Cependant, une autre &eacute;tude r&eacute;cente (2010) &nbsp;&ndash; &laquo;&nbsp;<a href="http://www.ayitikaleje.org/haiti-grassroots-watch-engli/in%20%22Haiti%20Waste-to-Energy%20Opportunity%20Analysis,%22" target="_blank">Haiti Waste-to-Energy Opportunity Analysis</a>&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;Analyse des opportunit&eacute;s pour la conversion des d&eacute;chets en &eacute;nergie en Ha&iuml;ti&nbsp;&raquo;), r&eacute;alis&eacute;e par une firme priv&eacute;e pour une agence du gouvernement &eacute;tatsunien &ndash; jette beaucoup de doutes sur les r&eacute;clamations d&rsquo;IEP. En consid&eacute;rant trois options pour l&rsquo;utilisation des d&eacute;chets pour la production d'&eacute;nergie &ndash; combustion ou incin&eacute;ration (l&rsquo;option du projet Phoenix), gaz&eacute;ification ou biomasse, le rapport recommande la biomasse.</p>
<p>Le rapport se positionne clairement.</p>
<p class="Default"><em><span style="color: windowtext;" lang="FR">&laquo;&nbsp;Le flot de d&eacute;chets en Ha&iuml;ti est principalement de 65 &agrave; 75 % organique...c&rsquo;est pourquoi, les d&eacute;chets organiques, contenant beaucoup d&rsquo;eau, ne sont pas de bons intrants pour la combustion et la gaz&eacute;ification</span></em><span style="color: windowtext;" lang="FR">&raquo;, proclame-t-il.</span></p>
<p>Le dernier probl&egrave;me pour les adh&eacute;rents du Phoenix est la question des risques pour l&rsquo;environnement et la sant&eacute;. Parce qu'ils sont si importants, il y a <a href="http://www.no-burn.org/" target="_blank">un mouvement international anti-incin&eacute;ration&nbsp;</a>qui n&rsquo;&eacute;pargne pas les villes comme <a href="http://www.rollcall.com/issues/57_41/Trash-Burning-System-for-Capitol-Raises-Concerns-209417-1.html" target="_blank">Washington, DC</a>. Les raisons&nbsp;? Les incin&eacute;rateurs peuvent &eacute;mettre un cocktail de centaines de produits chimiques et de m&eacute;taux lourds tels que le mercure, l&rsquo;arsenic et le plomb. [T&eacute;l&eacute;charger le <a href="http://www.no-burn.org/downloads/Incinerator_Myths_vs_Facts%20Feb2012.pdf" target="_blank">GAIA Factsheet </a>- pdf]</p>
<p><span class="full-image-float-left ssNonEditable"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D25_HatfieldNZ.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1358797705669" alt="" /></span></p>
<p>Selon l&rsquo;Alliance globale pour l&rsquo;alternative &agrave; l&rsquo;incin&eacute;ration (GAIA), &laquo;<em>&nbsp;<a href="http://www.no-burn.org/article.php?list=type&amp;type=81" target="_blank">dans certains pays, comme le Mexique, le Br&eacute;sil, le Chili et &nbsp;l&rsquo;Argentine, il y a m&ecirc;me des lois et ordonnances au niveau des municipalit&eacute;s qui interdisent l&rsquo;incin&eacute;ration des d&eacute;chets&nbsp;</a></em>&raquo;.</p>
<p>Malgr&eacute; tout, le repr&eacute;sentant local de l&rsquo;IEP a d&eacute;clar&eacute; que l&rsquo;installation de cette usine n&rsquo;aura aucun effet n&eacute;gatif sur l&rsquo;environnement ou la sant&eacute;.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Apr&egrave;s l&rsquo;incin&eacute;ration des d&eacute;chets, on traitera les fum&eacute;es &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un syst&egrave;me de filtrage tr&egrave;s sophistiqu&eacute;. Cela permettra que des m&eacute;taux dangereux et parfois pr&eacute;cieux &nbsp;soient enlev&eacute;s </em>&raquo;, explique-t-il. &laquo;&nbsp;<em>Nos &eacute;missions seront moins toxiques que celles provenant des centrales &eacute;lectriques existantes&hellip; et moins toxiques que la fum&eacute;e r&eacute;sultant des ordures qui sont br&ucirc;l&eacute;es &agrave; ciel ouvert.&nbsp;</em>&raquo;</p>
<p>Mais les organisations anti-incin&eacute;ration comme GAIA souligne que &laquo;&nbsp;<em>m&ecirc;me les incin&eacute;rateurs les plus avanc&eacute;s au niveau technologique peuvent lib&eacute;rer des milliers de polluants qui contaminent l'air, le sol et l'eau </em>&raquo;. L&rsquo;organisation cite &agrave; l&rsquo;appui de nombreuses &eacute;tudes.</p>
<p><strong>L&rsquo;oiseau, renait -il de ses cendres ? </strong></p>
<p>L'avenir du Projet Phoenix reste incertain.&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;EDH est en faillite. Les deux &eacute;tudes restent inachev&eacute;es. L&rsquo;OPIC n'a pas encore donn&eacute; le feu vert. En plus, beaucoup se demandent si un gouvernement qui ne peut pas emp&ecirc;cher l'abattage ill&eacute;gal d'arbres et l'utilisation d&rsquo;emballages en plastique (interdite l'ann&eacute;e derni&egrave;re) peut surveiller ad&eacute;quatement une usine d'incin&eacute;ration.</p>
<p>L&rsquo;IEP r&eacute;clame l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t et m&ecirc;me l&rsquo;appui de plusieurs instances tant en Ha&iuml;ti qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, mais AKJ a d&eacute;couvert beaucoup de r&eacute;serves. Et beaucoup de risques.&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;employ&eacute; de l&rsquo;IFI pense que toutes les critiques pr&eacute;sagent que &laquo;&nbsp;<em>le projet mourra de lui-m&ecirc;me&nbsp;</em>&raquo;.</p>
<p>Peut-&ecirc;tre.</p>
<p>Mais, peut-&ecirc;tre aussi, si les autorit&eacute;s ha&iuml;tiennes et internationales continuent de se r&eacute;unir &agrave; huis clos, de mettre au point des projets sans transparence, et persistent dans la pratique de l&rsquo;anonymat, ce Phoenix, comme son homonyme, continuera &agrave; rena&icirc;tre de ses cendres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: 90%;">* NB : IEP reconnait que l&rsquo;option lignite n&rsquo;est pas d&eacute;finitivement &eacute;cart&eacute;e, d&rsquo;apr&egrave;s Edward Rawson de l&rsquo;IEP &nbsp;qui a &eacute;crit &agrave; AKJ le 10 d&eacute;cembre 2012&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>La cr&eacute;ation d'une mine [de charbon] et son exploitation en partenariat avec le gouvernement d'Ha&iuml;ti continue de faire partie de l'accord actuel entre l'IEP et GOH. Cela peut &eacute;ventuellement conduire &agrave; la construction d'une centrale &eacute;lectrique pr&egrave;s de Ma&iuml;ssade.&nbsp;</em>&raquo;) </span></p>
<p><span style="font-size: 90%;">Le repr&eacute;sentant local de l&rsquo;IEP remarque que&nbsp;&laquo;&nbsp;<em>les &eacute;trangers nous ont refus&eacute; l&rsquo;utilisation de &lsquo;lignite&rsquo;, parce qu&rsquo;il est trop polluant. Cependant, dans tous leurs pays, ils utilisent le charbon&hellip; D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est le charbon qui a fait la richesse du Pittsburgh, par exemple&nbsp;!&nbsp;</em>&raquo;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Ayiti Kale Je est un partenariat &eacute;tabli entre </em><a href="http://www.alterpresse.org/"><strong><em><span style="color: #457da8;">AlterPresse</span></em></strong></a><em>, la </em><a href="http://www.saks-haiti.org/"><strong><em><span style="color: #457da8;">Soci&eacute;t&eacute; pour l&rsquo;Animation de la Communication Sociale (SAKS)</span></em></strong></a><em>, le R&eacute;seau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Ha&iuml;tiennes (REFRAKA), les radios communautaires et des &eacute;tudiants de la Facult&eacute; des Sciences Humaines/Universit&eacute; d'Etat d&rsquo;Ha&iuml;ti.</em></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/rss-comments-entry-32606791.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Commerce Haïti-République Dominicaine : Exportation ou exploitation?</title><dc:creator>Haiti Grassroots Watch - Ayiti Kale Je</dc:creator><pubDate>Fri, 21 Dec 2012 11:51:47 +0000</pubDate><link>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2012/12/21/commerce-haiti-republique-dominicaine-exportation-ou-exploit.html</link><guid isPermaLink="false">684286:8086091:32139809</guid><description><![CDATA[<p><strong>Port-au-Prince,&nbsp; HAITI, 21 d&eacute;c. 2012</strong> &ndash; &laquo;<em>Tous sont achet&eacute;s sur la fronti&egrave;re ha&iuml;tiano-dominicaine&nbsp;: la carotte, le mirliton, l&rsquo;aubergine, les choux, le piment, les &oelig;ufs, le salami, tous. C&rsquo;est la fronti&egrave;re qui soutient le pays&nbsp;&raquo;</em>, explique une marchande d&eacute;bout devant son &eacute;talage plein &agrave; craquer.</p>
<p>Cette marchande &ndash; qui a refus&eacute; de donner son nom par crainte de repr&eacute;sailles des autorit&eacute;s douani&egrave;res ha&iuml;tiennes pour le non-paiement de taxes &ndash; vend des produits alimentaires au grand march&eacute; de la Croix des bossales, le plus grand march&eacute; public de la zone m&eacute;tropolitaine de Port-au-Prince. Chaque jour,&nbsp; des centaines de vendeurs et d&rsquo;acheteurs s&rsquo;empilent sur cette vaste terre sale, bruyante, situ&eacute;e &agrave; quelques pas du principal port du pays.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D24_products.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1356091171529" alt="" width="610" height="432" /></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>Une sc&egrave;ne typique - des monticules de produits dominicains en vente dans <br />un march&eacute; de P&eacute;tion-ville.</strong> Photo: Jude Stanley Roy/AKJ</p>
<p>Des montagnes de p&acirc;tes dominicaines, des tours d'&oelig;ufs dominicains, des monticules de plantains dominicains et des piles de p&acirc;tes de tomate, ketchups, mayonnaises et autres pr&eacute;parations alimentaires sont partout. M&ecirc;me situation dans les supermarch&eacute;s ha&iuml;tiens.</p>
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<p style="padding-left: 30px;"><a href="http://ayitikaleje.byoaudio.com/files/media/c34ffc3e-d474-5dcb-63bd-953ea5b45e2c.mp3"><img src="http://www.byoaudio.com/client/web/click2download.gif" border="0" alt="" width="120" height="48" /></a></p>
<p style="padding-left: 30px;">&nbsp;</p>
<p>Au m&ecirc;me titre que la marchande de l&eacute;gumes, les autres marchandes et marchands sont tous entour&eacute;s de toutes parts. Des produits, il en existe. Mais, la quasi-totalit&eacute; n&rsquo;est pas produite dans le pays... et la majorit&eacute; vient de la R&eacute;publique Dominicaine.&nbsp;</p>
<p>C&rsquo;est la m&ecirc;me situation aux march&eacute;s de Tabarre, de la Croix-des-bouquets et de Salomon, d&rsquo;apr&egrave;s une enqu&ecirc;te effectu&eacute;e par Ayiti Kale Je (AKJ), un partenariat m&eacute;diatique qui se concentre sur la reconstruction en Ha&iuml;ti.</p>
<p>Dans ces quatre march&eacute;s cl&eacute;s de la capitale ha&iuml;tienne, les produits ha&iuml;tiens ne sont pas tr&egrave;s &eacute;vidents.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D24_eggs.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1356091257983" alt="" width="616" height="823" /></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>Une tour d'&oelig;ufs dominicains &agrave; c&ocirc;t&eacute; de mayonnaise dominicaine et de <br />p&acirc;te de tomate ha&iuml;tienne. </strong>Photo: Jude Stanley Roy/AKJ</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Nous ne les trouvons pas. Ils n&rsquo;existent presque pas &raquo;, </em>d&rsquo;apr&egrave;s une commer&ccedil;ante assise &agrave; c&ocirc;t&eacute; d'un tour de cartons gris remplis d&rsquo;&oelig;ufs dominicains.</p>
<p>Dans les quincailleries, un ph&eacute;nom&egrave;ne similaire. Les sacs de ciments dominicains atteignent le plafond. Dans la plupart des huit magasins visit&eacute;s, les vendeurs ont indiqu&eacute; que le ciment dominicain se vend mieux que le ciment dit &laquo;&nbsp;ha&iuml;tien&nbsp;&raquo;. (En fait, c&rsquo;est du ciment import&eacute; en gros et mis en sac en Ha&iuml;ti.)</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Le ciment ha&iuml;tien est beaucoup plus cher, mais il est de qualit&eacute;. Contrairement au ciment dominicain qui est moins cher, mais pas de qualit&eacute;&nbsp;</em>&raquo;, d&rsquo;apr&egrave;s un travailleur de GB Hardware. Tandis que chez Alliance Distribution S.A., on dit que la livraison du ciment dominicain &laquo;&nbsp;<em>est plus rapide et donne moins de difficult&eacute;&nbsp;</em>&raquo;.</p>
<p>Le flot de produits venant de la R&eacute;publique Dominicaine qui arrive en Ha&iuml;ti, r&eacute;sulterait-il d&rsquo;une simple exportation ou d&rsquo;une exploitation de la faiblesse de l'&eacute;conomie d'Ha&iuml;ti apr&egrave;s le d&eacute;vastateur tremblement de terre?</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">Le s&eacute;isme, a-t-il &eacute;branl&eacute; les relations &eacute;conomiques ?</strong></p>
<p>Le 12 janvier 2010,&nbsp; un s&eacute;isme a frapp&eacute; Ha&iuml;ti et a fait pr&egrave;s de 200 mille morts et jet&eacute; des milliers de personnes dans les rues. Selon les estimations de la Banque mondiale (BM), environ 8% du stock en capital a &eacute;t&eacute; d&eacute;truit. Pour le secteur agricole, le pays a connu une perte de US $ 8 millions, selon le gouvernement ha&iuml;tien.</p>
<p>En plus des pertes au niveau de l&rsquo;agriculture et des dommages dans les infrastructures routi&egrave;res, des d&eacute;g&acirc;ts ont &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;s dans les structures d&rsquo;irrigation dans les zones proches de l&rsquo;&eacute;picentre du s&eacute;isme. La n&eacute;cessit&eacute; de nourrir la population ajout&eacute;e aux besoins imm&eacute;diats des acteurs internationaux dans leur travail d&rsquo;urgence a &eacute;t&eacute; b&eacute;n&eacute;fique aux secteurs industriel et agricole dominicains, selon une repr&eacute;sentante d&rsquo;une association industrielle dominicaine.</p>
<p>Le s&eacute;isme a eu &laquo;&nbsp;<em>des effets positifs pour l&rsquo;industrie, surtout en ce qui a trait aux mat&eacute;riaux de construction</em>&nbsp;&raquo;, admet Madame Circ&eacute; Almanzar Melgen, vice-pr&eacute;sidente ex&eacute;cutive de l&rsquo;Association des Industries de la R&eacute;publique Dominicaine (AIRD).</p>
<p>En tant que voisin d'Ha&iuml;ti, la R&eacute;publique dominicaine, ses entreprises et les agriculteurs &eacute;taient &laquo; <em>au bon endroit et au bon moment&nbsp;</em>&raquo;, comme on dit. Mais d&eacute;j&agrave; &agrave; la veille de la catastrophe, le voisin d&rsquo;Ha&iuml;ti se pla&ccedil;ait en bonne position.</p>
<p>En 2000, le pourcentage d&rsquo;exportation vers Ha&iuml;ti repr&eacute;sentait 3% de toute l&rsquo;exportation dominicaine. Neuf ans plus tard, soit en 2009, Ha&iuml;ti achetait 15% de toute l&rsquo;exportation dominicaine, d&rsquo;apr&egrave;s <a href="http://www.bancomundial.org/es/news/2012/06/11/haiti-and-the-dominican-republic-more-than-the-sum-of-its-parts " target="_blank"><em>Hait&iacute;, Rep&uacute;blica Dominicana: M&aacute;s que la Suma de las Partes</em></a>, un rapport de la Banque mondiale (BM) publi&eacute; en 2012.</p>
<p>Dans <a href="http://www.economia.gob.do/UploadPDF/Comentarios_Estudio_BM.pdf " target="_blank">un commentaire qu&rsquo;elle a &eacute;crit le 5 juin 2012</a> sur cette &eacute;tude de la BM, une repr&eacute;sentante du gouvernement dominicain observ&eacute; que deux ann&eacute;es apr&egrave;s le tremblement de terre que &laquo; <em>les exportations dominicaines vers Ha&iuml;ti ont consid&eacute;rablement augment&eacute; en passant de US $647.3 millions en 2009 &agrave; US $869.23 millions en 2010 et US $1,013 millions en 2011.&nbsp;</em>&raquo;</p>
<p>Madame Magdalena Lizardo, travaillant au Minist&egrave;re de l&rsquo;Economie, de la Planification et D&eacute;veloppement continue et note : &laquo; <em>Si l&rsquo;on exclu les importations de zones franches,&nbsp;depuis 2010 Ha&iuml;ti est la premi&egrave;re destination des exportations nationales, qui ont atteint une valeur de US $ 575.6 millions en 2011, l&eacute;g&egrave;rement sup&eacute;rieure au US$ 570.8 millions export&eacute;s vers les Etats-Unis.</em> &raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Ha&iuml;ti repr&eacute;sente le march&eacute; le plus important pour la R&eacute;publique Dominicaine pour sa proximit&eacute; et pour la &nbsp;facilit&eacute; qu&rsquo;il y a de pouvoir p&eacute;n&eacute;trer sur son march&eacute; </em>&raquo;, consent Madame Almanzar.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D24_ciment2.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1356091495581" alt="" width="598" height="303" /></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Un camion de ciment dominicain en dehors d'un chantier de reconstruction <br />&agrave; Port-au-Prince.</strong> Photo: Jude Stanley Roy/AKJ</p>
<p>Pour sa part, Maria Isabel Gasso, pr&eacute;sidente de la Chambre de commerce et de production de Santo Domingo, est clair sur la raison de l&rsquo;augmentation.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;augmentation s&rsquo;est fait, parce que premi&egrave;rement vous avez des besoins, s&rsquo;il y a un march&eacute; qui ach&egrave;te, il n&rsquo;a pas de fournisseurs qui vendent. C&rsquo;est &agrave; cause, des produits que vous avez besoin d&rsquo;eux</em>.&nbsp;<em> Si des fabriques, des industries &nbsp;ont souffert &agrave; cause de &ccedil;a [le s&eacute;isme], alors le besoin se fait encore plus sentir</em>&raquo;, dit-elle.</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">D&eacute;ficit commercial croissant</strong></p>
<p>Indubitablement, Ha&iuml;ti est dans le besoin.</p>
<p>Le pays accuse un d&eacute;ficit commercial croissant depuis les ann&eacute;es 1970. Auparavant, il &eacute;tait en grande partie auto-suffisant au niveau alimentaire, ciment et d'autres produits.</p>
<p>Cependant, l&rsquo;&eacute;conomie ha&iuml;tienne est caract&eacute;ris&eacute;e par l&rsquo;extraversion depuis avant son ind&eacute;pendance en 1804, ce qui veut dire que les diff&eacute;rents gouvernements qui ont succ&eacute;d&eacute; &agrave; la r&eacute;volution ont tr&egrave;s rarement d&eacute;velopp&eacute; une politique qui pourrait permettre et encourager des industries nationales et une agriculture moderne qui pourrait aider &agrave;&nbsp; faire face &agrave; une population croissante.</p>
<p>Les &eacute;lites locales gagnaient leur vie en majorit&eacute; par l'exportation de mati&egrave;res premi&egrave;res (caf&eacute;, cacao, indigo, sucre, etc.) et l'importation des aliments transform&eacute;s et des produits finis. &nbsp;</p>
<p>Ha&iuml;ti n'a pas suivi la tendance de promouvoir les industries de &laquo; <em>substitution aux importations </em>&raquo; qui a balay&eacute; soi-disant les anciennes colonies de l&rsquo;Am&eacute;rique latine, de l&rsquo;Afrique et de l&rsquo;Asie dans les ann&eacute;es 1950 et 1960. La politique de substitution &agrave; l&rsquo;importation a permis aux industries locales de se d&eacute;velopper sous la protection d&rsquo;un niveau de tarif &eacute;lev&eacute; et autres avantages conf&eacute;r&eacute;s par les&nbsp; gouvernements.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>On a un mod&egrave;le de croissance qui affaiblit les secteurs productifs au profit des importations et des importateurs. De nos jours, on a une &eacute;conomie largement tributaire des d&eacute;cisions des importateurs. Celui-ci reproduit un mod&egrave;le consolid&eacute; d&eacute;j&agrave;&nbsp; au 19<sup>e</sup> si&egrave;cle. &nbsp;Nous sommes encore sous ce m&ecirc;me r&eacute;gime. Et &ccedil;a s&rsquo;est intensifier</em>&nbsp;&raquo;, analyse l&rsquo;&eacute;conomiste Camille Chalmers, professeur &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; d&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Ha&iuml;ti et directeur d&rsquo;une plateforme pr&ocirc;nant un &laquo; <em>d&eacute;veloppement alternatif </em>&raquo;.</p>
<p>Cependant, de l&rsquo;autre cot&eacute; de la fronti&egrave;re, le pays voisin a fait diff&eacute;remment en soutenant des industries nationales.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Le mod&egrave;le en RD est vielle de 50-60 ans&nbsp;&raquo;, </em>d&rsquo;apr&egrave;s Madame Gasso de la Chambre de commerce de Santo Domingo. &laquo;<em> Ils ont eu un certain temps des lois de promotions, des lois inventives de production et d&rsquo;exportation, les lois de zones franches. Ce sont des industries qui sont l&agrave; depuis des ann&eacute;es, qui ont eu la chance de b&eacute;n&eacute;ficier des promotions d&rsquo;exportation et des promotions de la production nationale.</em>&raquo;</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">Une politique n&eacute;olib&eacute;rale d&eacute;vastatrice</strong></p>
<p>L&rsquo;application des politiques n&eacute;olib&eacute;rales &ndash; la r&eacute;duction des tarifs protectifs, la privatisation des industries d'&Eacute;tat, la r&eacute;duction des services publics, et d&rsquo;autres politiques &ndash;&nbsp; impl&eacute;ment&eacute;es &agrave; la fin du 19<sup>&egrave;</sup> si&egrave;cle, ont &eacute;t&eacute; aussi des coups durs pour l&rsquo;&eacute;conomie ha&iuml;tienne d&eacute;j&agrave; en souffrance.</p>
<p>Les tarifs sur les produits agricoles et alimentaires ont commenc&eacute; par baisser en 1982. La baisse s&rsquo;est acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e en 1995 o&ugrave; la majorit&eacute; des tarifs sont tomb&eacute;s &agrave; 0%.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D24_tariffs.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1356091608575" alt="" width="618" height="172" /></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>Graphique comparant les niveaux de certains tarifs protecteurs d'Ha&iuml;ti.</strong> <br />Source: USAID Office of Food for Peace Market Analysis, 2010</p>
<p>Actuellement, Ha&iuml;ti a le tarif le plus bas de toute la Cara&iuml;be.</p>
<p>Cette r&eacute;duction radicale faisait partie d'un accord de 1994, commun&eacute;ment appel&eacute; &laquo;&nbsp;<em>le Plan de Paris</em>&nbsp;&raquo;, entre le gouvernement de Jean Bertrand Aristide en exil avec les institutions multilat&eacute;rales (notamment la BM et le Fonds Mon&eacute;taire International - FMI) et les pays dits &laquo; <em>amis d'Ha&iuml;ti</em> &raquo;&nbsp;(entre autres les &Eacute;tats-Unis, la France, et la Canada).&nbsp;</p>
<p>Cet accord a &eacute;t&eacute; vu comme <em>quid pro quo. </em>Le gouvernement d&rsquo;Aristide devait appliquer une s&eacute;rie de politique n&eacute;olib&eacute;rale radicale en &eacute;change de son retour au pouvoir en 1994. (M. Aristide a &eacute;t&eacute; renvers&eacute; par un coup d'&Eacute;tat sanglant, soutenu par les &eacute;lites locales et par le US Central Intelligence Agency, en 1991.)&nbsp;</p>
<p>Depuis 1995, la balance commerciale d&eacute;ficitaire ha&iuml;tienne ne cesse d&rsquo;augmenter de concert avec la quantit&eacute; de produits alimentaires import&eacute;s. Toujours en 1995, la balance commerciale ha&iuml;tienne &eacute;tait plus de -US$500 millions. D&rsquo;apr&egrave;s le gouvernement ha&iuml;tien, ce chiffre a augment&eacute; pour atteindre -US$813 millions en 2000, et il &eacute;l&egrave;vera &agrave; plus de -US$ 2,2 milliards, selon le FMI dans un rapport publi&eacute; en aout 2012.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D24_ElCriollito.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1356091717117" alt="" width="548" height="690" /></p>
<p style="padding-left: 90px;"><strong>Marie Yol&egrave;ne Meritus, marchande du vin, d&rsquo;&oelig;ufs, de l&rsquo;assaisonnement, <br />de la p&acirc;te de tomate, des p&acirc;tes, et des cubes boullions dominicaines, <br />v&ecirc;tue d'un dossard de la marque &ldquo;El Crillolito&rdquo; devant son &eacute;tal au march&eacute; <br />de Croix des Bouquets. &laquo; <em>Nos produits ne sont pas comp&eacute;titifs. Les produits dominicains sont moins chers et nous permettent de tirer plus de profit.</em> &raquo;</strong> <br />Photo: AKJ</p>
<p>Le d&eacute;ficit alimentaire, en termes de dollars, &eacute;tait de -US$242 millions en 2000. Sept ans plus tard, soit en 2007, il &eacute;tait de -US$342 millions. En 2005 d&eacute;j&agrave;, pr&egrave;s de 57% des produits alimentaires consomm&eacute;s en Ha&iuml;ti &eacute;taient import&eacute;s, selon le Minist&egrave;re Ha&iuml;tien de l&rsquo;agriculture.</p>
<p>Ce chiffre est sans doute plus &eacute;lev&eacute; aujourd'hui.</p>
<p>Luc Esp&eacute;ca, directeur g&eacute;n&eacute;ral du Minist&egrave;re de Commerce et d&rsquo;Industrie, reconnait ces dommages.</p>
<p><em>&laquo; L&rsquo;importation cause de grands impacts sur les producteurs locaux&hellip; Ils travaillent, mais le march&eacute; est envahi [par des produits moins chers]. Les producteurs ne trouveront pas de prix pour leur production. Or lorsqu&rsquo;on produit et on ne peut rentrer son argent, &ccedil;a devient d&eacute;courageant&raquo;, </em>persiste-t-il.</p>
<p>Les importations et la baisse des tarifs ne sont &nbsp;pas les uniques raisons expliquant que la production agricole n&rsquo;arrive pas &agrave; suivre la croissance d&eacute;mographique. Entre autres raisons citons, le manque d&rsquo;investissement du secteur public et priv&eacute;, le syst&egrave;me de l&rsquo;exploitation fonci&egrave;re un peu confus et d&eacute;suet, comme le souligne de nombreux rapports.</p>
<p>Mais, la baisse des tarifs constituait un coup dur.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Quand on ouvre son march&eacute; sans construire de nouvelle capacit&eacute; de production, on ne fait que d&eacute;truire sa propre production. Les produits dominicains se vendent moins cher.&nbsp;Il faut produire en quantit&eacute; pour &ecirc;tre rentable&nbsp;</em>&raquo;, rappelle M. Chalmers.</p>
<p>M. Esp&eacute;ca du Minist&egrave;re ha&iuml;tien du commerce se voit oblig&eacute; d&rsquo;abonder dans le m&ecirc;me sens&nbsp;:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il n&rsquo;appliquait pas un syst&egrave;me favorisant la production nationale. Alors, ce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas compris c&rsquo;est que c&rsquo;est la production nationale &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du pays qui peut cr&eacute;er de la richesse. On ne peut pas ouvrir ses march&eacute;s laissant rentrer tous les produits pensant qu&rsquo;on va cr&eacute;er des richesses</em>&hellip;&nbsp;<em>Je crois qu&rsquo;une grave erreur a &eacute;t&eacute; commise.</em> <em>&nbsp;</em>&raquo;</p>
<p>L&rsquo;imposition des politiques n&eacute;olib&eacute;rales a eu d&rsquo;autres impacts sur l&rsquo;&eacute;conomie.</p>
<p>D&egrave;s son retour en 1994, le gouvernement Aristide se voyait oblig&eacute; de vendre les entreprises de l&rsquo;&Eacute;tat, dont Le Ciment d&rsquo;Ha&iuml;ti. C&rsquo;est une &eacute;vidence que l&rsquo;usine n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; rentable durant les turbulentes ann&eacute;es qui ont suivi la fin de la dictature de Duvalier (1987-1991), du fait que le r&eacute;gime pr&eacute;c&eacute;dant l&rsquo;utilisait comme une vache &agrave; lait et n'a jamais investi dans son entretien et sa modernisation.</p>
<p>Toutefois, le gouvernement Aristide &nbsp;avait un plan visant &agrave; le rendre rentable. Tous les mat&eacute;riaux en brut servant &agrave; la production du ciment existent en Ha&iuml;ti, qui est pour la plupart un pays fait de calcaire. Cependant, le Plan de Paris faisait l&rsquo;obligation &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat ha&iuml;tien de les vendre. Les nouveaux propri&eacute;taires n&rsquo;ont jamais investi dans l&rsquo;usine et ont de pr&eacute;f&eacute;rence opt&eacute; pour l&rsquo;utilisation du wharf&nbsp; et des b&acirc;timents pour importer et mettre en sac le ciment &eacute;tranger.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Je me rappelle, quand j&rsquo;&eacute;tais de retour en Ha&iuml;ti en 1976, nous savons produire tout et tout&nbsp;: Le tuyau, le ciment, etc</em>.&nbsp;&raquo;, se souvient Emile &laquo;&nbsp;Aby&nbsp;&raquo; Brun, vice-pr&eacute;sident de la division architecture et urbanisme au sein de Tecina S. A., une firme de construction et d&rsquo;architecture ha&iuml;tienne vielle de pr&egrave;s de 30 ans.&nbsp;</p>
<p>M. Brun regrette qu&rsquo;Ha&iuml;ti ne produise plus le ciment.</p>
<p>Ciment d&rsquo;Ha&iuml;ti &laquo;<em>&nbsp;vient grossir la liste de laquelle fait partie la T&eacute;l&eacute;co [compagnie de t&eacute;l&eacute;phonie de l&rsquo;&Eacute;tat], comme cela s&rsquo;&eacute;tait produit pour la farine. Cette m&ecirc;me situation s&rsquo;est pr&eacute;sent&eacute;e pour tout, aux &oelig;ufs, aux poules, aux bananes et aux figues&nbsp;&raquo;</em>, estime M. Brun.</p>
<p><span class="full-image-block ssNonEditable">&nbsp;</span></p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.ayitikaleje.org/storage/post-images/D24_ciment1.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1356092065390" alt="" width="639" height="448" /></p>
<p style="padding-left: 60px;"><strong>Un travailleur d&eacute;charge du ciment dominicain devant une quincaillerie &agrave; P&eacute;tion-Ville, Ha&iuml;ti. Le Ciment Kolos est fabriqu&eacute; en R&eacute;publique dominicaine et import&eacute; par <br />le Groupe Gilbert Bigio, une soci&eacute;t&eacute; ha&iuml;tienne. </strong>Photo: Jude Stanley Roy/AKJ</p>
<p>M. Brun a par ailleurs critiqu&eacute; durement les &laquo;&nbsp;<em>capitalistes</em>&nbsp;&raquo; ha&iuml;tiens.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Le capitaliste ha&iuml;tien comprend qu&rsquo;avec l&rsquo;instabilit&eacute; se r&eacute;p&eacute;tant dans le pays et une succession de gouvernements corrompus. Les gens qu&rsquo;on appelle &lsquo;&rsquo;industriels&rsquo;&rsquo; ne sont pas de vrais industriels. Il n&rsquo;est pas l&agrave; pour prendre des risques, pour s&rsquo;attendre 10 ans, 15 ans pour faire des b&eacute;n&eacute;fices. Trois-quarts d&rsquo;entre eux sont des commer&ccedil;ants, des d&eacute;taillants &raquo;.</em></p>
<p>Ayiti Kale Je ne pouvait pas trouver des donn&eacute;es sur la quantit&eacute; de ciment dominicain export&eacute; vers Ha&iuml;ti, mais elle a pu d&eacute;couvrir des informations au sujet de l&rsquo;industrie de ciment de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la fronti&egrave;re. Il existe 6 compagnies principales avec 15 000 emplois, et le ciment repr&eacute;sente &agrave; peu pr&egrave;s 21% de l&rsquo;exportation dominicaine, selon <a href="http://www.adocem.org/" target="_blank">Asociaci&oacute;n Dominicana de Productores de Cemento Portland</a>. En aout 2012, l&rsquo;association a annonc&eacute; que &laquo;&nbsp;<em>les exportations de ciment vers d&rsquo;autres march&eacute;s ont augment&eacute; de 34.2 % en comparaison de la m&ecirc;me p&eacute;riode de l&rsquo;an pass&eacute;.&nbsp;</em>&raquo;</p>
<p><strong style="font-size: 110%;">Quelle &laquo;&nbsp;destination&nbsp;&raquo; pour la production ha&iuml;tienne ?</strong></p>
<p>Les constats effectu&eacute;s des deux c&ocirc;t&eacute;s de la fronti&egrave;re sont les m&ecirc;mes. La production ha&iuml;tienne est incapable de satisfaire la demande interne du march&eacute; et les producteurs dominicains capitalisent sur cette faiblesse de plus en plus, ce surtout apr&egrave;s le s&eacute;isme de janvier 2010.</p>
<p>Plusieurs acteurs appellent au gouvernement ha&iuml;tien &agrave; favoriser la production nationale.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il y a une situation o&ugrave; l&rsquo;&Eacute;tat ha&iuml;tien ne d&eacute;fend pas les acteurs &eacute;conomiques ha&iuml;tiens.&raquo;, </em>reconnait M. Chalmers, &eacute;conomiste et professeur &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; d&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Ha&iuml;ti.</p>
<p>De l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;Ile, la Pr&eacute;sidente de la Chambre de commerce et de production de Santo Domingo, est presque du m&ecirc;me avis.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Moi, je voudrais voir des produits ha&iuml;tiens ici, mais c&rsquo;est au gouvernement ha&iuml;tien de s&rsquo;assurer que &ccedil;a soit fait en Ha&iuml;ti pour l&rsquo;exportation&nbsp;&raquo;, </em>dit Mme. Gasso. &laquo;&nbsp;<em>Il doit avoir un plan. Quand un bateau sort du port sans destination, il n&rsquo;arrive nulle part&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>Entour&eacute;e de montagnes de l&eacute;gumes dominicaines, assise &agrave; cot&eacute; de ses coll&egrave;gues vendant des pates et des &oelig;ufs dominicains, la marchande de l&eacute;gumes est d&rsquo;accord avec Mme. Gasso, de la chambre de commerce de Santo Domingo. Elle souhaite voir un changement, mais elle reste pessimiste.&nbsp;</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Il doit avoir un changement. D&rsquo;ou sortirait ce changement? Je ne&nbsp; vois pas. On est des beaux parleurs&nbsp;&raquo;, </em>dit-elle sur un ton d&eacute;&ccedil;u. &laquo;&nbsp;<em> Il faut une prise de conscience pour &ocirc;ter le pays de cette situation accablante&nbsp;</em>&raquo;.</p>
<p>&nbsp;Milo Milfort/<strong>Ayiti Kale Je</strong></p>
<p><strong><br /></strong></p>
<p style="padding-left: 30px;">Ce reportage est r&eacute;alis&eacute; dans le cadre du projet <span style="color: black;" lang="FR">&laquo; <em>Nouveaux regards sur la r&eacute;alit&eacute; dominico-ha&iuml;tienne : Journalisme en Plus et en Mieux</em> &raquo;, </span>financ&eacute; par l&rsquo;Union Europ&eacute;enne et&nbsp;coordonn&eacute; par la <a href="http://catunescopucmm.org/quienes-somos" target="_blank">Chaire UNESCO en Communication, D&eacute;mocratie et gouvernance &agrave; la Pontificia Universidad Cat&oacute;lica Madre y Maestra</a> &agrave; Saint-Domingue, R&eacute;publique Dominicaine.&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: 110%;"><em><span style="font-size: 90%;">A</span><span style="font-size: 90%;">yiti Kale Je est un partenariat &eacute;tabli entre </span></em><span style="font-size: 90%;"><a href="http://www.alterpresse.org/"><strong><em>AlterPresse</em></strong></a><em>, la </em><a href="http://www.saks-haiti.org/"><strong><em>Soci&eacute;t&eacute; pour l&rsquo;Animation de la Communication Sociale (SAKS)</em></strong></a><em>, le R&eacute;seau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Ha&iuml;tiennes (REFRAKA), les radios communautaires et des &eacute;tudiants de la Facult&eacute; des Sciences Humaines/Universit&eacute; d'Etat d&rsquo;Ha&iuml;ti.</em></span></span></p><p><br/></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/rss-comments-entry-32139809.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Le « succès » de la Banque mondial sape la démocratie</title><dc:creator>Haiti Grassroots Watch - Ayiti Kale Je</dc:creator><pubDate>Thu, 20 Dec 2012 11:40:38 +0000</pubDate><link>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/2012/12/20/le-succes-de-la-banque-mondial-sape-la-democratie.html</link><guid isPermaLink="false">684286:8086091:32110250</guid><description><![CDATA[<p><strong>Port-au-Prince, Ha&iuml;ti, 20 d&eacute;cembre 2012</strong> &ndash; Un projet de d&eacute;veloppement communautaire de 61&nbsp;million $ US de la Banque Mondiale, mis en &oelig;uvre dans la moiti&eacute; d&rsquo;Ha&iuml;ti sur une p&eacute;riode de huit ans, a produit des r&eacute;sultats concrets&nbsp;: r&eacute;fection de routes, construction d&rsquo;&eacute;coles et distribution de b&eacute;tail.</p>
<p>Cependant, il semble aussi avoir min&eacute; un &Eacute;tat d&eacute;j&agrave; an&eacute;mique, fragilis&eacute; le &laquo;&nbsp;<em>tissu social&nbsp;</em>&raquo;, r&eacute;alis&eacute; ce qu'on pourrait appeler la &laquo; <em>r&eacute;ing&eacute;nierie sociale et politique</em>&raquo;, et soulev&eacute; de nombreuses questions de gaspillage et de corruption. De plus, comme il a favoris&eacute; la cr&eacute;ation de nouvelles ONG (organisations non gouvernementales), il contribue &agrave; renforcer la r&eacute;putation de &laquo;&nbsp;<em>r&eacute;publique d&rsquo;ONG&nbsp;</em>&raquo; en Ha&iuml;ti.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="font-size: 120%;">Lire <a href="http://www.ayitikaleje.org/23_1_fr">la s&eacute;rie en trois parties</a></span></p>
<p><span style="font-size: 120%;"> </span></p>
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<p>&nbsp;<em>Ayiti Kale Je est un partenariat &eacute;tabli entre </em><a href="http://www.alterpresse.org/"><strong><em><span style="color: #457da8;">AlterPresse</span></em></strong></a><em>, la </em><a href="http://www.saks-haiti.org/"><strong><em><span style="color: #457da8;">Soci&eacute;t&eacute; pour l&rsquo;Animation de la Communication Sociale (SAKS)</span></em></strong></a><em>, le R&eacute;seau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Ha&iuml;tiennes (REFRAKA), les radios communautaires et des &eacute;tudiants de la Facult&eacute; des Sciences Humaines/Universit&eacute; d'Etat d&rsquo;Ha&iuml;ti.</em></p>]]></description><wfw:commentRss>http://www.ayitikaleje.org/ayiti-kale-je-kreyl/rss-comments-entry-32110250.xml</wfw:commentRss></item></channel></rss>